Janvier 7, 2022
Par ACRIMED
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Par exemple :

– Site de Michel Onfray, 1er oct. 2018 – AprĂšs France Culture, c’est donc France 5 qui me prive de micro. Cela confirme la censure dont je fais l’objet de la part du service public audiovisuel.

– i24news, 29 nov. 2020 – Je suis sur une liste noire Ă  France Inter. Je suis interdit de France Inter.

– Sputnik, 10 fĂ©v. 2021 – Je ne suis plus du tout invitĂ© sur le service public.

– Europe 1, 30 sept. 2021 – Il y a un climat de terreur intellectuelle, c’est Ă©vident. Moi je ne suis pas invitĂ© sur le service public par exemple, depuis des annĂ©es. France Inter ne m’invite plus.

Promenade en Censurie, uniquement depuis le 1er septembre 2018 dans l’audiovisuel public :

France 2
– « ThĂ© ou cafĂ© Â», 22 sept. 2018
– « C’est au programme Â», 5 fĂ©v. 2019
– « Vivement dimanche prochain Â», 21 avr. 2019
– « On est en direct Â», 6 mars 2021

France 3
– « La France en vrai Â» (9 dĂ©c. 2019) diffuse un documentaire intitulĂ© « Michel Onfray, sur les chemins de mon enfance Â», co-produit par le philosophe et
 France 3 Normandie !

France 5
– « C Ă  vous Â», 10 sept. 2018 ; 23 janv. 2019 ; 15 janv. 2020
– « La grande librairie Â», 9 janv. 2019 ; 8 sept. 2021

Public SĂ©nat
– « Allons plus loin Â», 3 fĂ©v. 2020

TV5 Monde
– « L’invitĂ© Â», 20 dĂ©c. 2018 ; 17 oct. 2019 ; 26 juin 2020

Franceinfo
– « L’invitĂ© du 23h Â», 24 aoĂ»t 2021

France Inter
– « Le club estival Â», 17 aoĂ»t 2019
– « Le grand face Ă  face Â», 15 fĂ©v. 2020
– « On va dĂ©guster Â», 26 avr. 2020

France Musique
– « Sous la couverture Â», 30 nov. 2019

RFI
– « IdĂ©es Â», 3 fĂ©v. 2019

France Bleu
– « Paris Express Â» interview en cinq Ă©pisodes, diffusĂ©s quotidiennement du 22 au 26 oct. 2018
– « Dans le rĂ©tro Â», 27 oct. 2018





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CensurĂ© « depuis des annĂ©es Â» donc, notre petit entrepreneur en oublierait presque que le service public (France 2) lui avait Ă©galement offert une participation Ă  la nouvelle version de « L’émission politique Â» animĂ©e par LĂ©a SalamĂ©, Ă  compter du 28 septembre 2017. Un duo hĂ©las tuĂ© dans l’Ɠuf, sacrifiĂ© pour une banale histoire de rĂ©munĂ©ration – le philosophe impĂ©cunieux rĂ©clamait 2 000 euros par Ă©mission (TĂ©lĂ©obs, 13 sept. 2017) – et une occasion manquĂ©e, rejouant le triste loupĂ© de 2011 : « Dans le cƓur de Laurent Ruquier, le philosophe Michel Onfray Ă©tait le favori pour remplacer Éric Naulleau [dans l’émission “On n’est pas couchĂ©” sur France 2, NDLR]. “C’était ma tĂȘte de liste. Malheureusement, il a un problĂšme d’emploi du temps et ne peut se rendre disponible”. Â» (Le Point, 6 juin 2011). Malheur de l’agenda.

Mais le « ouin-ouinisme Â» d’Onfray ne se borne pas au seul service public. « Il ne reste plus que quelques Ăźlots de rĂ©sistance Ă  vouloir m’accueillir pour porter ma voix dissidente Â» dĂ©clarait-il Ă  L’Express en janvier 2017, avant d’ajouter : « Il me reste peu d’endroits, mais on y pratique l’hospitalitĂ©, qui est l’autre nom de la tolĂ©rance. Â»

Voyons plutĂŽt la maigreur de la presse qui lui accorde rĂ©guliĂšrement l’asile (et parfois la Une) : Le Figaro, Le Figaro Magazine, Le Point, L’Express, Valeurs actuelles, Marianne, La revue des deux mondes, la PQR, Causeur, sans parler de sa propre revue Font populaire et de son site. Et les quelques bribes d’audiovisuel qui lui offrent encore l’hospitalitĂ© : BFM-TV, RMC, Europe 1, CNews, LCI, RT France, Sputnik, i24news, Paris PremiĂšre, Europe 1, Radio Classique, Sud Radio
 Autant d’avant-gardes, isolĂ©es parmi les mĂ©dias français, qui donnent Ă  mĂ©diter cet adage d’Onfray Michel : « Les intellectuels les plus exposĂ©s mĂ©diatiquement sont les plus complices du systĂšme libĂ©ral. Â» (Le Parisien, 6 avr. 2006 [1]).

Si l’imposture de Michel Onfray est de longue date dĂ©voilĂ©e et nombre de ses travaux de faussaire, dĂ©montĂ©s [2], le capital mĂ©diatique de l’entrepreneur ne faiblit (presque) pas au fil du temps. Et dans son cas, comme dans celui d’autres « rĂ©prouvĂ©s Â» tels Zemmour ou Finkielkraut, l’excommunication mĂ©diatique ne se fait jamais prophĂ©tie autorĂ©alisatrice !

La patte du philosophe est pourtant caractĂ©risĂ©e : « Je prĂ©fĂšre effectivement Ă©viter un certain nombre d’émissions oĂč on perd son Ăąme. Ruquier, Ardisson, d’autres endroits oĂč on est coincĂ© entre un chauffeur routier transsexuel (sic) et un gardien de but qui n’a pas Ă©crit ses livres, [
] un comĂ©dien qui n’a pas Ă©crit ses livres non plus. Â» (BFM-TV, 21 mars 2016). Un discours qu’il tenait quasiment mot pour mot Ă  L’Express dix ans plus tĂŽt (1er nov. 2007).

Constance ou bouffonnerie ? Jugeons plutĂŽt : entre dĂ©cembre 2009 et janvier 2019, on dĂ©nombre douze passages dans les Ă©missions que Thierry Ardisson animait sur Canal + et C8 (« Les terriens du samedi Â», « Les terriens du dimanche Â», « Salut les terriens Â») [3]. Quant aux plateaux de Laurent Ruquier sur France 2 (« On n’est pas couchĂ© Â» et « On est en direct Â»), on y aura croisĂ© Michel Onfray onze fois entre mai 2010 et mars 2021 [4].

C’est encore avec d’inspirantes mĂ©taphores qu’il critiquait les Ă©missions de divan dans Le Monde diplomatique en octobre 2004 : « Si ce lieu [la tĂ©lĂ©vision], n’est pas l’amphithĂ©Ăątre du docte, il ne doit pas non plus en ĂȘtre le caniveau : mettre la philosophie dans la rue ne contraint pas Ă  lui laisser faire le trottoir. À chacun de savoir, selon l’invitation qui lui est faite, s’il veut apparaĂźtre Ă  “Tout le monde en parle” ou Ă  “Vivement dimanche” – oĂč se prĂ©cipitent en revanche ceux qui vivent dans le monde libĂ©ral comme un poisson dans l’eau. Â» Dix ans plus tard, le poisson Onfray est dans son Ă©lĂ©ment, et frĂ©tille dans les Ă©missions de Drucker [5]
 Un juste retour d’ascenseur de la part de celui qui intervenait quelques mois auparavant dans son UniversitĂ© populaire pour discourir « sur le temps, sur la cruautĂ© de la tĂ©lĂ©vision, sur l’éphĂ©mĂ©ritĂ© de ses vedettes. Â» [6] À la bonne heure !

Reste qu’aujourd’hui, ce faussaire rĂ©actionnaire occupe une surface mĂ©diatique d’ampleur, et, sans vent ni marĂ©e, dĂ©blatĂšre Ă  l’infini : « Dans l’air de la post-vĂ©ritĂ© dans laquelle nous nous trouvons, tout peut ĂȘtre dit et le contraire de tout. Â» (CNews, « La matinale Â», 11 nov. 2020). C’est en effet spectaculaire.

Ainsi, se poser en victime d’un systĂšme mĂ©diatique dont on est un rouage depuis prĂšs de trois dĂ©cennies, et auquel on doit une trĂšs large part de sa notoriĂ©tĂ© et de ses succĂšs en librairie [7], peut se rĂ©vĂ©ler fort profitable
 pour certains. Et il n’y a jamais de petits profits : Ă  l’instar de nos plus grands philosophes Ă  leurs heures (mĂ©diatiques) perdues, Michel Onfray se fait confĂ©rencier, mettant Ă  disposition ses services via des catalogues de communicants en ligne. Pontifier sur « la mĂ©decine et le transhumanisme Â» lors de la ConfĂ©rence nationale des unions rĂ©gionales des professionnels de santĂ© – mĂ©decins libĂ©raux ? Fait. PĂ©rorer sur la « fin du corps classique Â» en clĂŽture du 33Ăšme CongrĂšs national des cardiologues français (23 oct. 2021) ? Fait. Philosopher sur « l’ontologie de l’entrepreneur [et] l’éthique du risque Â» devant un parterre de chefs d’entreprise Ă  l’invitation d’un Club des ETI (Entreprises de Taille IntermĂ©diaire) de Nouvelle-Aquitaine (18 sept. 2019) ? Fait.





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Dans l’ouvrage Les imposteurs de la philo paru aux Ă©ditions Le Passeur en 2019, Michel Onfray assĂšne dans la prĂ©face qu’il rĂ©dige avec gourmandise :

Faute de fond, il ne reste Ă  ces nouveaux sophistes que la forme. D’oĂč l’abondance chez eux des effets rhĂ©toriques, des jongleries faussement dialectiques, des sophisteries Ă©noncĂ©es avec le ton du magicien, de paradoxes souvent compagnons de route de paralogismes ou de purs effets de langage, comme s’il s’agissait de briller dans un perpĂ©tuel concours de rhĂ©torique – ou dans un dĂźner mondain dont il faudrait ĂȘtre le centre en Ă©tant nulle part, donc partout. Le tout en citant ponctuellement Epicure ou Platon, Hegel ou Spinoza, Camus ou Sartre comme on saupoudre de ciboulette un plate trĂšs allĂ©gĂ©.

On n’est jamais mieux portraiturĂ© que par soi-mĂȘme !

Denis Perais et Pauline Perrenot




Source: Acrimed.org