Juin 11, 2021
Par Autre Futur
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Durruti avait ouvert les portes… il le fallait. AnnĂ©e 90, fin de siĂšcle, sans papiers, chĂŽmeurs… Une bande de musiciens, de musiciennes et bien sĂ»r Violeta, Diego [1] et François, sens de toutes les sentes … le studio et la rue font bon mĂ©nage. Spectateurs actifs, expectatifs acteurs : “Étrangers, ne nous laissez pas seuls avec les Français” dit un tract de FrĂ©dĂ©ric Goldbronn et Jean-Louis Comolli. Beaucoup de rencontres…
Parmi elles, Marc Tomsin, silhouette marquante, prĂ©sence inaccoutumĂ©e, intrigante, tellement vive. Vive les correcteurs, vive le Chiapas ! Marc Tomsin, alors, c’est dĂ©jĂ  toute une histoire. ComitĂ© Vietnam en 1967, ComitĂ©s d’action lycĂ©ens et JAC (Jeunesse anarchiste communiste) en 1968 etc. La lecture de Raoul Vaneigem l’inspire. AmitiĂ© durable. Mille autres activitĂ©s, incessantes, d’intelligence active. Barcelone, 1977, il rencontre Abel Paz, naissance d’une autre amitiĂ©. En 1985, avec AgnĂšs Soyaux, il fonde les Ă©ditions Ludd : Les Vagabonds n’ont pas perdu le goĂ»t de la chose chantĂ©e de Carlos Semprun Maura, Journal d’un chien de Oskar Panizza, Thomas Munzer ou la Guerre des paysans de Maurice Pianzola, l’indispensable GrĂšve des Ă©lecteurs d’Octave Mirbeau ou encore, entre autres, BanalitĂ©s de base de Raoul Vaneigem. La suite dans les idĂ©es. Ne jamais oublier les luddites combattant le travail mĂ©canique il y a deux siĂšcles (ou devrions-nous dire : depuis deux siĂšcles ?). Marc Tomsin participe Ă  la fondation du ComitĂ© de solidaritĂ© avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL) en janvier 1995. PoĂ©sie constante, arme vĂ©ritable, imbattable. Se dĂ©fendre et savoir lire. Partager.
Marc Tomsin, regard d’oiseau, scrute tous les recoins du lointain en apprĂ©hendant l’immĂ©diat, dĂ©gaine panachĂ©e, Ă©lĂ©gance avivĂ©e. On se rencontre de loin en loin, de loin en prĂšs, telle manifestation, tel salon du Livre Libertaire. Qui a rendu visite aux Mayas, Tseltal ouTzotzil de nos jours, nos beaux jours, l’aura aussi vu lĂ -bas. Le 28 mai 2009, salut Ă  Abel Paz qui vient de disparaĂźtre ; Violeta Ferrer dit “Le Pirate”, FrĂ©dĂ©ric Goldbronn projette son film Diego et Marc Tomsin lit l’adieu de Valeria Giacomoni [2]. Ombre habile et gĂ©nĂ©reuse.
En 2007, il fonde une nouvelle maison d’Édition : Rue des Cascades. Aussi humaine que le film du mĂȘme titre de Maurice Delbez. Guiomar Rovira, MĂ©tie Navajo, Sous Commandant Marcos, Georges Bataille, Georges Lapierre, AlĂšssi Dell’Umbria, et Abel Paz bien sĂ»r. Des Livres de la jungle Ă  La voix du Jaguar, incessants complĂ©ments.
Ces derniers temps il rĂ©sidait Ă  Exarchia. Logique ! En CrĂȘte, le 8 juin dernier, Marc Tomsin soudain disparaĂźt. Depuis ThĂ©sĂ©e, on ne croyait pas ça possible.
Une vie de cascades pour nous autres.

Source : nato-glob.blogspot.com




Source: Autrefutur.net