Juin 26, 2017
Par Rebellyon
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Du mardi 27 juin au mardi 4 juillet, nous nous mettrons en marche contre le projet d’autoroute A45. Nous ne sommes pas « expert-e-s » ni technocrates. Nous ne sommes pas élu-e-s ni politicien-ne-s de métier. Nous ne sommes pas actionnaires de sociétés d’autoroutes ; ni patron-ne-s d’entreprises de la logistique ou des travaux publics. Nous sommes des habitant-e-s du territoire qui serait englouti par cette autoroute, ou de ses deux extrémités : les agglomérations stéphanoises et lyonnaises.

Nous nous mettrons en marche contre ce projet d’autoroute pour de nombreuses raisons. Tout d’abord visualiser l’ampleur des destructions que les chantiers provoqueraient, dans une campagne qui nous est précieuse, au-delà des chiffres qui s’empilent dans divers dossiers et rapports. Nous marcherons par solidarité avec les centaines de paysan-ne-s dont les fermes sont menacées à l’avenir. Nous marcherons pour tou-te-s les habitant-e-s dont l’activité économique, locale, est en sursis. Nous marcherons en soutien à tou-te-s les riverain-e-s dont le quotidien serait rendu invivable. Nous cheminerons pour observer l’habitat de la faune et de la flore qui serait rasé en cas de construction de cette autoroute.

Cette marche permettra la rencontre entre habitant-e-s des villes et des campagnes, dont les vies semblent si différentes et que la gestion de nos dirigeant-e-s oppose : la campagne n’est plus qu’un moyen de la circulation, vers une ville qui n’est plus qu’un moyen du développement économique. Les rencontres à venir permettront de bâtir la résistance et de partager les colères de lieux méprisés, car lorsque les autorités (publiques comme privées) les considèrent, c’est par pur utilitarisme. Nous marcherons donc sans penser aux résultats des législatives, aux remaniements ministériels, ou à l’avis du conseil d’État.

Nous marcherons contre l’A45 car nos villes ne sont pas auto-suffisantes : elles dépendent de leur environnement rural, ne serait-ce que pour le maraîchage ou pour l’eau. Nous marcherons pour que Saint-Étienne ne devienne pas la cité-dortoir, le satellite pavillonnaire de Lyon. Pour qu’elle demeure une ville certes pauvre, mais fière et accueillante ; et que ni le coût de la vie, ni les loyers ne s’y renchérissent, nous chassant. Tout ceci à cause de la concurrence entre consommateurs ou de la course au prestige métropolitain…

Nous marcherons, dans de grands éclats de rire, puisque l’État et les collectivités locales ont décidé de dépenser 845 millions d’euros au bénéfice du concessionnaire Vinci, tout en prêchant l’austérité en ce qui concerne nos besoins fondamentaux. Nous marcherons contre le chantage à l’emploi dégradant auquel tout ceux-ci se livrent : ne nous font envie ni les déplacements pendulaires interminables, ni de dépenser notre S.M.I.C. en carburant, ni les contrats précaires dans les travaux publics pour la durée du chantier, ni les horaires décalés dans la logistique, ni de gâcher nos journées dans une cabine de péage… Du travail, il y en a partout autour de nous : quand la moitié du pays est au chômage, l’autre est surmenée.

Ce dont nous risquons d’être privé-e-s aujourd’hui, c’est de tous ces différents lieux où nous vivons et qui sont la seule chose que nous possédons.




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