Nous faisons le constat avec plusieurs militant·e·s proches des luttes des gilets jaunes, et des luttes contre la psychophobie que la situation actuelle est aussi dure sinon plus dure à (sur)vivre pour ceux·celles·celleux qui sont en hospitalisation ou qui ont été hospitalisé·e·s, suite à des troubles mentaux chroniques et/ou épisodiques.

Depuis Paris, j’aimerais savoir ce qu’il en est dans d’autres villes depuis le début du confinement.

Jour 8, Ici à Paname, l’air et l’ambiance deviennent vraiment craignos. Les supermarchés sont à moitié vides, plus que ton frigo. Ou s’il est plein tant mieux pour toi, j’espère qu’il pourra le rester le temps qu’il faut.

ici, la tension est palpable, les chiens aboient aux premiers passant venus, les flics contrôlent au hasard les attestations de déplacement dérogatoires

le fond de l’air est anxiogène.

Les allées vides font places aux agglutinements de personnes masquées, toutes et tous à cran, séparé·e·s d’un mètre par un mètre par la peur de la contamination.

Chacun, chacune est cloisonné·e dans leurs angoissses, dans leurs frayeurs, qui se muent ensembles dans ce que certains médias ont appelé un psychose collective.

Dans ce climat délétère j’ai une pensée pour toutes, celles, ceux, celleux qui angoissent derrière leurs écrans, qui sont retournés ou non avec leurs parents et vivent avec leurs démons.

Courage à tous ceux et celle·eux qui n’ont pas la chance d’avoir un environnement calme propice à leur stabilité émotionnelle et psychique.

Tenez le coup les gens, nous avons survécu à Macron et à sa réforme des retraites passée sous 49.3, nous avons brisé le silence de la maltraitance en HP. et la liste est longue, dans notre convergence des luttes.

Pour tous ces combats collectifs qui ont permis de sortir de l’isolement individuel nous avons porté fièrement nos convictions face à une police armée et zélée.

Nous nous retrouverons à la fin de ce confinement pour nous serrer ensemble les un·e·s contre les autres aux rythmes frénétiques de nos élans de fraternités et de sororité.

Car notre angoisse est passagère mais notre joie et notre détermiantion sont elles éternelles.

Karlos Kerouhack


Article publié le 23 Mar 2020 sur Paris-luttes.info