Hommage à Sabri

La famille et les proches de Sabri, décédé dimanche 17 mai après avoir été percuté par la police, organisent une marche blanche en hommage à leur fils, leur « petit frère » à travers un communiqué à diffuser massivement.

« Hommage à Sabri jeune homme à peine âgé de 18 ans qui va mourir ce dimanche 17 mai à Argenteuil. Sabri sur sa moto va croiser le chemin de la police (la BAC) et va mourir à 18 ans.

Aujourd’hui sa famille décide de se battre pour avoir Justice.

Une cagnotte est disponible en soutien pour les frais judiciaires : https://www.leetchi.com/c/pour-sabri-notre-loulou

Nous sommes tous Sabri  »

Tous et toutes à la marche blanche pour Sabri (autorisé par la pref) !

Nous ferons respecter les gestes barrières. Des masques seront distribués mais venez avec le vôtre si vous avez, on aura du gel.

La marche débutera dans le Cité Champagne jusqu’à Bérionne – 1 rue du Bordelais, 95100 Argenteuil à 16h00

Que s’est-il passé pour que Sabri perde la vie ?

Dimanche 17 mai matin, un homme de 18 ans, Sabri, trouve la mort au volant de sa moto dans le secteur de la butte des Châtaigniers. Comme d’habitude la version policière prétend qu’il s’agit d’un malheureux accident : Sabri se serait tué tout seul, il aurait perdu le contrôle de sa moto avant de percuter un poteau électrique.

Mais plusieurs témoins et habitants d’Argenteuil racontent une version bien différente, mettant en cause une voiture de la BAC qui se trouvait à proximité. L’un d’eux a affirmé à l’AFP que « le pare-choc de la voiture de la police a été percuté ». « On lui a fait peur, c’est pour ça qu’il est monté sur le trottoir, on lui a barré la route », selon Abou, qui se trouvait alors plus bas dans la rue. D’autres habitants rencontrés par l’AFP accusaient eux aussi la police d’être responsable de l’accident. Pour Idriss Camara, médiateur dans la ville d’Argenteuil, le jeune homme « était un conducteur aguerri » et n’aurait pas perdu le contrôle de sa moto sans y être contraint.

La nuit dernière des émeutes ont éclaté peu avant minuit à Argenteuil. Les policiers, déployés en nombre, ont essuyé des tirs de mortiers. Des poubelles ont été incendiées, des abribus détruits et des barricades enflammées sur la route. Les FDO, appuyées par un hélicoptère, ont répliqué avec du gaz lacrymogène.

Cet épisode fait écho aux émeutes qui avaient éclaté fin avril suite à des violences policières à Villeneuve-la-Garenne et dans la banlieue de Toulouse. Il nous rappelle que la jeunesse des quartiers populaires se retrouve, davantage encore qu’en temps normal, exposée à la répression du fait de la mise en oeuvre de l’état d’urgence sanitaire. Face à l’impunité policière, la solidarité et la révolte sont ses premières armes.

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Article publié le 21 Mai 2020 sur Paris-luttes.info