Novembre 14, 2020
Par Partage Noir
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AmnistiĂ©s, HervĂ©, Almereyda, Merle, reviennent Ă  Paris. Et c’est la Guerre Sociale qui fait son apparition. Encore une fois, la place nous manque pour narrer par le menu les pĂ©ripĂ©ties du journal. Almereyda a, d’ailleurs, racontĂ© ces choses de façon fort amusante dans l’Almanach de la Guerre Sociale pour 1911.

Avec la Guerre, ce furent naturellement les poursuites et les condamnations. Notons : outre les trois ans de prison rĂ©coltĂ©s avec l’affiche rouge, Almereyda a encore recueilli 8 jours pour avoir manifestĂ© contre le roi d’Espagne ; six semaines pour avoir manifestĂ© Ă  la revue du 14 juillet 1907 ; 3 ans pour des articles sur le Maroc et les massacres du Midi ; six mois, tout derniĂšrement, au moment de la grĂšve des cheminots. Et ce n’est pas fini. Avec les « Jeunes Gardes Â», il est probable qu’Almereyda aura, de nouveau, l’occasion de revoir sa cellule de la SantĂ© ou de Clairvaux.

Tel est le militant. On sait le reste. On sait quels furent les dĂ©buts de ces « Jeunes Gardes Â», organisĂ©s pour reprendre la rue contre les braillards nationalistes, aussi bien que pour la disputer aux cosaques de LĂ©pine. On ne sait pas encore avec quelle mĂ©thode et quel souci les « Jeunes Gardes Â» sont dirigĂ©s, conduits au combat. Il ne nous appartient pas de divulguer ici ces mĂ©thodes. Mais on pourra voir, par la suite, quelle force reprĂ©sente cette jeune organisation, quand elle sera entrĂ©e en plein dans la pĂ©riode de l’action.

Qu’ajouter ? D’anarchiste et de rĂ©voltĂ©, Almereyda, plus conscient des nĂ©cessitĂ©s de l’heure, est devenu un modĂšle de rĂ©volutionnaire organisateur, presque militaire, comme son « gĂ©nĂ©ral Â», Gustave HervĂ©. GrĂące Ă  lui, Ă  son goĂ»t, Ă  son amour du mĂ©tier de journaliste, la Guerre Sociale a pu prendre un essor inouĂŻ. N’allez pas croire, pourtant, que Miguel Almereyda est une sorte d’illuminĂ©, n’ayant d’autre but que la RĂ©volution et le chambardement. C’est aussi un esprit cultivĂ©, un lettrĂ© qui ne dĂ©daigne ni les « premiĂšres Â» ni les « vernissages Â» et s’habille avec quelque recherche Ă©lĂ©gante. Ce qui prouve, une fois de plus, que pour ĂȘtre rĂ©volutionnaire on n’est pas forcĂ©ment un sauvage ou un forcenĂ©.

Les Hommes du jour, juillet 1911 – n°180



Source: Partage-noir.fr