A l’occasion du nouvel an, Emmanuel Macron a présenté ses vœux à la télévision. Un exercice classique pour les présidents de la république. Cependant, un passage de son discours a fait un peu de bruit: « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour votre pays. »
Si le patriotisme est une tare dont souffre notre société depuis des siècles, ce n’est pas tous les jours qu’un président français reprend mot pour mot une citation de John Fitzgerald Kennedy dans un de ses discours. Comment être surpris par un tel coup de com’ de la part de notre jeune président? Déjà le mercredi 20 décembre 2017, Cyril Hanouna, le présentateur de l’émission anti-culturelle Touche pas à mon poste, envoie une quarantaine de sosies de Marilyn Monroe à l’Élysée pour lui souhaiter un bon anniversaire suite à un échange téléphonique surréaliste entre les deux individus retranscrit en direct à la télévision. La référence au « Happy Birthday, Mister President » de Marilyn à JFK le 19 mai 1962 est évident.
Mais Emmanuel ne veut pas passer pour un président volage: « J’ai ma Marilyn à moi donc c’est avec elle que je vais fêter mon anniversaire, c’est Brigitte ». Mais sa Brigitte, il en ferait plutôt sa Jacqueline Kennedy que sa Marilyn Monroe. Il aura d’ailleurs proposé d’officialiser le statut de première dame. Or le statut de première dame n’est institutionnalisé que dans un seul pays: les États-Unis…
Dans Civilisation, Régis Debray nous fait aussi remarquer qu’alors qu’il est candidat à l’élection présidentielle en 2017, Macron « écoute La Marseillaise non les bras le long du corps, mais dans la posture exigée des citoyens américains lors de l’exécution de l’hymne national: bras droit replié, main sur le cœur. »


Ces influences sont-elles le fruit de l’attention que portait la French-American Fondation (créée par Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford en 1976) au futur président? Ce dernier fut effectivement membre de la promotion 2012 des Young Leaders. Ces « jeunes meneurs », âgés entre 30 et 40 ans, sont repérés pour leur potentiel à jouer un rôle important dans l’avenir du pays et des relations franco-américaines sur le plan politique, scientifique, médiatique ou financier. Depuis 1981 ce sont plus de 400 autres personnes qui ont bénéficié de ce programme. La promotion 2012 compte également dans ses rangs Cédric Villani, député LREM, et Édouard Philippe, premier ministre du gouvernement Macron.
L’avenir du pays dans lequel nous vivons est-il entre les mains d’un nostalgique des USA des années 60?