Décembre 14, 2020
Par ZEKA
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Une soixantaine de mobilisations contre la proposition de loi « Sécurité globale »  ont rythmé cette fin de semaine dans tout l’Hexagone. Au moins 60 000 personnes ont marché ce samedi 12 décembre. Plus de 150 villes, des métropoles jusqu’aux localités plus modestes, ont déjà connu au moins un rassemblement depuis le 28 novembre. Nous nous en félicitons.

Toutefois, comme nous le redoutions, la manifestation parisienne, bien que dûment déclarée par un collectif d’organisations et autorisée par la préfecture de police, s’est transformée en un véritable carnage répressif.

Tout le monde déteste (toujours plus) la Police !

Nombre d’observateurs ont constaté ce samedi 12 décembre dans la capitale la dérive totalitaire liée à un déploiement policier et militaire brutalisant et attentatoire au droit de manifester : interpellations en masse, charges infondées faisant éclater le cortège, violences policières, retenues sans motif légitime au-delà du délai légal, gardes à vue notifiées à la chaîne sur la base d’infractions pénales dévoyées et falsifiées, refus de contacter l’avocat désigné par les gardés à vue, etc.

La très très grande majorité des personnes interpellées hier sont ressorties sans aucune charge contre elles. Derrière ces privations de liberté arbitraires, derrière les mensonges du factieux Gérald Darmanin, une volonté politique : détruire le mouvement social par la terreur.

Une fois encore, manifestant·es, artistes et journalistes ont été pris pour cibles. Le pouvoir exécutif a donné à voir sa détermination à mater toute contestation. À Lyon, à Caen et dans plusieurs autres villes, des exactions semblables ont été relevées.

Ne nous y trompons pas : le total des interpellations mis à jour en direct sur le compte Twitter du ministre de l’Intérieur dissimule des procédures arbitraires. Les témoignages affluent et concordent en ce sens. Le récit gouvernemental repose sur des chiffres artificiellement gonflés.  Cette manipulation a déjà été employée, en 2016 contre la loi El Khomri, le 1er mai 2018 ou pendant le mouvement des Gilets jaunes.

Le pouvoir cherche à nous décourager, mais il n’y parviendra pas !

L’offensive contre nos libertés fondamentales se poursuit. Les trois décrets du 2 décembre 2020 élargissant les possibilités de fichage des militants et de leur entourage jusqu’aux enfants mineurs ainsi que de leur santé, de leurs opinions ou de leurs activités sur les réseaux sociaux seront contestés en justice. La loi dite « Séparatisme » représente un autre coin enfoncé contre les libertés.

Nul ne peut plus nier l’évidence. Nous glissons lentement mais sûrement vers un régime autoritaire, un État illibéral, un État policier et fasciste. Moins les politiques de ce gouvernement apparaissent comme légitimes, plus celui-ci utilise la répression et l’étouffement des libertés pour les imposer.

Pour que nos futures manifestations ne ressemblent jamais à ça :

Vidéosurveillance partout et interdiction de filmer la police

Soyons dans les rues ! Mettons en insécurité globale l’État !

Et affichons partout les 388 députés de la honte qui se floutent de notre gueule.

Vive la résistance ! À bas le Macronistan, le technocapitalisme et l’État policier !

Notes & références

  1. Lien vers un décryptage de cette loi par l’association de défenses des droits et libertés sur internet La Quadrature du net []
  2. Lire l’enquête de Mediapart : Gérald Darmanin a maquillé les chiffres des interpellations lors de la manifestation à Paris ou télécharger l’article en PDF. []
  3. Ne tombez pas dans la Google du loup ! Pour un lien Nextcloud, vous pouvez nous en faire la demande ici []



Source: Zeka.noblogs.org