DĂ©cembre 27, 2021
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
378 visites


Michel Desmars est dĂ©cĂ©dĂ© le 21 dĂ©cembre, Ă  79 ans. Figure rouge et noir du mois de mai 1968 Ă  Tours, cheminot et syndicaliste rĂ©volutionnaire, internationaliste, il fut tout cela Ă  la fois.

En 1968, le mouvement de Mai saisit Michel Desmars, cheminot affiliĂ© Ă  FO, mais surtout Ă  l’Union des anarcho-syndicalistes. EntrĂ© Ă  la SNCF en 1961, il est agent de conduite, attachĂ© au dĂ©pĂŽt de Saint-Pierre-des-Corps (37), et participe activement Ă  la grĂšve avec occupation, ainsi qu’il a racontĂ© pour la revue de l’Union syndicale Solidaires Ă  l’occasion du cinquantenaire de mai [1]. Les assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales rythment le mouvement, outils de libĂ©ration de la parole et d’auto-organisation. En parallĂšle de cet engagement dans la grĂšve, il anime, au cĂŽtĂ© de Georges Fontenis, le ComitĂ© d’action rĂ©volutionnaire (CAR) de Tours.

Exclu de FO en 1969, Michel Desmars traverse une phase antisyndicaliste, et trĂšs marquĂ© par l’esprit de Mai, il cherche Ă  promouvoir l’expression d’une forme d’autonomie ouvriĂšre, que ce soit en participant aux Cahiers de Mai ou au bulletin Action-Cheminots. En 1969, il est, avec Georges Fontenis, un des cofondateurs du Mouvement communiste libertaire (MCL), et sera directeur de publication de son journal, Guerre de classes.

Animateur de la gauche CFDT

Alors que le MCL – devenu OCL dite « premiĂšre maniĂšre Â» en 1971 – dĂ©cline, Michel Desmars rejoint la CFDT en 1974 et y prend trĂšs vite des responsabilitĂ©s. Il sera un des animateurs de la gauche syndicale de cette centrale vingt annĂ©es durant. RĂ©volutionnaire et autogestionnaire, il est de toutes les aventures de regroupement de cette gauche syndicale, au travers notamment des revues RĂ©sister, Collectif et jusqu’aux Cahiers syndicaux [2]. En 1986, il est parmi ceux qui lancent la grĂšve reconductible Ă  la SNCF et mettent l’outil syndical Ă  disposition des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales cheminotes et de la coordination des agents de conduite, non sans Ă©changes houleux avec la direction de la CFDT, qui condamne l’auto-organisation [3].

Sans surprise, et alors qu’il a pris sa retraite en 1992, il participe Ă  la crĂ©ation de SUD-Rail en 1996 puis au dĂ©veloppement de l’Union syndicale Solidaires, notamment au travers de son activitĂ© internationaliste comme dans l’Union dĂ©partementale de Haute-Garonne.

Militant de l’UTCL

AprĂšs l’expĂ©rience du MCL-OCL, Michel Desmars avait rejoint l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) en 1980 et participĂ© Ă  sa branche Transports. Il fut parmi les signataires de l’Appel pour une Alternative libertaire qui allait dĂ©boucher sur la crĂ©ation de l’organisation du mĂȘme nom en 1991. Mais il n’allait pas poursuivre dans cette voie et cessa d’adhĂ©rer Ă  une organisation communiste libertaire.

En 2001, il participa Ă  l’expĂ©rience de la liste MotivĂ©-e-s Ă  Toulouse, oĂč il figurait en 3e position, et fut Ă©lu au conseil municipal. En 2007, quand les militantes et militants syndicalistes et libertaires critiquaient la « fausse bonne idĂ©e de la candidature BovĂ© Â» Ă  la prĂ©sidentielle, il participait au contraire Ă  l’équipe de campagne de l’ex-syndicaliste paysan.

Maire du Verdier, son petit village du Tarn, Ă  la fin de sa vie, Michel Desmars n’en Ă©tait pas moins restĂ© un homme du camp de l’émancipation, l’un des nĂŽtres.

Théo Roumier




Source: Unioncommunistelibertaire.org