Avril 19, 2022
Par Expansive
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Le 12 avril dernier, Marie est assassinĂ©e par son mari Ă  Villejean, le 36e fĂ©minicide de l’annĂ©e.

Pour honorer sa mĂ©moire et soutenir ses proches : Le collectif KunĂ© organise une Marche Blanche samedi 23 avril Ă  17h. Rendez-vous sur la dalle Kennedy.

Vous pouvez venir avec une bougie, un lampion, pour commémorer Marie et faire briller notre solidarité.

On y chantera aussi cette chanson : https://youtu.be/__fr_wzj_Dk

Un·e de touché·e, toustes concerné·es.

Plus d’infos sur FB : https://fb.me/e/1KbdYJJl5

Le communiquĂ© de KunĂ© :

Assassinat de Marie. Combien de meurtres faudra-t-il pour que ça bouge Ă  Rennes ?

Depuis le mardi 12 avril la France compte un fĂ©minicide de plus.

Cette fois c’est Ă  Rennes et c’est Ă  Villejean. Cette fois c’est une amie. Elle s’appelait Marie, elle faisait partie du deuxiĂšme cercle de KunĂ©, le collectif des femmes de Villejean et venait de temps en temps avec ses enfants Ă©changer avec nous lors de nos actions, trouver un peu de chaleur et de joie auprĂšs de femmes dont elle se sentait proche.

Mardi elle a été étranglée par son mari devant ses enfants.

Depuis longtemps, avec les organisations fĂ©ministes rennaises, nous demandons Ă  ce que s’ouvre Ă  Rennes une Maison de la Femme capable de rĂ©pondre trĂšs exactement Ă  ce type de situation.

Chaque fois, au mois de novembre, lors de la manifestation nationale contre les violences faites aux femmes, des milliers de manifestant.e.s exigent qu’on apporte enfin une rĂ©ponse sĂ©rieuse Ă  ce flĂ©au social qui touche toutes les milieux et toutes les gĂ©nĂ©rations sans exceptions. Que les engagements des pouvoirs publics soient tenus et honorĂ©s, crĂ©dibles et Ă  la hauteur des besoins. Rien ne bouge.

Pourtant nous savons parfaitement ce qu’il faudrait faire pour ĂȘtre exemplaire et rĂ©pondre Ă  cette pathologie patriarcale. Être exemplaire signifie notamment proposer des places d’hĂ©bergement sĂ©curisĂ© dont on sait qu’elles manquent gravement aujourd’hui. C’est offrir, pour les femmes qui le souhaitent, des hĂ©bergements groupĂ©s afin de permettre l’échange et la libĂ©ration de la parole entre celles qui ont vĂ©cu le mĂȘme enfer.

C’est aussi fournir les moyens d’un suivi sur le long terme des femmes et de leurs enfants qui vont vivre avec ces traumatismes pendant des annĂ©es.

C’est faire un portage professionnel sur le long terme permettant de retrouver une assise Ă©conomique et surtout une estime de soi.

C’est tout autant permettre aux femmes d’origine Ă©trangĂšre de confier leur souffrance Ă  des professionnelles issues du mĂȘme univers culturel.

C’est, en somme, ĂȘtre innovant.e.s dans notre maniĂšre de faire sociĂ©tĂ© dans notre refus de la barbarie archaĂŻque des violences conjugales.

La question qui est Ă  prĂ©sent posĂ©e est de savoir combien il faudra encore d’assassinats, de violences rĂ©guliĂšres ou ponctuelles, d’enfants traumatisĂ©s pour le restant de leur vie pour que l’ensemble des partenaires, avec au centre les associations qui dĂ©tiennent les connaissances incontestables, se mettent autour de la table pour dĂ©finir Ă  partir d’une page blanche les besoins, les moyens et une vraie stratĂ©gie pour que de telles situations ne surviennent plus jamais.

Nous n’oublierons jamais Marie, notre amie, notre sƓur.

Nous ne lĂącherons jamais sur la crĂ©ation d’une structure d’accueil sur Rennes.

A bas le patriarcat.

RĂ©gine Komokoli.

COLLECTIF KUNÉ




Source: Expansive.info