Octobre 14, 2021
Par Basse Chaine
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Nous sommes nombreux·ses à être tiraillé·es entre s’enraciner dans des territoires pour lutter et vagabonder ici et là où les choses bougent ! Mais pourquoi choisir entre les deux ? Et si on imaginait des modes d’organisation nomades adaptés à nos modes de vie à l’image des caravanes militantes ? Retrouvons nous pour en discuter.

L’organisation de nos luttes est majoritairement pensée par et pour des personnes sédentaires. Dans nos collectifs, des personnes sédentaires ou qui se sédentarisent temporairement, acquièrent de part leur présence sur le long terme une vision plus globale et transverse de leurs luttes. Ces personnes s’investissent beaucoup en énergie et en temps dans des fonctions transverses comme la com’, l’antirep, la logistique, les liens locaux … pour assurer la continuité des luttes et ont parfois une charge mentale importante. Elles se retrouvent à concentrer beaucoup d’informations et de taches qu’elles ont du mal à transmettre – déléguer. Ces personnes finissent parfois en burn-out voir par quitter les luttes.

Dans ces collectifs, il n’est pas toujours évident pour des nomades de trouver leur place dans des luttes notamment sur les questions d’organisation. L’implication des nomades se fait davantage de manière informelle / interpersonnelle soit ponctuellement à travers des coups de main sur des chantiers ou événements, soit de manière plus pérenne à distance ou en s’installant ponctuellement sur un lieu collectif comme une ZAD !

Dans le même temps, la vie et l’organisation collective demandent beaucoup d’énergie et de temps pour se remodeler / s’adapter en fonction des arrivées et des départs de militant·es nomades ou de passage. Même si cela est inévitable, c’est autant de temps et d’énergie prises sur nos luttes.

Des modes d’organisation pas toujours adaptés au nomadisme

Beaucoup de militant·es ont un mode de vie nomade et ne se retrouvent pas dans des modes d’organisation sédentaires jugés comme trop rigides / contraignants et ont du mal à trouver une place pour s’y impliquer. Quand on ne sait pas où l’on sera dans quelques jours / semaines, difficile de s’engager dans une organisation !

On constate souvent sur les ZAD une certaine frilosité vis à vis des structures d’organisation (refus d’organisation formelle qu’on pourrait relier à l’anarchisme individuel, même si peu de gens se revendiquent de ce courant de pensée) et cette absence de structures, en plus d’épuiser quelques personnes, engendre des prises de pouvoir (voir la tyrannie de l’absence de structures ) et des tensions.

En tant que nomades, si nous nous ne retrouvons pas dans les modes d’organisation actuels pensés par et pour des personnes sédentaires, pourquoi ne pas réfléchir à des manières nomades / hypermobiles d’organiser nos luttes ?

S’organiser de manière nomade, pourquoi ?

Ça correspond à nos modes de vie nomades et permet de combiner nos envies de vagavondage et nos activités militantes.

Avoir un collectif nomade permet d’assurer une certaine pérennité à nos modes d’organisation, d’avoir une certaine « stabilité » à travers un groupe affinitaire et nous permet d’avoir plus d’énergie(s) et de temps pour lutter et donc de moins s’essoufler !

En étant hyper mobile, on est davantage imprévisibles dans nos modes d’actions et nos lieux d’actions, on peut etre partout, là où on ne nous attend pas.

La répression a plus de mal à nous atteindre, du moins la pression policière généralement liée à la préfecture d’un département a plus de difficultés à réprimer des groupes nomades.

Une caravane militante qu’est ce que ça peut etre ?

Comme toujours il n’y a pas de modèle idéal, ceci n’est qu’un possible parmi d’autres inspiré librement de la caravane intergalactique (si vous y avez participé, n’hésitez pas à nous faire signe, vos retours nous intéressent !)

Une caravane c’est un collectif ouvert qui se déplace au gré des envies collectives et des contacts avec des collectifs locaux.

C’est avant tout des nomades qui ont l’habitude de vivre ensemble, partagent des modes d’organisation proches et des pratiques plus ou moins similaires (vive la diversité des tactiques si elle est discutée collectivement par les personnes ayant des pratiques différentes !)

Une caravane dispose de sa propre logistique autonome permettant de s’installer n’importe où très rapidement avec différentes structures mobiles aux multiples fonctions : cuisine (avec quelques stocks et une organisation de recup / troc de temps avec des paysans), toilettes sèches, bibliothèque, espaces collectifs, sleeping … et surtout un sens de la débrouille développé !

Une caravane peut également posséder un ou des pieds à terre où se poser, se retrouver, se réunir avec d’autres nomades, réparer / construire des structures mobiles.

Une caravane c’est comme une ZAD, un espace de radicalisation mais avec le nomadisme en plus ! C’est un collectif qui organise ses propres modes d’actions autonomes ou qui vient en appui sur quelques semaines / mois de luttes locales, au grè des besoins en renforts pour mener une lutte .

Contrairement à la ZAD qui s’implante pour lutter, des caravanes n’ont pas nécessairement vocation à s’implanter pour mener une lutte, elles viennent en appui pour faire connaître une lutte, aider à la création d’une dynamique locale et autonome de lutte, apporter du soutien logistique et organisationnel….

C’est un espace ouvert qui ne se limite pas à l’entre soi militant, un laboratoire mobile pour expérimenter des organisations collectives et des pratiques de luttes / artistiques…

RDV à la confluence des luttes à Montabot le 27 octobre

Pour cela on vous propose d’en discuter entre nomades (mais pas que) lors des rencontres de la Confluence des luttes de l’Ouest (retrouvez le reste du programme par ici) à Montabot le mercredi 27 octobre (et les jours suivants ou faites signe par mail à laissebeton [at] riseup.net si vous êtes intéressé.es mais pas dispo à cette période ) et d’amorcer dès cet automne/hiver et sur le moyen/ long terme une dynamique nomade dans l’ouest et ailleurs




Source: Basse-chaine.info