Après que l’”Ocean Viking” ait été amarré dans le port de Palerme la semaine dernière, il n’y a actuellement aucun navire civil de recherche et de sauvetage en Méditerranée. Et ce malgré le fait que, selon les rapports des avions de reconnaissance Moonbird et Seabird, au moins 2 100 personnes ont été en détresse sur la route d’évasion entre la Libye et l’Italie au cours des huit dernières semaines. L’Agence des Nations unies pour les migrations (OIM) rapporte également que 295 personnes sont déjà mortes cette année en Méditerranée centrale. Rien que ces derniers jours, ce nombre a atteint 29.

À la mi-août, le “Sea-Watch 4” devrait quitte le port espagnol de Burriana pour se rendre dans la zone de recherche et de sauvetage au large de la Libye afin de mener des opérations de sauvetage civil en mer. Médecins Sans Frontières (MSF) travaillera en collaboration avec Sea-Watch 4 et fournira un médecin et une sage-femme à bord.

Sea-Watch 4 et la large alliance qui le soutient sont la réponse claire de la société civile à la politique raciste de l’UE, qui laisse les gens se noyer pour ne pas atteindre le continent européen

“,

déclare Philipp Hahn, directeur des opérations de Sea-Watch 4. Il fait également référence au blocage par les autorités italiennes des navires de recherche et de sauvetage “Ocean Viking”, “Sea-Watch 3”, “Aita Mari” et “Alan Kurdi”. Le ministère italien des transports avait accusé les bateaux de prétendus défauts techniques et le non-respect des exigences de sécurité, ce que l’autorité allemande de l’État du pavillon (BG Verkehr) avait toutefois directement réfuté dans le cas de l’”Alan Kurdi”. Le BG Verkehr a confirmé à plusieurs reprises que le “Alan Kurdi” possédait les certificats de sécurité nécessaires et qu’il était conforme aux normes environnementales applicables”, selon le site sea-eye.org.

Maintenant, Sea-Eye a engagé un procès contre le ministère italien des infrastructures et des transports et l’autorité portuaire de Palerme. Sur la base des avis d’experts en droit maritime de l’université de Hambourg et avec l’aide d’avocat·e·s spécialisé·e·s en droit italien, l’association a demandé une procédure en référé devant le tribunal administratif de la région de Sicile. “

À notre avis, l’avis d’évaluation de l’autorité italienne des transports est illégal et crée des incertitudes juridiques, ce qui pourrait rendre impossible toute nouvelle affectation d’Alan KurdiI. Pourtant, le sauvetage en mer est une obligation en vertu du droit international

“, déclare Gorden Isler, président de Sea-Eye e.V.


Article publié le 12 Août 2020 sur Mars-infos.org