Novembre 18, 2020
Par Libcom
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Meschi, Alberto 1879-1958

Une biographie courte de Alberto Meschi, une des grandes figures de l’anarchisme italien, toujours commĂ©morĂ© avec ferveur Ă  Carrara.

Alberto Meschi est nĂ© dans la ville de Borgo San Donnino (Parma) le 27 mai 1879. Autodidacte, enfant il avait rejoint le mouvement des travailleuses de La Spenzia oĂč il a travaillĂ© comme maçon. À partir de 1899, il a Ă©crit des articles politiques pour le journal Pro Coatti, pour le journal syndical L’Edizia, et pour le journal antimilitariste La Pace.
En 1905, il avait pris la dĂ©cision de dĂ©mĂ©nager en Argentine oĂč il y est restĂ© pendant quatre ans, se mĂ©langeant avec les anarchistes et les militantes anarcho-syndicalistes. Il a Ă©crit pour diffĂ©rents journaux anarchistes, et a aidĂ© Ă  organiser un syndicat de marchĂ© local. En 1909, il avait Ă©tĂ© expulsĂ© d’Argentine, et Ă©tait retournĂ© en Italie. LĂ -bas, il avait participĂ© Ă  l’écriture du journal anarchiste Il Libertario. Il avait Ă©tĂ© une des figures principales de la Camero del Lavoro (qui peut ĂȘtre vaguement comparĂ© aux bourses du travail en France) entre 1919 et 1922 qui avaient dirigĂ© les luttes des travailleuses de la rĂ©gion.
A Camara, l’arrivĂ©e de Meschi puis son travail avec Ugo del Papa signifiait que le prolĂ©tariat local commençait Ă  se remettre de la grĂšve patronale de 1905, et des consĂ©quences qu’elle avait eue jusqu’en 1910. Durant l’étĂ© 1911, une grĂšve de deux semaines parmi les travailleuses des carriĂšres a amenĂ©e Ă  une amĂ©lioration des conditions. Une annĂ©e plus tard, il y avait eu une grĂšve gĂ©nĂ©rale par toutes les travailleuses de l’industrie du marbre, grĂšve qui demandait un accĂšs au droit Ă  une pension. Au printemps 1913, les travailleuses de Carrara et de Versilia s’étaient rejointes pour gagner la journĂ©e de travail de huit heures. À la fin de la mĂȘme annĂ©e, et au dĂ©but 1914, une grande bagarre contre une nouvelle grĂšve patronale par les patrons avait eu lieu, qui pensaient que cela serait Ă  nouveau un succĂšs aussi grand qu’en 1905. Cette grĂšve avait menĂ© aux arrestations de Del Papa, Meschi et Riccardo Sacconi le 11 janvier 1914, mais la forte rĂ©action du prolĂ©tariat Ă  cela avait amenĂ© Ă  leur libĂ©ration le 31 janvier. Il y avait Ă©galement eu la fin de la grĂšve patronale, avec le prolĂ©tariat local qui Ă©tait dans une forme bien meilleure que celle qui Ă©tait la sienne neuf annĂ©es plus tĂŽt.
La premiĂšre guerre mondiale divisa le syndicat Unione Syndicalia Italiana (USI) l’organisation rĂ©volutionnaire syndicale, que Meschi avait aidĂ© Ă  crĂ©er. La minoritĂ© en faveur de la guerre avait Ă©tĂ© expulsĂ©e du syndicat ou l’avait quittĂ© en septembre 1914, aprĂšs que le passage d’une motion par Meschi y exprimait « sa confiance en les prolĂ©tariats de chaque pays pour retrouver en eux-mĂȘmes l’esprit de classes solidaires et l’énergie rĂ©volutionnaire dont il est besoin pour prendre avantage sur l’affaiblissement inĂ©vitable des forces Ă©tatiques et de la crise gĂ©nĂ©rale causĂ©e par la guerre dans le but de se dĂ©faire des Ă©lecteurs bourgeois et monarchistes qui ont cyniquement prĂ©parĂ© la guerre depuis 50 ans. »
Au dĂ©but de la premiĂšre guerre mondiale, il avait Ă©tĂ© conscrit pour servir sur le front, et avait fini par ĂȘtre fait prisonnier dans les Carpates. Il Ă©tait retournĂ© Ă  Carrara Ă  la fin de la guerre, il y avait rejoint l’USI, participant au conseil gĂ©nĂ©ral du syndicat. Avec la rĂ©pression fasciste, en 1922, Alberto avait Ă©tĂ© obligĂ© de partir pour la France. À Paris, il avait fait partie des fondateurs de la Concentration Anarchiste, et de la ligue italienne des droits humains, il avait Ă©galement Ă©tĂ© membre du groupe anarchiste Pietro Gori. Il avait fondĂ© l’un des premiers journaux de l’exil, La Voce del Profugo, ainsi que le magazine Il Momento.
En 1936, en Espagne, il avait combattu dans la Colonne Rosselli, jusqu’à ce que la rĂ©publique Ă©choue. Il Ă©tait alors retournĂ© en France oĂč il avait Ă©tĂ© internĂ© dans un camp de concentration. À la fin de l’annĂ©e 1943, aprĂšs avoir rĂ©ussi Ă  s’échapper, il Ă©tait alors retournĂ© en Italie. À l’occasion de la libĂ©ration, il Ă©tait retournĂ© Ă  la Camera del Lavoro de Carrara, dans laquelle il Ă©tait restĂ© jusqu’en 1947. Pendant les 20 derniĂšres annĂ©es de sa vie, il avait Ă©tĂ© impliquĂ© dans la publication du journal Il Cavatore (lea travailleuses des carriĂšres), un journal des travailleuses libertaires. Il est mort Ă  Carrara le 11 dĂ©cembre 1958.
Article original par Nick Heath, traduit en français par Rafaelle Bisbarre




Source: Libcom.org