DĂ©cembre 8, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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A l’issue du meeting d’Éric Zemmour qui s’est dĂ©roulĂ© Ă  Villepinte ce 5 dĂ©cembre 2021, de nombreux tĂ©moignages de journalistes ont fait Ă©tat de violences physiques et verbales, d’entraves Ă  l’exercice de la profession, d’intimidations de la part de militants mais aussi du candidat d’extrĂȘme-droite lui-mĂȘme.

La libertĂ© de la presse et le droit Ă  l’information sont la pierre angulaire d’une dĂ©mocratie. Il est particuliĂšrement grave qu’un candidat Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique s’autorise de telles dĂ©rives et encourage ses militants dans leur violence physique et verbale envers les journalistes, en les faisant huer et en les mettant sur le mĂȘme plan que les djihadistes, par exemple.

DĂ©jĂ  condamnĂ© pour provocation Ă  la haine raciale, Eric Zemmour est pleinement responsable de ce climat hostile Ă  la presse durant ses meetings. RĂ©guliĂšrement, il cible la profession Ă  travers des discours fallacieux qui dĂ©signent les journalistes comme des ennemis du peuple. La consĂ©quence de ses propos est lĂ  : des journalistes sont empĂȘchĂ©s d’exercer leur mĂ©tier, se font voler leur matĂ©riel, sont frappĂ©s, menacĂ©s, et travaillent dans la peur.

Ces nouvelles entraves et menaces sont d’autant plus inacceptables que ces derniĂšres semaines des journalistes couvrant l’actualitĂ© de l’extrĂȘme droite font face Ă  une violence d’une rare intensitĂ©, comme l’ont dĂ©noncĂ© 39 sociĂ©tĂ©s de journalistes dans une tribune publiĂ©e le 17 novembre.

Durant la manifestation anti-Zemmour, Ă  l’extĂ©rieur du meeting, alors qu’un nouveau schĂ©ma national du maintien de l’ordre (SNMO), prĂ©sentĂ© en dĂ©but de semaine, a Ă©tĂ© revu et corrigĂ© sous la pression de la profession, des confrĂšres et consƓurs n’ont pu travailler sereinement. Un photographe a Ă©tĂ© abusivement interpellĂ©, relĂąchĂ© dans la soirĂ©e, et des reporters ont Ă©tĂ© nassĂ©s.

Le Syndicat national des journalistes, premier syndicat reprĂ©sentatif de la profession, ne peut tolĂ©rer que les journalistes, pour exercer leur mission d’information, doivent dĂ©sormais prendre des mesures de protection dans le cadre de meetings politiques, comme devoir accepter de se faire exfiltrer ou ĂȘtre accompagnĂ©s de gardes du corps.

Le SNJ apporte son soutien Ă  tous les mĂ©dias et journalistes visĂ©s dans l’exercice de leur fonction. Il incite les consoeurs et confrĂšres Ă  porter plainte systĂ©matiquement, et sera Ă  leurs cĂŽtĂ©s. Alors que la campagne ne fait que commencer, il est urgent que le candidat revoit son attitude, et qu’il exhorte ses militants Ă  respecter la libertĂ© de la presse et la profession qu’il a lui-mĂȘme exercĂ©e pendant plus de 30 ans.

Le SNJ rappelle qu’il est de la responsabilitĂ© des pouvoirs publics de garantir la sĂ©curitĂ© des journalistes et la libertĂ© d’informer, sur la voie publique et durant toute cette campagne prĂ©sidentielle qui s’ouvre Ă  peine.
 




Source: Solidaires.org