13 jours après avoir déployé la bannière « Jean-Guy occupe-toi de ton taudis », le collectif anarchiste Emma Goldman a récidivé. Une deuxième action de solidarité a eu lieu pour les locataires du 734 rue Racine Est.  Des membres et des sympathisant.es du collectif ont tenu une nouvelle édition de la marmite autogérée. C’est plus d’une quarantaine de personnes qui se sont déplacées au Parc de la fée des bois pour partager un repas gratuit, prendre part au marché gratuit et témoigner de la présente situation.

Lors de l’évènement, nous en avons beaucoup appris sur Jean-Guy Caron. Le proprio du bloc a changé son logement en maison de chambres en réalisant illégalement des travaux. Nous savions qu’il avait déjà reçu une amende pour ces travaux. Or, les locataires ont été logés pour 300 à 400$ par mois dans des logements non-conformes et non sécuritaires.

L’incendie qui a conduit à la mort de Michaël Labbé n’était pas le résultat d’un simple « feu de matelas », mais le fruit d’une négligence criminelle de la part du propriétaire et de l’inaction de la ville devant des travaux qui mettait en danger la vie des locataires. Caron, voulant faire davantage de profit avec ses blocs, a choisi de changer ses appartements en maison de chambres en découpant simplement les plus grandes pièces de ses logements avec du contreplaqué. En scindant en deux le salon, il pouvait charger 300$ par chambre. Dans l’appartement de Michael, une plainte de chauffage se trouvait où Caron souhaitait diviser. Du contreplaqué recouvrait donc une plainte de chauffage en marche le soir de l’incendie. Il est donc évident que l’enquête sur l’incendie a été bâclée par les enquêteurs de la ville et a mis à tort la faute sur les locataires du 734.

Alors que les gens du 734 vivent dans des conditions extrêmes suite à l’incendie, le propriétaire passe encore récolter à chaque mois le loyer des locataires en changeant lui-même les chèques d’aide sociale des habitantEs de son immeuble. Il constate sur place le nombre de d’habitantEs de son logement et change lui-même les chèques d’aide sociale aux personnes ayant donné cet adresse à leur agent; les locataires n’ayant pas accès à leur boite postale pour récupérer eux-mêmes leur chèque.  Il prend ce qu’il veut et donne la différence aux résidantEs. Caron récolte encore entre 1500$ et 2000$ par mois en louant des logements insalubres et non-conformes aux normes du bâtiment. Le bâtiment dans lequel les sinistréEs ont demeuré tout l’hiver est littéralement en train de s’effriter, les briques derrière l’immeuble tombent une à une. Et ce ne sont que les dommages apparents, la simple bâche qui recouvre le toit complètement brûlé laisse l’eau s’infiltrer dans les deux étages en dessous. Le plafond tombe sur le lit des locataires qui vivent sous l’appartement brûlé. Un locataire a demandé de réduire le prix de sa chambre de 300$ à 200$ vu que l’eau chaude ne fonctionnait plus. Jean-Guy C.  a tout simplement refusé.  C’est par chance que cet hiver, d’autres morts ne se soit pas ajoutés à la liste par la négligence de Caron. Le poids de la neige aurait bien pu faire s’effondrer le toit sur la tête des locataires.

Lors de l’action, le voisinage a été solidaire des sinistréEs. Ils et elles se sont montréEs  conscientEs que la multiplication de tels taudis où les gens demeurent dans des conditions inhumaines sont le résultat de l’échec de notre société, de l’insuffisance du filet sociale. La situation des gens du 734 nous prouve que le filet social est manifestement déficient et la ville est inapte à faire respecter les droits des locataires.  La ville est donc complice des propriétaires exploiteurs.

            Pour tenir tête à leur proprio exploiteur, le Collectif anarchiste Emma Goldman incite les locataires du 734 rue Racine à faire la grève des loyers. La grève des loyers est un moyen d’action pour les locataires par lequel, en s’unissant, ceux et celles-ci construisent un pouvoir économique. Il s’agit de toucher à la seule chose qui compte pour un propriétaire Séraphin tel que Jean-Guy Caron : son portefeuille. À cet effet, une nouvelle édition du Pic-Bois, un butin d’information libertaire régionale, traitant de la question a été distribuée spécialement pour l’occasion.

Collectif anarchiste Emma Goldman