Octobre 5, 2022
Par Le Poing
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Le déplacement des supporters du club montpelliérain ce dimanche 2 octobre s’annonçait massif – un des plus importants déplacements des dernières années. L’incompétence et la démesure du dispositif policier a pourtant gâché la fête.

Alors qu’un demi-millier de montpelliérains étaient attendus au Stadium, le voyage était prévu pour être fortement encadré par les pouvoirs publics – escorte, motos, camions de CRS… Au-delà du chambrage habituel pour ce genre de match, les rencontres entre les deux villes occitanes n’ont pourtant rien d’un derby (contrairement au terme abusivement employé). L’ambiance en tribune reflète cela : côté visiteurs, un message moque les performances du TFC, « pour prétendre au trône de l’Occitanie, avoir un palmarès est capital ! » Côté locaux, un beau tifo « òc » à l’entrée des joueurs, suivi plus tard d’un message « fièrs d’èsser occitans » sont déployés. On note aussi des hommages à Brice Taton, supporter toulousain tué par des hooligans serbes lors d’un déplacement à Belgrade, en 2009. Au message des Indians Tolosa répond en parcage un « Brice, t’oblidam pas » (« Brice, nous ne t’oublions pas », en occitan languedocien). Une belle preuve de solidarité, remise aux toulousains en fin de match.

Mais malgré cela, la répression s’abat sur les supporters montpelliérains. Pourquoi ? Avant le coup d’envoi, les stadiers et CRS ne laissent entrer les supporters pailladins qu’au compte-goutte, provoquant des tensions inutiles. Puis un simple incident à la buvette lors de la mi-temps provoque une réaction disproportionnée des forces de police, qui gazent l’ensemble du parcage, incommodant au passage les familles toulousaines à côté. Comme pour justifier cette violence gratuite que ne peut expliquer aucun chambrage ni jet de gobelet en carton, une dizaine de montpelliérains sont interpellés, puis interdits de stade dans la foulée sous prétexte d’avoir employé des engins pyrotechniques.

Voici encore une fois la démonstration de l’incapacité navrante des pouvoirs publics à gérer le moindre déplacement de supporters. Comment être surpris ensuite que les milliers d’Allemands arrivant à Nice ou les supporters Grecs puis Néerlandais à Marseille provoquent la panique des autorités ? En France, il est normal de traiter les supporters comme des sous-citoyens : fichés, parqués des heures sans même avoir accès à des sanitaires, frappés et gazés à la moindre incartade, durement sanctionnés pour une simple torche, puis diffamés dans la bouche des médias comme des autorités. Un incroyable gâchis.




Source: Lepoing.net