Mai 25, 2021
Par Attaque
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Contra Info / mardi 25 mai 2021

Après minuit..

Quelques minutes à peine après minuit, le 23 mai 2021, nous avons placé un engin explosif composé de poudre noir et de gaz butane, dans le but de détruire les installations de Banjèrcito [une banque qui appartient aux forces armées du Mexique ; NdAtt.] situées au 7700 de la Calzada del Hueso, dans le secteur de Tlapan, ville de Mexico, un objectif que nous avons complètement atteint.

Nous l’avons fait parce que…

I
Nous nous souvenons de Mauricio Morales, un compagnon anarchiste chilien qui est mort tragiquement le 22 mai 2009, en transportant un engin explosif qui était apparemment destiné à l’école des matons de Barrio Matta, à Santiago… Tu es présent compagnon !

Nous entendons l’appel à l’action lancé par les prisonniers anarchistes à travers le monde. Du Mexique à la Grèce, de Montevideo à la Belgique, de l’Argentine au Royaume-Uni, que le plaisir armé continue à nous trouver !

Nous condamnons les opérations répressives contre les anarchistes au Royaume-Uni et contre le réseau mondial de contre-information. Nous sommes pleinement solidaires de celles/ceux qui font face à la répression au Royaume-Uni, ainsi que de nos compas de 325, de l’Anarchist Black Cross Berlin, de Northshore Counter-Info, de Montreal Counter-Info et d’Act for Freedom Now.

II
Nous répudions le militarisme mexicain. Le gouvernement d’Andres Manuel Lopez Obrador a augmenté l’influence politique, la présence et l’accès aux ressources des forces armées, en augmentant leur pouvoir, en doublant leur budget et en étendant leur zone d’influence : des domaines comme l’immigration, les ports et les douanes, la distribution des programmes sociaux et la sécurité publique ont été confiés aux militaires. Cela a bien sûr provoqué un approfondissement douloureux de la structuration verticale de la société, en rendant les hiérarchies sociales de plus en plus rigides. Et quel est le résultat ? Plus de violence contre les classes exploitées, des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires, des tortures sexuelles, une augmentation des féminicides ; tout cela en portant atteinte, comme toujours, mais avec plus de force encore, au bien-être de celles qui créent la vie : les femmes. Or, comment ces hiérarchies sociales peuvent-elles être maintenues, si ce n’est en nous réduisant à quelque chose de négligeable et en s’appropriant de nos corps ? Et ensuite, quand les mères à la recherche de leurs enfants disparus poussent des cris d’horreur, qu’est-ce que l’État mexicain a pour elles ? Des moqueries et du dédain, c’est tout ce qu’elles ont reçu de la part de Lopez Obrador ! Quelle est la cause de tant d’indolence ? Nous pensons que si ce système est indolent face à nos cris, c’est parce que notre douleur est la condition qui rend possible la continuation de cet ordre d’exploitation ! C’est que la structure de ce monstre se nourrit de notre sang et de nos ventres ! Sans la valeur que nous créons, sans la vie que nous donnons, sans les corps que nous soignons, comment la vie que cet ordre absorbe par la suite pourrait-elle se reproduire ? C’est pourquoi ni l’État, ni le patriarcat, ni le capitalisme n’arrêteront jamais ce massacre par eux-mêmes! C’est à nous de l’arrêter !

Nous ne sommes pas nées femmes, on a fait de nous des femmes. Et alors maintenant nous le revendiquons ! Et de ce point de vue, nous leur disons clairement : NOUS NE PERMETTRONS PAS LEUR CROISSANCE, NOUS NE SERONS PLUS JAMAIS DOCILES FACE À LEUR ORDRE DE MORT ET DE MISÈRE !

III
Dans la nuit du lundi 3 mai, un pont du métro de la ville de Mexico s’est effondré, le nombre de morts s’élève à 26 et au moins 10 des personnes hospitalisées sont dans un état grave. À tous les coupables, FONCTIONNAIRES, CAPITALISTES ET LARBINS ASSASSINS, nous disons : ayez très peur, car nous venons pour vous, et il se peut que nous soyons plus proches de vous que vous ne le pensez.

Le matin du 18 mai, un groupe de 95 étudiants (dont 74 femmes) a été séquestré par l’État mexicain, dans un lâche acte de criminalisation de la protestation sociale. Nous exigeons leur libération immédiate. A bas les murs de la prison ! Tous les prisonniers sont politiques !

Il y aura bientôt les élections, au Mexique. Nous répudions l’État ! Nous ne le laisserons pas dormir ! Nous allons déclencher la révolte !

Allumons la flamme ! Vivons sa joie ! Détruisons cet ordre ! Vive l’Anarchie !

Par le Groupe informel d’Action Insurrectionnel Anarcaféministe
Lupe la Camelina

Mexico, 23 mai 2021

P.S. Les médias bourgeois mexicains ont tu cette action. Cela ne fait que nous confirmer leur consensus de classe en faveur du pouvoir. Et réitère notre conviction de déborder l’argumentation par l’action. Si nous les mettons mal à l’aise, s’ils veulent nous faire taire, cela signifie que nous sommes sur la bonne voie. Ils ne nous feront pas taire !




Source: Attaque.noblogs.org