Mars 21, 2021
Par Le Poing
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Une centaine de personnes, essentiellement des militant(e)s, sont venues assister pendant deux heures à ce que l’on peut appeler un meeting dans un petit square, la petite place intérieure derrière St Paul à La Paillade. Une dizaine d’interventions de femmes et d’hommes engagé(e)s à plusieurs titres sur le quartier et dans la lutte contre l’islamophobie se sont succédé avec une attention très assidue du public. Cet évènement a eu lieu à l’initiative du Front contre l’ islamophobie et pour l’égalité des droits de toutes et tous, d’autres évènements étaient programmés partout en France. On peut peut-être regretter le peu de présences des habitant(e)s du quartier même si en passant certain(e)s se sont arrêté(e)s pour écouter.

Le Front uni des Quartiers Populaires a ouvert le jeu en rappelant la stratégie d’amalgame et de diversion du gouvernement pour masquer les problèmes de fond dans lesquels ces quartiers se démènent : la pauvreté, le chômage, le mal logement, la disparition et la déliquescence des services publics, la discrimination, les lois autoritaires et répressives qui sévissent depuis bien longtemps, toute cette situation étant aggravée et accélérée par la pandémie. La loi séparatisme est à comprendre dans ce contexte comme une occasion de mettre « les musulmans, les migrants, les quartiers » au centre du débat des futures présidentielles.  La mise en œuvre d’une construction des musulmans comme «  des ennemis de l’intérieur » avec une islamophobie qui devient institutionnelle  appuyée et relayée par une surenchère médiatique en cours depuis plusieurs années.

Le comité des Musulmans de Montpellier a rappelé le sacré de la vie en précisant qu’il y avait un virus qui n’était pas respiratoire, celui de l’islamophobie qui se propage, peut tuer, humilier dans le silence et l’indifférence. D’ailleurs le variant français du virus de l’islamophobie peut lui aussi traverser les frontières !   « La loi séparatisme c’est l’occasion de stigmatiser et réprimer les musulmans, c’est une supercherie du gouvernement Macron pour diviser et instrumentaliser la population. Le vrai séparatisme il est social, dans la faillite du système politique qui crée des disparités avec les quartiers populaires ; disparition des services publics, banalisation du racisme, injustices économiques, pauvreté accélérée, inégalités et discrimination. La lutte pour l’égalité des droits c’est l’affaire de tout le monde, dans quelle société voulons nous vivre ?

Différents témoignages ont suivi pour insister sur la diabolisation de l’Islam dans un contexte électoral, sur l’augmentation des attaques racistes et islamophobes contre les lieux de culte ( plus 53 % par rapport à 2019) contre les femmes musulmanes dans la rue, «  la chasse aux musulmans est ouverte » même contre les enfants ! « La loi sécurité globale existe depuis longtemps dans les quartiers, quand on filme la police en action contre nous ils cassent et détruisent nos portables, c’est ce qui est arrivé ensuite aux gilets jaunes avec la criminalisation des militants. ».

Un militant de Decolonial News nous a rappelé que c’est bien parce que l’état ne faisait pas son travail d’égalité de la justice que le Collectif Contre l’Islamophobie en France a été créé et maintenant dissous par la gouvernement. Actuellement un fonds de défense des musulmans  existe pour «  obtenir le respect des conventions et des traités de protection des droits fondamentaux que la France a ratifié »

Des militant(e)s du quartier ont rappelé que les politiques partout et donc à Montpellier savaient venir prendre les voix des musulmans dans les quartiers pour ensuite se retourner contre cette même population en instaurant une laïcité à deux vitesses : on est laïc mais c’est eux qui choisissent nos imams, nos représentants alors faisons attention au jeu des politiques ! 

Toutes lesinterventions ont également souligné la nécessité de clarification des « partis politiques de gauche » en ce qui concerne cette surenchère permanente et entretenue du climat islamophobe en France à la veille d’échéances électorales, car le racisme d’état n’est pas le seul fait du fascisme !

Tous les intervenant(e)s ont fini leur exposé sur la nécessité de ne pas disjoindre le combat contre  la loi sécurité globale de celui contre la loi sur les principes républicains. La loi séparatisme prévoit de contrôler plus strictement les associations en élargissant les motifs de dissolution ; cela peut être de « porter atteinte à la forme républicaine du gouvernement » donc si l’on dénonce le racisme d’état on pourra se retrouver dans une situation de poursuites judiciaires ! Lutter contre la loi de sécurité globale sans lutter contre la loi des principes républicains n’a pas de sens, l’une alimente l’autre, articles à l’appui, toutes les deux participent d’une même offensive autoritaire qui permettra une répression plus forte et plus légale des différents mouvements sociaux actuels et à venir. On a besoin les uns des autres et la question centrale est bien celle de l’égalité des droits !

Toutes les interventions ont été applaudies avec beaucoup d’enthousiasme, même si on peut regretter l’absence de débat.

Un agenda a été rappelé lors du rassemblement :

Montpellier accueillera le sommet international Afrique-France du 8 au 10 juillet 2021, certains y seront pour porter leurs voix !

Un autre rassemblement aura lieu devant la préfecture de Béziers le samedi 10 Avril, en forme de commémoration, à un an de la mort de Mohamed Gabsi.




Source: Lepoing.net