Décembre 14, 2020
Par Paris Luttes
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Aujourd’hui, le 12 décembre 2020, nous nous sommes retrouvé.e.s pour la manifestation contre les lois de sécurité globale et contre le séparatisme. Nous dénonçons la répression massive qui n’a pour autre but que de dissuader de sortir dans la rue pour exprimer librement nos idées et nos convictions politiques. Comme le 1er mai 2020 lors d’une distribution de nourriture pour des habitant·e·s place du marché à Montreuil, comme lors de différentes actions des BSP d’île-deFrance qui ont entrainé des amendes, les actions de solidarité populaire sont sanctionnées par l’État.

Avant même de rejoindre le point de départ de la manifestation pourtant autorisée, nous avons subi trois contrôles de police avec fouilles de sacs et palpations, notamment sur des femmes par des policiers hommes. Dès le départ de la manifestation, les forces de l’ordre encadraient totalement le cortège et ont chargé plusieurs fois en visant les banderoles. Au bout de trois charges policières successives, sous les coups de matraques et malgré la résistance et le courage des camarades du 18e, d’Aubervilliers Pantin et de Montreuil, les banderoles des Brigades de Solidarité Populaire nous ont été arrachées et au moins sept camarades (BSP et CSPM) ont été arrêté.e.s.

La stratégie policière a privilégié l’usage immédiat de la matraque et le corps à corps. Le contenu des banderoles était : Autodéfense populaire » et « Islam, gauchisme, séparatisme, et toi, t’es fiché·e pour quoi ? ».

Le prétexte invoqué par les forces de l’ordre était le contenu des banderoles qui soit disant « appelait à la haine ». Il s’agit donc de l’expression publique d’opinions politiques face aux propositions de lois actuelles qui a été visée et réprimée lors de cette manifestation. Le message politique que nous portons est devenu une cible des forces de l’ordre.

Suite aux manifestations massives et déterminées des deux derniers samedis, la volonté de répression du pouvoir et des forces de l’ordre est évidente, contre un mouvement puissant qui se développe dans le cadre d’une crise sanitaire et politique : le gouvernement veut-il distiller la peur face à celles et ceux qui expriment une expression politique contradictoire ? Venir en manifestation avec une banderole expose à se faire matraquer à tous les croisements de rue. Nous appelons à ne pas céder à ce régime fondé sur la peur et à l’intimidation.

Des milliers de personnes ont défilé samedi mais moins que les deux samedis précédents, nous regrettons évidemment que la coordination constituée contre la sécurité globale n’ait pas souhaité appeler à la mobilisation ce samedi. Moins nombreux, nous sommes évidemment plus exposés aux exactions des forces de l’ordre.

Tant que des migrant.e.s se feront dégager à coup de grenades quand iels occupent une place, tant que des gens se feront arracher des mains en sortant manifester comme samedi dernier, tant que la solidarité sera réprimée, nous résisterons et resterons déterminé.e.s pour lutter contre un système qui prône la peur et la répression.

Suite aux interpellations arbitraires et violentes de la manifestation de samedi contre les lois sécurité globale, séparatismes et contre l’islamophobie, nous appelons à un rassemblement lundi puis mardi à 13h devant le tribunal de Paris, à Porte de Clichy et à soutenir les camarades par notre présence lors de leurs comparutions immédiates.

Plusieurs camarades des Brigades de solidarité populaire et d’autres manifestant.e.s ont été déféré.e.s et transféré.e.s au dépôt à l’issue de leur gav de 48h et passeront au tribunal mardi après-midi.

La solidarité est notre arme,

Liberté pour toustes,

Seul le peuple sauve le peuple.

Brigades de Solidarité Populaire Île de France




Source: Paris-luttes.info