Juillet 7, 2021
Par Rennes Info
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FÊTE DE REDON : LES SUITES JURIDIQUES ET POLITIQUES

A la suite des tragiques évènements survenus lors du « Teknival des
Musiques Interdites » en hommage à Steve, le monde des Free Party,
soutenu par l’ensemble des acteurs et actrices des musiques
électroniques ainsi que par une large partie de la population, s’est
réuni afin de ne pas rester impuissant face à la violence subie à de
trop nombreuses reprises ces dernières années. Dans toute la France et
ailleurs, ces violences ont choqué bien au-delà des amateurs de free
party.

Loin de se laisser terroriser par la violence, les sound-systems ont
choisi d’organiser de nombreux évènements cet été en réaction afin de
soutenir les sound-systems et les personnes impactées. Nous avons
toujours été réceptifs au dialogue, mais nous n’avons jamais cédé face
aux menaces et nous sommes toujours restés solidaires dans l’adversité.

De nombreuses procédures juridiques sont en cours de préparation et
d’autres suivront :

Concernant la destruction illégale du matériel par les
forces de l’ordre, plusieurs dizaines de plaintes seront
déposées, que ce soit par les artistes qui ont vu leurs
instruments de musique détruits, par les propriétaires de
matériel de sonorisation qui ont acquis ce matériel avec leurs
économies pour offrir gratuitement des concerts à la jeunesse ou
par les loueurs, pour qui la « neutralisation » du matériel
engendre des difficultés économiques pour leurs entreprises.

L’association Freeform a saisi l’IGGN (Inspection Générale
de la Gendarmerie Nationale) concernant la destruction du
matériel, avec pour objectif une saisine de l’IGA, et invite
l’ensemble des participant.es de la fête de Redon à faire de
même concernant l’usage disproportionné de la violence par les
gendarmes dont ils et elles ont été victimes ou témoins.

Une plainte devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme
est en cours de préparation.

Des plaintes vont également être déposées par des personnes
blessées pour violences volontaires ou usage disproportionné de
la force.

Enfin, Amnesty International, après avoir écrit au ministère
de l’intérieur, envisage de son côté également de porter plainte
contre les violences à l’encontre du public et communiquera sous
peu à ce sujet.

Par ailleurs, la CNS a pu consulter deux témoignages de personnes ayant
assisté à la scène de la main arrachée. Toute deux affirment clairement
avoir vu la grenade atterrir et exploser au niveau de la main du blessé,
apportant ainsi la preuve que la mutilation était le fait d’une grenade
lancée par les gendarmes en pleine nuit. Ces témoignages seront transmis
au procureur de la République en charge de l’enquête. Nous apportons
tout notre soutien au blessé ainsi qu’à ses proches dans cette difficile
épreuve.

Mercredi 7 juillet, une réunion interministérielle sous l’égide de
l’Elysée et à la demande de Technopol, accueillera une délégation
composée de la Coordination Nationale des Sons et de Techno +, aux côtés
de Technopol et de Freeform. Cette délégation sera présente pour porter
des revendications claires :

La suppression de l’amendement Mariani afin de sortir du régime
d’exception des rave party et rentrer dans le droit commun comme tout
autre événement festif et culturel.

La reconnaissance des pratiques culturelles amateurs

L’arrêt des saisies illégales (plus de 95 % des saisies sont
restituées lors des passages au tribunal)

L’arrêt immédiat des violences envers un public qui vient pour
danser

Une garantie d’accès au site pour les associations de Réduction Des
Risques en milieu festif.

Nous déplorons que le dialogue ait été rompu par les autorités depuis le
début de ce quinquennat, avec les conséquences tragiques que l’on
connaît aujourd’hui. L’escalade de la répression envers notre culture ne
peut continuer. Nous condamnons fermement les violences commises et
attendons un geste fort de l’État pour y mettre fin.

LA COORDINATION NATIONALE DES SONS

Contact : maskarade35 riseup.net




Source: Rennes-info.org