Le 2 octobre 2020, en pleine crise sanitaire et alors que la crise sociale ne cesse de s’aggraver, le discours sur le « sĂ©paratisme Â» du PrĂ©sident de la RĂ©publique a donnĂ© un nouveau coup d’accĂ©lĂ©rateur Ă  la campagne islamophobe du pouvoir, avec Ă  l’horizon une loi qui devrait ĂȘtre dĂ©battue au parlement d’ici le printemps. Cette campagne permanente avait connu une relance cet Ă©tĂ© avec le discours du ministre de l’intĂ©rieur Gerald Darmanin, qui avec l’utilisation du terme « ensauvagement Â» a rĂ©activĂ© le vocabulaire le plus raciste de la colonisation.

Cette campagne s’inscrit dans un contexte oĂč le racisme en gĂ©nĂ©ral et l’islamophobie en particulier sont omniprĂ©sents dans le dĂ©bat public et saturent les mĂ©dias, avec des consĂ©quences concrĂštes sur la vie de millions de personnes qui subissent insultes, discriminations et violences en raison de leur appartenance rĂ©elle ou supposĂ©e Ă  la religion musulmane.

Il existe aujourd’hui dans le monde politique et mĂ©diatique une assignation au silence des musulmans et particuliĂšrement des musulmanes.

Dans les exemples trĂšs rĂ©cents, on peut se rappeler le cas d’Imane Boun, Ă©tudiante et blogueuse culinaire, associĂ©e par une journaliste du Figaro au terrorisme ou encore le cas de Maryam Pougetoux, vice-prĂ©sidente de l’UNEF, interrogĂ©e Ă  l’assemblĂ©e nationale dans le cadre d’une commission d’enquĂȘte portant sur les consĂ©quences du Covid-19 sur les jeunes. Un dĂ©putĂ© Les RĂ©publicains et une dĂ©putĂ©e LREM l’ont boycottĂ©e, quittant l’audition sous prĂ©texte de son voile.

Puis, sans surprise, le discours d’Emmanuel Macron a Ă©tĂ© immĂ©diatement suivi de toute une sĂ©rie d’interventions policiĂšres dans des lieux de culture, d’enseignement ou de culte musulmans : pressions, irruptions de forces armĂ©es au milieu d’enfants, perquisitions
 Avant mĂȘme la nouvelle loi, le pouvoir utilise ainsi les dispositifs liberticides accumulĂ©s depuis des annĂ©es pour humilier et offenser toute une partie de la population.

Tout le monde peut constater que l’arsenal lĂ©gislatif existant est plus que suffisant pour agir contre les pratiques qui sont contraires au droit. C’est bien le pouvoir qui aujourd’hui veut porter une nouvelle attaque contre la laĂŻcitĂ© en faisant intervenir, encore une fois, l’État dans la conduite du culte musulman, en contradiction avec la loi de sĂ©paration des Ă©glises et de l’État.

Que nous soyons de confession musulmane ou non, de culture musulmane ou non, nous devons rĂ©agir ensemble pour contrer cette campagne, stopper les agressions, empĂȘcher l’adoption de nouvelles mesures rĂ©pressives et de nouvelles atteintes Ă  la laĂŻcitĂ©. Ce n’est pas une question religieuse, c’est une question dĂ©mocratique aujourd’hui centrale. Car il est dĂ©sormais clair pour de plus en plus de personnes que le racisme islamophobe est aujourd’hui le principal instrument par lequel le pouvoir cherche Ă  diviser les classes populaires pour maintenir et renforcer les inĂ©galitĂ©s sociales et politiques et justifier des limitations toujours plus importantes des libertĂ©s publiques.

Parce que le racisme est systĂ©mique, parce que c’est une question politique et pas seulement de morale individuelle. Pour faire reculer le racisme et l’islamophobie, il ne suffit pas de les dĂ©noncer : crĂ©ons un rapport de force, montrons que nous sommes nombreuses et nombreux Ă  les combattre, dĂ©terminĂ©-e-s Ă  ne pas laisser faire !

Le collectif stĂ©phanois contre l’islamophobie et pour l’égalitĂ© propose que s’organise Ă  Saint-Étienne une rĂ©sistance d’ampleur Ă  cette campagne avec notamment :

â–ș une premiĂšre marche ce vendredi 16 octobre Ă  18h30 au dĂ©part de la

Place du Peuple, jusqu’à la Place de la libĂ©ration, pour rĂ©agir sans attendre ;

â–ș une grande initiative locale organisĂ©e dans l’unitĂ© Ă  l’occasion de la

journĂ©e nationale de mobilisation qui devrait avoir lieu autour du 15 novembre, en cours de prĂ©paration par un trĂšs large ensemble d’organisations diversifiĂ©es.

â–ș une contre campagne inscrite dans la durĂ©e, jusqu’à l’abandon du projet de loi.

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Nous invitons toutes les personnes, toutes les associations, tous les syndicats, toutes les organisations politiques attachĂ©es Ă  la laĂŻcitĂ©, Ă  la dĂ©mocratie et Ă  l’égalitĂ© Ă  participer Ă  cette mobilisation et Ă  cette contre-campagne.

Dans l’immĂ©diat, nous vous invitons Ă  participer et Ă  appeler Ă  la marche du vendredi 16 octobre et Ă  nous faire connaĂźtre votre souhait de participer Ă  l’organisation collective des suites de la mobilisation.

Pour nous contacter : collectifstephanoiscontrelislamophobie[@]riseup.net


Article publié le 13 Oct 2020 sur Lenumerozero.info