Avril 11, 2022
Par Lundi matin
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L’appel à la constitution de cette caravane a été lancé suite à des rencontres contre les méga-projets rassemblant diverses organisations indigènes qui se sont déroulées en janvier dernier.

Le programme est ambitieux. : parcourir 9 états [1] pendant 34 jours.

Il s’agit certainement de la plus importante mobilisation des bases de l’autonomie au Mexique depuis la pandémie, si l’on met de côté la manifestation massive et éclair du dimanche 13 mars de quelques dizaines de milliers de zapatistes au Chiapas.

L’ALTEPELMECALLI : DEGAGER DANONE ET S’ORGANISER

Le départ de la caravane pour l’eau, pour la vie et contre le pillage capitaliste s’est tenu le 22 mars, journée mondiale de l’eau sur un terrain de foot faisant face à l’usine d’embouteillage d’eau de source de l’entreprise Bonafont, filiale de Danone. L’usine longtemps occupée, symbole de l’accaparement de l’eau, est encore actuellement à l’arrêt grâce à la résistance acharnée de la population locale. Elle devait servir de base de départ à la caravane. L’expulsion survenue le 15 février dernier, n’a pas réussi à entraver les plans du groupe issu de l’occupation et à l’origine de l’appel à la caravane.

Car le lieu a bel et bien été l’incubateur de ce mouvement notamment grâce aux nombreuses énergies qu’il a attiré pendant l’année durant laquelle il a été squatté et les mois précédents la prise de l’usine.

Retour sur cette lutte qui a permis de faire stopper la production puis de transformer l’usine en « maison des peuples » ou Altepelmecalli en langue Nahuatl.

Depuis des années la colère grandissait dans cette région située à l’est de Puebla, la 4e plus grande ville du pays, avec une aire urbaine de près de 2 millions d’habitants. Les pentes du volcan Popocatépetl desquelles coulent et abondent une eau pure attirent au début des années 90 les convoitises d’entrepreneurs locaux.

L’installation de l’usine se fait en 1992. A l’époque, la concession est offerte à une petite entreprise « Arcoiris » après une série de manœuvres du gouverneur local qui sont un bel exemple des pratiques politico-mafieuses bien rodées. Il lui a tout d’abord fallu évincer un maire qui refusait d’accorder le permis pour creuser le puits. Puisque ce dernier ne cédait pas aux menaces sur sa personne, c’est via une pratique d’achat de votes qu’il réussit à s’en défaire. La consultation publique qui suivit présenta le projet comme un centre de loisirs aquatique qui profiterait à la population locale. Finalement l’autorisation a été accordée pour un usage agricole du forage, afin de contourner des réglementations plus contraignantes.

En 1994, Danone rachète les installations via sa filiale mexicaine, Bonafont, omniprésente sur le marché des « garrafons », ces bidons de 20L qui sont la seule façon de s’approvisionner en eau potable dans l’ensemble des villes du pays.

Dès les premières années de mise en service de l’usine, les communautés voisines, constatent la baisse du niveau de leur puits. Bientôt ils s’assèchent complètement malgré les tentatives répétées de les creuser plus profonds. Les habitants se trouvent contraints à faire appel à des camions citernes afin de remplir les réservoirs de leur maison.

Au fur et à mesure que les années passent, la zone des communautés affectées s’étend. Des manifestations ont lieu en 2008 et en 2010 et les alliances commencent à s’établir. En 2019, un petit groupe de militants commence à recenser le nombre de semi-remorques qui sortent de l’usine et prennent des photos pour les publier sur les réseaux sociaux. Isaac commente « A ce moment là, on commence à sentir que les conditions sont réunies, l’indignation est de plus en plus grande. Alors on appelle à une réunion dans la maison d’un ami, on imagine être une quinzaine ou une vingtaine. Et là ce sont 150 personnes qui déboulent. Ce soir là, on décide d’un calendrier de réunions dans différents villages alentours pour mettre en place un plan d’action concerté avec les communautés ».

Un processus de structuration du mouvement se met en place. Les choses avancent vite dans une région où les traditions assembléistes indigènes sont encore vives et qui peut s’adosser à un passé de luttes et d’organisation politique.

Dès 1963, une union des villages s’était mise en place pour défendre les petits producteurs de lait contre la promulgation d’une loi au bénéfice des grandes entreprises cherchant à mettre la main sur le circuit d’approvisionnement. Une alliance avec le mouvement étudiant permit d’obtenir la démission du gouverneur de l’époque. En 1998, c’est la lutte contre le gazoduc qui rassemble les villages, en 2007, celle contre la privatisation de l’eau, dans les années 2010, l’opposition à une ligne haute tension ou celle contre les rejets toxiques dans le fleuve.

Dans les 20 villages qui font partie du front « villages unis de la région Choluteca » des réunions convoquées de bouche à oreille s’organisent. Puis, une fois qu’un soutien suffisant est assuré, des assemblées publiques sont convoquées. Dans les villages s’étant déclarés « indigènes », la constitution mexicaine, à travers son article n°2, reconnaît le droit à l’autodétermination des peuples et donc reconnaît les prises de décisions issues des assemblées. C’est donc au sein de ces assemblées qu’est débattu et voté la fermeture de l’usine. Des actes administratifs sont tamponnés par les autorités indigènes pour faire valoir la décision prise. La loi du peuple doit maintenant s’appliquer.

La date du 22 mars 2021, déclarée journée mondiale de l’eau par l’ONU est retenue : « pas tant parce qu’elle fait sens pour nous, continue Isaac, mais parce qu’on sait très bien que les entrepreneurs qui pillent la ressource et les politicards qui les soutiennent, font une grande fête ce jour là, toutes les institutions mettent cette date en avant. On voulait faire un coup symbolique pour leur ruiner la fête. On imaginait mettre en place un piquet et on pensait qu’il durerait 2 ou 3 jours. Des jours précieux pour organiser la suite. »

Or les jours suivants, le piquet qui s’est installé devant le seul accès poids lourd tient le coup. Des énormes pierres sont amenées pour bloquer l’accès et gagner du temps en cas de tentative d’expulsion. Tout un côté de la route, un des principaux axes d’entrée à Puebla est bloqué. Une véritable vie prend forme sous les bâches tendues : tours de garde, cantines permanentes, ateliers, festival culturel. De l’autre côté des grilles, les vigiles surveillent 24/24h les installations. Les représentants du gouvernement et ceux de Danone sont accueillis lorsqu’ils tentent une visite et la porte du dialogue est laissée ouverte par les occupants à condition que les discussions se fassent, publiquement, en assemblée et ici même sur le piquet. Ils n’ont pas donné suite. Les semaines et les mois passent. Plus une goutte ne sort de la Bonafont. Mais le forage à l’intérieur, lui, est toujours intact.

Que faut-il en faire ? De nouvelles assemblées sont convoquées dans les villages. La réponse ne tarde pas à revenir : il faut mettre le puits hors d’état de nuire.

Un procès public est organisé devant la Bonafont, le 8 août, journée anniversaire du général Zapata. L’entreprise et le gouvernement local sont convoqués. Bien sûr, personne d’entre eux ne vient. Des représentants de chacun des 20 villages prennent la parole pour faire état des dommages causés par la surexploitation de l’eau dans la région. A la clôture du procès, 300 à 400 personnes masquées s’emparent des installations en expulsant vigiles et flics débordés, les cameras sont détruites, le site barricadé et le forage est saboté de sorte qu’il ne puisse plus jamais être remis en fonctionnement. « Et maintenant on fait quoi ? On organise des tours de garde et on se met au boulot pour construire tout ça ».

A partir de cette date, les activités à l’intérieur de l’usine prennent un rythme quotidien et se structurent autour de cinq pôles : agroécologie, communication (création d’un petit studio TV), santé, éducation (école communautaire), droits des femmes et coopératives de production. Tout cela avec en ligne de mire la construction de l’autonomie. Le lieu squatté est une véritable fourmilière. Les soutiens affluent de différents coins du pays aussi bien que du voisinage proche. Le brassage décuple les énergies. Afin d’éloigner les menaces, des alliances se tissent, l’idée de la caravane prend forme. Elle est proposée auprès du CNI, le Congrès National Indigène qui dans le sillage de l’EZLN et depuis 25 ans, offre une caisse de résonance aux luttes des peuples indigènes du Mexique [2]

La communauté otomi qui elle, occupe les bâtiments de l’Institut National des Peuples Indigènes (INPI) à Mexico répond présente, aide et construit la proposition, coude à coude, avec l’Altepelmecalli. Le programme se construit via ce tissu préexistant.

La première date sera donc le 22 mars 2022, pour célébrer la première année de la fermeture de l’usine.

A peine un mois avant cette date, le 15 février, en pleine nuit, à 1H20 du matin, 400 éléments des différentes forces de répression, (police municipale, celle de l’état de Puebla, celle fédérales, ainsi que des forces spéciales, de la garde nationale et de la police militaire) prennent d’assaut l’Altepelmecalli. Les occupants sont mis en joue par une vingtaine de policiers équipés d’armes automatiques.

Le coup est rude mais la détermination reste intacte.

La caravane est maintenue.

« Notre détermination à dénoncer le pillage n’en est pas écorchée. Elle est toujours aussi vive car notre premier objectif c’était de faire revenir l’eau et on sait qu’ils ne pourront pas remettre le puits en route vu le niveau de sabotage et de destruction de celui-ci. Et pour en faire un nouveau il leur faudra faire entrer des machines, qu’on ne laissera pas passer. »

C’est donc, quelques semaines plus tard, sur ce terrain de foot que se monte un chapiteau pour accueillir la première journée du parcours. Le premier acte de la caravane, consistera à prendre la rue, devant l’usine sous haute garde.

Première manifestation d’une longue série de marches, à quelques uns ou à plusieurs milliers, dans les rues de villages perdus dans les montagnes, ou sur l’axe principal de Mexico la ville-monstre.






La première semaine, la caravane est allée à la rencontre de différentes luttes de la région de Puebla. Les témoignages se succèdent. Dans les localités les plus proches de l’usine, l’eau est revenue, les cultures se remettent en place.


« Notre eau ne se vend pas. Sans eau, il n’y a pas de vie. Non à Bonafont »

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Quelques semaines après la fermeture, à moins de 2kms de l’usine un impressionnant trou d’eau se forme en quelques jours. Pas de doute l’eau revient ! Le « Socavon » devient une véritable attraction médiatique.. Il entre d’ailleurs rapidement dans la grande panoplie de slogans scandés pendant les longues marches. « secaron nuestros pozos – abrieron el socavon – Aqui los pueblos mandan – A la chingada Bonafont » [Ils ont asséchés nos puits – ils ont ouvert le socavon – ce sont les peuples qui commandent ici – dégage Bonafont »]


A Nealtican et dans les villages situés plus haut sur les pentes du volcan l’eau reste rare, les habitants n’ont accès au précieux liquide qu’un jour sur deux et ce depuis l’octroi de concession à des entreprises privées pour la perforation de 5 puits de pompage afin d’alimenter la grande Puebla. La caravane passe constater l’état de plusieurs rivières aujourd’hui totalement à sec.

Dans la petite bourgade de Tlautla, le passage de la caravane permet de forcer l’accès à l’immense décharge d’enfouissement de déchets. C’est là aussi là aussi l’occasion de documenter la pollution de la nappe phréatique, aucune installation ne permettant de protéger des infiltrations d’eau souillées.







Une manifestation est co-organisée à Puebla avec l’Union Populaire des Vendeurs Ambulants du 28 octobre. L’organisation est un dinosaure de la politique locale. Fidèle à un maoïsme qui peut sembler d’un autre âge, l’organisation est pourtant bien vivante, elle regroupe près de 10.000 membres et contrôle 9 marchés de la ville, interdit l’accès à la police et constitue une opposition telle pour le gouvernement et les intérêts économiques locaux essaient par tous les moyens d’affaiblir et d’isoler le mouvement. Les menaces et les tentatives de criminalisation notamment par les accusations de vente de drogue sont régulières, les médias locaux se faisant le relais du pouvoir. Il y a 5 ans, Meztli Sarabia, la fille de Simitrio, le leader charismatique, est assassinée d’une balle dans la tête, dans les bureaux même de l’organisation.

C’est ce dernier qui reçoit la caravane, la voix claire et posée d’une figure locale qui a subi tortures et détentions arbitraires. Au dessus de lui, peinte sur le mur, une maxime empruntée à Mao : « Sauf le pouvoir, tout est illusion ». Il conclut son intervention par : « nous sommes prêts, depuis des années nous formons plein de petits Simitrio et de petites Simitrio. ». Culte de la personnalité… quand tu nous tiens…

VERACRUZ : FACE A LA SOCIALE DEMOCRATIE

Un des objecifs de la caravane est clairement de tisser des alliances pour renforcer les luttes à la base et pour la construction de l’autonomie. Et comme tout jeu d’alliances, il n’est pas toujours facile de fixer les limites du socle commun.

D’ailleurs l’appel est largement adressé « aux réseaux de résistance et de rébellion ». La volonté de s’accorder sur des bases autogestionnaires n’est est pas moins clair : « Face à cette guerre imposée par le capitalisme, nous, les peuples, répondons par la résistance, l’autonomie et l’organisation. »

Ceci étant, les enjeux de luttes locales et le manque de lien solide pré-existant conduisent à des situations impromptues ou décalées comme lors de ce discours du grandchef maoïste local ou encore à Actopan, quelques jours plus tard, dans l’état de Veracruz.

Ici, les communautés résistent depuis plusieurs années aux tentatives répétées de l’entreprise minière canadienne Canadian Mining Corp. de se voir octroyer de nouvelles concessions. Deux associations locales ont enclenché un processus qui devrait permettre que le gouvernement municipal déclare la région « exempte d’exploitation minière et toxique » ce qui écarterait toute possibilité d’ouvrir de nouveaux gisements. L’ensemble du conseil municipal attend l’arrivée de la caravane puisqu’un accord est en voie d’être signé et que les associations locales souhaitent soigner l’alliance. Le tapis rouge semble se déployer lorsque la manifestation arrive sur la place centrale. Or, personne de la caravane n’a été prévenu. La première prise de parole de Berti, une des participante de la caravane venue avec sa fille pour qu’elle comprenne pourquoi elle lutte et est si souvent absente de la maison, donne le ton : « C’est une bonne nouvelle de constater que c’est une femme qui soit présidente municipale, mais alors qu’elle sache qu’elle n’est pas intouchable, qu’elle descende de son estrade et qu’elle nous touche, qu’elle soit avec le peuple parce que nous, on dit que cette eau nous appartient et qu’elle n’appartient pas aux concessions minières. On ne va pas attendre que les autorités décident pour nous. La solution vient du peuple. Il n’y aura pas d’exploitation minière »

L’hostilité se fait grandissante, une petite équipe se place devant les officiels de la mairie et rapidement les slogans anti MORENA et anti Andres Manuel Obrador (AMLO), le président en exercice, fusent et contraignent le conseil municipal à déguerpir pour se réfugier dans le palais municipal voisin !




La mairie est en effet au main du parti MORENA, le parti fourre tout qui a porté AMLO au sommet de l’état en 2018. Premier président se qualifiant de gauche et antilibéral, il mène une politique social-démocrate réformiste et progressiste : augmentation du minimum vieillesse, renationalisation de la production d’électricité, nationalisation des ressources en lithium, lutte contre l’extrême pauvreté et se dit être le vecteur de « 4e transformation » historique du Mexique (les 3 autres étant la déclaration d’indépendance, la révolution et la réforme de la Constitution).

Ceci dit, son accession au pouvoir, ne s’est pas faite sans alliance avec certaines positions conservatrices et secteurs d’investisseurs déjà gâtées par les mandats précédents. Afin de satisfaire ces intérêts et de continuer à faire tourner la machine, un grand nombre de mega-projets sont maintenus sur l’ensemble du territoire. Parmi ceux-ci on peut citer : le train maya qui va, pour sa construction, saccager les écosystèmes de la péninsule du Yucatan, détruire les sources sacrées pour finalement drainer avec lui un développement économique basé sur un tourisme de masse ravageur ; le couloir interocéanique (entre le Pacifique et l’Atlantique) visant à concurrencer le canal de Panama avec la construction d’une ligne de train ainsi que d’immenses zones franches, le projet de parc éolien dans l’isthme de Tehuantepec [3] ou encore le Projet Integral Morelos (PIM) visant à utiliser des énergies fossile et hydraulique pour la production d’électricité.

L’ensemble de ces projets emblématiques de l’accaparement, de la destruction et de la surexploitation des terres et des territoires ont été pensé sous l’aire ultra-libéral des 20 dernières années. Ils visent à intégrer le Mexique dans l’économie libérale et créer un axe Etats-Unis – Mexique – Amérique Centrale favorisant les flux et échanges économiques du sous-continent. Ils ne sont pas remis en cause par AMLO et c’est là un des principaux point de rupture avec le mouvement indigène.

Certains de ces projets, comme le PIM, ont pu être critiqués par AMLO, qui a même apporté son soutien aux communautés en lutte lorsqu’il était candidat. Aujourd’hui, ils sont à peu près tous maintenu afin de porter la « transformation sociale ».

En plus de ces grands projets structurants, une multitude de concessions sont délivrées à travers le pays pour des gazoducs, des projets miniers ou la privatisation de l’eau et des forêts.

Pour une grande partie des peuples indigènes organisés, bien souvent les premiers concernés par ces projets qui s’attaquent à leur terres ancestrales, l’opposition à cette politique extractiviste et destructrice ne fait pas de doute. En revanche différents acteurs du mouvement social peuvent succomber aux tentatives et aux tentations d’entrer dans le giron du parti au pouvoir. Et la tentation est grande. Ils doivent faire face à un choix semblable à celui qui dans les années 2000 a pu affaiblir le Mouvements des Sans Terre (MST) lorsque Lula et le Parti Travailliste est arrivé au pouvoir, par un jeu d’intégration de leaders à différents postes de gouvernement, créant de facto une tension au sein des bases plus enclines à maintenir un projet de construction de l’autonomie.

Au Mexique, c’est la première fois que les sociaux-démocrates n’appuient plus, même mollement, les demandes des peuples indigènes qui se retrouvent donc quelque part plus isolés. Mais ce qui préoccupent bien plus encore sont les risques de désertions et risques de divisions qui menacent « la gauche d’en bas ». L’une des plus emblématiques est celle de Adelfo Regino. Pilier de la construction de l’autonomie, aux côtés de l’EZLN en tant que conseiller et fondateur du CNI en 1996, il est désormais directeur du très institutionnel Institut National de Peuples Indigènes aujourd’hui occupé par la communauté otomi. Beaucoup se demandent à quel moment le dirigeant a pu trahir l’un des sept principes de la lutte zapatiste « bajar y no subir » (partir d’en bas et non d’en haut / descendre et non monter).

Ainsi la caravane, même si elle ne s’est pas fixé d’objectifs précis à cet endroit là, se trouve aux prises de ce contexte et l’épisode d’Actopan le met en évidence.

Après ce sabotage en règle de cette tentative de récupération politique, le curé pourtant allié de la lutte, refusera d’héberger comme convenu les participants. Une assemblée se tient dans l’après-midi sur le site archéologique de Quiahuiztlán là où les indigènes ont observé, il y a 500 ans, l’arrivée des navires de Cortés qui allait conquérir le Mexique.

« 500 ans depuis le début de la résistance. Ils ne nous ont pas conquis. Nous existons parce que nous résistons. Communauté otomi résident dans la ville de Mexico »

Au cours de cette assemblée, tout le monde réaffirme qu’il n’est pas question de se diviser, que le véritable ennemi est l’entreprise minière. Chacun·e commençant sa prise de parole par un meaculpa. Les locaux pour ne pas avoir consulté la caravane sur cette tentative d’alliance, la caravane pour avoir possiblement ouvert la porte à une division de la lutte sur le terrain alors qu’un des objectifs est de venir en soutien. Une belle intelligence collective se dégage qui semble permettre le maintien d’un lien dans la lutte malgré des stratégies initialement bien éloignées.

Au sein de la caravane, cet épisode va également ouvrir un espace de débat et de réflexion. Car la composition de celle-ci est assez diverse aussi bien en terme d’horizons politiques, que d’âge ou d’origines géographiques : membres de la communauté otomi, grands-mères de l’Altepelmecalli de Puebla, internationaux dont une délégation de Lutzerath [4], Sol Rojo (organisation maoïste de Oaxaca), femmes mazatecas en lutte pour la libération de prisonniers politiques, quelques squatteur·euses de Mexico, d’autres personnes issues du mouvement pour la légalisation du cannabis, d’un hacker-space de Mexico ou d’une organisation d’émigrés afrodescendants, caribéens et latinos basée Angleterre et qui dénoncent les politiques néocoloniales eu Europe,…

GUERRERO : S’ORGANISER FACE A LA VIOLENCE

Deux autres étapes dans l’État de Veracruz.

Une première conduit la caravane dans la ville de Veracruz très conservatrice pour mettre en avant le désastre écologique que constitue le rejet des eaux noires dans la mer sans aucun traitement d’assainissement préalable.


L’autre permet une rencontre, au sud de l’État dans la sierra de Santa Marta avec une union de villages. Celle-ci a réussi grâce à une coordination et une articulation des différentes communautés à bloquer les projets d’extraction minière depuis plus de 30 ans. Depuis quelques années cependant, l’augmentation de la violence dans la région rend la résistance plus difficile. Le schéma est le même du nord au sud du pays : la présence et l’expansion du narco-trafic ouvre la voie à la mise en place de projets d’accaparement des ressources et du territoire.

Depuis des années les taux d’homicides, en grande partie liés à l’expansion des cartels de la drogue se maintiennent à un niveau extrêmement élevé [5]. Le pays est régulièrement classé le plus dangereux du monde par différents organismes pour exercer le métier de journaliste. Depuis le début de l’année, huit ont été assassinés.

L’augmentation du niveau de violence liée aux affrontements entre cartels pour le contrôle du territoire,même s’il est plus particulièrement présent au nord du pays, se fait ressentir presque partout. Les grandes compagnies porteuses des méga projets trouvent ainsi facilement accès à des bandes déjà constituées, leurs permettant de menacer, terroriser voire faire disparaître ou assassiner les principales figures des mouvements de lutte. La liste des disparitions et assassinats à l’échelle du pays semble infinie, celles des défenseurs des droits de l’homme ou des territoires ne cessent de s’allonger. L’impunité, favorisée par une corruption à toutes les échelles, est de mise.

Face à une telle violence, maintenir des processus de lutte est un défi permanent.

Le phénomène est tel, que certaines communautés pour assurer leur survie ont constitué depuis déjà plusieurs années des polices communautaires armées pour se défendre comme à Cherán pour stopper le pillage de la forêt [6] ou même pour riposter et récupérer des terres aux narco-trafiquants comme à Ostula [7]. Ou encore dans le Guerrero, où les communautés Nahuas organisées depuis le début des années 1990 au sein du CIPOG-EZ (Conseil Indigène et Populaire du Guerrero – Emiliano Zapata) ont constitué une Coordination Régionale des Autorités Communataire – Police Communautaire (CRAC-PC). L’expérience vise depuis 20 ans à construire des modes de justice communautaire dans une perspective de construction de l’autonomie et pour l’autodétermination des peuples. En 2011, la CRAC obtient même une reconnaissance légale qui lui permet de traiter des affaires de justice de la communauté tant que celles-ci ne relève pas du code pénal. Depuis, différents recours ont été mis en place pour lui enlever cette prérogative. Ils ont tous échoué mais, actuellement, une nouvelle tentative en ce sens conduit la CRAC et sa base sociale à se mobiliser ; le 5 avril dernier ce sont 2000 personnes qui ont manifesté pour refuser la consultation publique biaisée que sont actuellement en train de réaliser les députés de l’Etat afin de pouvoir voter une loi empêchant toute forme de justice communautaire.

Depuis quelques années, cette zone montagneuse du Guerrero fait également l’objet d’une âpre lutte entre trois groupes narcos. Le cartel de « los ardillos » voit sa suprématie contestée et les actions violentes se sont multipliées. Les communautés auto-organisées et leur police doivent faire face à cette dégradation.

Pour la douzième journée du parcours de la caravane, l’objectif est de se rendre à Chilapa, territoire contrôlée par le CIPOG-EZ pour rompre les tentatives d’isolement et de fragmentation de ces communautés et apporter un soutien. Chaque événement politique est un défi. Afin d’assurer la sécurité du convoi, les mesures de protection sont mises en place : un communiqué est publié pour exiger du gouvernement une protection à la caravane et le rendant responsable pour tout incident qui pourrait intervenir. Le CNI et des collectifs en Europe se joignent à l’appel. « La caravane n’est pas seule ». Il s’agit de visibiler le plus possible le passage ; deux organisations de défense des droits humains sont contactées pour mettre en place un suivi heure par heure en lien avec les membres du convoi.

L’après midi est déjà bien avancée quand la caravane arrive au pied du village de Almolonga. Plusieurs centaines de personnes attendent depuis la matin l’arrivée de la caravane. Une marche prend forme sur la route qui serpente jusqu’en haut de la colline où se trouve le préau qui accueillera la conférence de presse.







Plus tard, au niveau du poste de contrôle gardés 24h/24 et 7j/7, Sergio fait part du dernier épisode qui a secoué la communauté. Il y a deux ans, le 17 janvier 2019, une trentaine de pick-up avec à leur bord des hommes armés de fusils d’assaut et de lance-grenades, ont tenté de s’emparer d’un village. La réaction fut immédiate. Beaucoup moins bien armés, mais favorisés par une connaissance précise du terrain, les villageois ont repoussé l’attaque. « On les a maintenu en joue pendant que d’autres les ont contournés ». L’armée a été autorisée à entrer dans la communauté pour ramasser les 10 corps des assaillants. Sergio nous raconte cet épisode avec un peu de fierté mais aussi une grande dose de fatalisme : « On n’a pas le choix. Nous, on a pris les armes et on les utilise pour défendre notre organisation communautaire. Si on n’avait pas fait ça, on serait déjà mort. Alors oui, on va continuer à se battre pour défendre nos maisons. Ce qu’on cherche c’est pas défendre notre peau, c’est défendre la peau de notre collectif. On est en guerre, on ne peut pas le nier, une guerre de basse intensité certes, mais une guerre tout de même. Et on ne peut pas renoncer vu toute la tendresse que l’on reçoit des communautés ».

Et si lors de cet affrontement, ils s’en sont bien sortis, depuis sa constitution la police communautaire recense plusieurs dizaine de morts et de disparus. Les agressions ne viennent cependant pas uniquement des narcos, elle subit également de nombreuses détentions arbitraires par les autorités et les différentes polices officielles dont les liens avec les narcotraficants sont, comme dans le reste du pays, monnaie courante.

Alors que la discussion bat son plein, l’ordre est donné de rentrer au village. « Ça bouge ». On n’en saura pas plus sur le moment. Mais plus tard dans la soirée, le commandant explique qu’une 50aine de camionnettes et 20 motos de « los ardillos » se sont rassemblées sur l’itinéraire qu’a prévu d’emprunter la caravane le lendemain pour poursuivre sa route. L’information est confirmée par la police de l’État. Difficile de savoir s’il s’agit d’une manœuvre d’intimidation en réponse à la « provocation » que constitue la présence d’un soutien politique sur les terres, d’une véritable tentative d’attaque, ou même un regroupement pour une tout autre raison. « Quoiqu’il en soit, il n’y a rien à craindre dans la communauté, les points de contrôle tiendront et ils ne risquent pas de s’aventurer jusqu’ici, encore moins la nuit ».

Le lendemain l’itinéraire est changé. Un dialogue est mis en place avec la police de l’État du Guerrero qui escortera la caravane pendant plusieurs heures, jusqu’à une zone hors de l’influence du cartel.

MEXICO ET L’INPI

Après deux semaines sur la route et des dizaines d’expériences de luttes partagées, la caravane aborde la mégalopole de Mexico pour y prendre ses quartiers une semaine.

Première journée à Milpa Alta qui connaît peu ou prou les mêmes problématiques de restriction d’eau que celle affectant les villages aux alentours de Puebla. Il faut 3 millions de mètres cubes d’eau par jour pour alimenter la capitale. Les nappes phréatiques s’épuisent, les projets immobiliers, eux, continuent à fleurir.


Le lendemain, la caravane rejoint le campement des déplacées Triquis qui depuis un an occupent la place face au majestueux palais du musée de Beaux Arts. Cela fait un an qu’ils exigent à l’Etat d’assurer leur protection pour pouvoir retourner dans leur communauté de laquelle ils ont été chassés par un groupe paramilitaire. L’axe central et ses 6 voies de circulation seront bloquées toute la matinée pour faire entendre leurs revendications.



L’après midi, c’est la Casa Okupa Chiapas qui accueille la caravane. Les locaux abritaient avant la pandémie, la représentation du gouverneur du Chiapas dans la capitale. Le 26 septembre dernier, les bâtiments ont été occupés en réponse à un appel à mobilisation de l’EZLN pour dénoncer un état du Chiapas au bord de la guerre civile. [8]

Depuis le squat accueille des activités tous les jours dans un des quartiers les plus chics de Mexico.




Mercredi 6 avril c’est un autre campement qui accueille la caravane. Ici aussi cela fait presque un an que les « femmes mazatecas pour la liberté » dorment sous des bâches devant le bâtiment du pouvoir judiciaire pour exiger la libération de 7 de leurs camarades emprisonnés depuis 7 ans sans qu’ils aient fait l’objet d’aucune condamnation. Au cours des prises de paroles, un message de solidarité est envoyé à Libre Flot. L’avocate des prisonniers profite du rapport de force provoqué par le passage de la caravane pour exiger un rendez-vous téléphonique avec le gouverneur de l’État, elle l’obtient dans l’heure avec son conseiller à la justice. Elle lui lit le communiqué exigeant la libération des prisionniers devant l’assemblée, téléphone et micro à la main, le tout retransmis en direct. Le cabinet du gouverneur s’engage à une réunion la semaine suivante, un entretien que la défense juridique demande depuis des années.




La manifestation du jour passe devant les locaux de la CONAGUA (Commission Nationale de l’Eau) qui distribue les concessions et joue un rôle de premier plan dans la privatisation de la ressource.






Pour terminer cette première journée dans Mexico, des prises de paroles ont lieu sur les pelouses de la UNAM (Université Autonome du Mexique). La plus grande université d’Amerique latine qui ouvre tout juste ses portes après 2 années de fermeture totale suite à la pandémie.


Pour cette semaine dans la capitale, la caravane est hébergée dans les locaux de la « Maison des Peuples Samir Flores Soberanes ». Ce large bâtiment de 6 étages a été occupé il y a un an et demi, le 12 octobre 2020 par la communauté otomi. Le 12 octobre, date à laquelle est arrivé Christophe Colomb et ses caravelles en 1492, est célébré au Mexique et en Amérique Latine en général, il est communément appelé ’le jour de la Race’. Des mobilisations ont lieu chaque année. Profitant de cette date symbolique, 80 familles otomis mal logées ont investis les locaux de l’INPI (Institut National des Peuples Indigènes) pour faire valoir leurs revendications. Initialement : trouver une solution d’hébergement digne.

L’INPI est un jeune organisme institutionnel crée en 2018, quelques mois après l’accession au pouvoir de AMLO pour prendre la suite de la Commission pour le Développement des Peuples Indigènes. A en croire la communication officielle, il se fixe comme principale mission « de favoriser la mise en place d’une nouvelle relation entre l’État mexicain et les peuples indigènes et afro-mexicains ». A en croire les premiers concernés, il s’agit essentiellement d’un bel écran de fumée : on change de nom pour que rien ne change et pour mieux faire accepter la politique d’AMLO et les mégaprojets qui menacent leur territoire. Comme évoqué plus haut, le calcul politique, visant à mettre Adelfo Regino à sa tête, une figure historique des luttes indigènes, n’a pas suffit à se mettre dans la poche tout le secteur.

En effet, elles vivent depuis 25 ans dans des conditions compliquées. Le tremblement de terre de 1985, souvent cité comme un moment d’organisation populaire incroyable, a laissé un nombre considérable d’immeubles inhabitables et donc vides. Nombre d’entre eux n’ont pas été rasés et sont restés à l’abandon. C’est dans ceux situés dans les quartiers fortunés de la capitale que se sont regroupé·e·s et installé·e·s une partie des Otomis arrivant en ville « parce que c’était toujours mieux que la rue ».

Depuis, iels ont exigé de meilleures conditions de vie : tentatives de dialogues, manifs, lobying,… Les promesses sont venues. Concrètement, iels n’ont jamais rien obtenu. Et pour cause, la communauté otomie, trop attachée à son autonomie politique, a toujours refusé de se soumettre aux programmes sociaux quasi systématiquement et presque traditionnellement offerts en échange de voix lors des élections.

L’environnement est hostile : manque d’eau, classisme et racisme, régulièrement accusé·e·s d’alcoolisme et de négoce de drogue par leurs voisins, les Otomis doivent également faire face à l’appétit des promoteurs immobiliers qui lorgnent depuis des années sur ces terrains parmi les mieux côtés de tout le pays.

En septembre 2018 un campement est expulsé. Il se réinstalle un peu plus loin et est de nouveau expulsé en mai 2019.

Après une série d’assemblées, la décision est prise d’occuper l’INPI.

La communauté donne rendez vous le 12 octobre à différents alliés dont la plupart sont réunis dans la Coordination anticapitaliste et anti-patriarcale. Environ 120 personnes font irruption dans les locaux à 9h00 du matin. Les agents de sécurité qui s’opposent sont sortis manu militari par le groupe de femmes qui a pris la tête du cortège. Les dizaines de fonctionnaires qui sont au travail sont priés de rentrer chez eux. L’ensemble du matériel, ordinateurs et véhicules compris sont confisqués, rien ne sera rendu et plus aucun membre du personnel ne sera autorisé à rentrer jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.

Une liste de revendications a été dressée comprenant des demandes sur la question de l’hébergement mais également sur la santé, le travail, la justice, l’éducation. Les Otomis exigent l’ouverture d’une table de négociations en partant de cette liste de demandes précises et un calendrier avec dates et horaires à laquelle ils convoquent les représentants du gouvernement.

Ces derniers se rendent au trois premiers rendez-vous en novembre et décembre et de nouveau promettent qu’une solution sera trouvée en janvier. La promesse n’est pas tenue. En réaction les occupants mettent le feu aux archives et à tout un tas de matériel sur l’immense boulevard qui passe devant le bâtiment, bloqué de facto par l’épaisse fumée et empêchant CRS, flics et pompiers d’y accéder.

Les négociations reprennent et iels obtiennent l’expropriation d’un des terrains où des logements leur seront construits. Las des promesses non tenues, les Otomis jurent aujourd’hui qu’iels ne partiront pas tant qu’ils n’auront pas les clés en main de leur nouveau domicile, tant qu’il n’y aura pas une solution pour l’ensemble des cinq immeubles/campements. « Et s’il n’y a jamais de solutions, on est bien mieux ici que dans les immeubles en ruines »

Quoiqu’il en soit, cela risque de prendre des années. Quant à savoir s’il ne risque pas une expulsion, l’optimisme règne. Ils estiment que le coût politique d’une expulsion violente serait bien trop élevé pour l’actuelle maire de la ville de Mexico, pressentie comme future candidate à la présidence pour prendre le relais d’AMLO. Ce qui laisse encore trois bonnes années.

En attendant, une proposition a été faite au CNI qui dès les premières heures de l’occupation s’était solidarisé publiquement et avec lui le réseau des peuples en lutte. « L’idée serait de remettre les locaux au CNI et de construire un projet autogestionnaire. « Avec tout le matériel qu’il y avait et qu’on a mis de côté, on peut imaginer monter rapidement : un centre informatique, une école, une cafeteria, un centre d’accueil de rencontres comme en ce moment. Chacun des 6 étages pourrait être dédié à une activité. » commente « el gato » qui depuis l’ouverture accompagne le processus et passe une bonne partie de ses journées à réaliser des fresques murales. La proposition est en cours de discussion mais déjà, les choses prennent forment et petit à petit, les immenses étages sont aménagés.

La maison des peuples Samir Flores Soberanes semble déjà être devenue un lieu d’organisation incontournable ainsi qu’une base logistique considérable en plus de permettre l’hébergement des familles présentes.




APPEL AUX JOURNEES DE MOBILISATION VIRTUELLE

Dans les prochains jours, du 13 au 16 avril, la Caravane fera une pause dans son périple avant de repartir dans l’état de Oaxaca. Mais les échanges et mobilisations vont eux continuer. Ce sera l’occasion de journées de mobilisation internationale qui prendront la forme de diverses manifestations physiques et virtuelles.

Proposé dans le cadre de la Caravane, l’appel à s’organiser au-delà des frontières a été relayé par plusieurs collectifs·ves, organisations et individu·es en Europe, ayant, pour la plupart, participé au Voyage pour la vie lancé par les zapatistes l’année dernière. En effet, des liens se sont déjà tissés, non seulement avec les communautés zapatistes mais aussi avec des membres du CNI, du FPDTA (Front des Peuples en Defense de la Terre et de l’Eau) et des Villages Unis qui ont sillonné l’Europe de septembre à décembre 2021 afin de partager leurs résistances et de dénoncer les ennemis communs. [9]

Les « Collectif·ves et individu·es de Slumil K’ajxemk’op et Abya Yala en solidarité avec la Caravane pour l’eau et pour la vie » invitent toutes les personnes se sentant concernées à rejoindre la manifestation virtuelle du samedi 16 avril. Cette action prendra la forme d’une rencontre participative entre les luttes présentes ainsi que de diverses ’actions virtuelles’ dénonçant les entreprises concernées. Le programme détaillé et les plateformes utilisées seront communiqués ici : http ://caravana.pueblosunidosporlavida.org/

Alors pour les journées qui viennent, l’invitation est donc lancée à la communauté internationale pour prendre le relais, accompagner la caravane et lutter ensemble pour l’eau, pour la vie, contre le pillage capitaliste qui lui, ne connait pas de frontières.




Source: Lundi.am