Septembre 21, 2017
Par Zone À Défendre
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En cette nuit un peu avancée, où la Maison de résistance a regagné un
calme habituel malgré les vitres brisées et les vies heurtées, nous vous
partageons quelques articles, qui seront alimentés au fur et à mesure,
et quelques mots pour remercier ce “nous” qui grandit.

- Une compilation de tous les rassemblements qui ont eu lieu en France (
et peut-être au-delà ?) ==>
https://vmc.camp/2017/09/20/suivi-des-rassemblements-partout-en-france/

- Une compilation de témoignages des gravitant-e-s ayant vécu la
perquisition dans les différents lieux ==>
https://vmc.camp/2017/09/20/compilation-des-temoignages-sur-la-perquisition-du-20-septembre-et-le-quotidien-policier/

- Un appel à soutien financier pour remplacer le matos saisi :
https://www.helloasso.com/associations/les-amis-du-bocage/collectes/ils-saisissent-la-solidarite-remplace

MERCI À NOUS

On ne saurait pas dire à quel point on est touché-e-s par toutes ces
manifestations de soutien, à quel point ça donne de la force, à quel
point ça mélange l’affect de rage à la joie. On aurait presque
l’habitude de dire « merci », mais en fait, on se reprend. Il faut faire
quelques précisions. « Merci » ça peut poser qu’il y a un centre de la
lutte, un endroit plus légitime qu’un autre, et tout un tas de gens qui
feraient des actions depuis la périphérie pour rendre service à ce
centre. « Merci » ça peut poser, même dans la gratitude profonde, une
forme de séparation entre celleux qui luttent et d’autres qui seraient
des « soutiens ».

Mais en fait, on a plutôt envie de construire un mouvement où on lutte
tous-tes ensemble. Où on se soutient tous-tes ensemble dans les moments
difficiles. Et où, quand on dit merci, c’est à toi, à elle, lui, vous, à
soi, à eux, à moi. C’est un merci à « nous » pour continuer de se
construire et grandir. Un merci à « nous » pour, lorsqu’au coeur même de
nos lieux de vie on se sent terriblement impuissant-e-s et acculé-e-s,
d’autres, qui ont les mouvements plus libres, peuvent exprimer leur
colère partout où ielles sont. Un « merci » parce que quand on voit déjà
la liste de la grosse quinzaine de rassemblements de soutien, on se dit
que quelque chose de l’esprit de Bure est en train de ré-infuser un peu
partout, que ça augure la consolidation d’un certain nombre de groupes
de lutte un peu partout, et c’est une grande joie. Un « merci », pour
toutes les promesses que cela porte pour notre capacité de réaction
collective en cas d’expulsion de la forêt occupée, ou toute autre ligne
rouge.

Ils pourront nous saisir tout le matériel qu’ils veulent, ils pourront
inculper au nom de chefs d’inculpation tous plus sordides, nous coller
du trafic de drogue, de l’association de malfaiteurs, des engins
explosifs, ou encore la belle trouvaille d’ “armes de gros calibre »,
etc, etc. Peut-être même, qui sait, réactiver la vieille étiquette de « terroriste » ? Ils nous n’enlèveront pas la force indéfectible de ces
liens, toute la vitalité et l’intelligence dont nous sommes capables
quand nous sommes acculé-e-s au pied du mur, ou la face contre celui de
notre chambre.

Comme le dit une amie habitante des environs de Bure dans une compile de
témoignages qu’on est en train de faire, « Une fois que la perquiz’
était terminée, j’étais trop contente de revoir les ami-e-s après. Ça je
l’ai gueulé à des flics quand ils sont partis. « Votre répression elle
marche pas, on s’aime encore plus maintenant. On vous hait à la mesure
qu’on s’aime les un-e-s les autres, qu’on est encore plus fort-e-s.
C’est contre-productif votre merde… »

Des gravitant-e-s et hiboux de Bure et des environs.




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