Septembre 29, 2017
Par Zone À DĂ©fendre
40 visites


DÉTRUISONS D’URGENCE TOUS LES ÉTATS !

APPEL À LA MOBILISATION DU 07 OCTOBRE 2017 CONTRE L’ÉTAT D’URGENCE ET LE PROJET DE LOI DE « PROTECTION DE LA NATION »

Il est inutile de rappeler à nouveau la détérioration de notre liberté depuis l’instauration de l’État d’urgence en France, la moindre restriction de notre liberté a toujours été intolérable. Il est utile de nous souvenir que c’est pour réprimer la liberté des algériens en lutte que la Ve république a d’abord décrété l’État d’urgence, mais en vain : l’Algérie n’est plus la France.

Quand le F.I.S y remporta les élections, la France usa de son reste d’influence post-coloniale pour l’empêcher de prendre le pouvoir, prétextant une dérive totalitaire islamique à l’iranienne, alors que c’était par peur de payer plus cher le gaz importé depuis l’ancienne colonie. En réponse, le G.I.A organisa des attentats qui furent prétexte au premier« plan vigipirate ».

C’est une chance que les poissons de Mururoa n’appliquent pas la même loi du talion cette année là, quand la France organisa 19 attentats à la bombe nucléaire dans le pacifique, simplement pour démontrer sa puissance de feu au monde entier.
Au niveau de la politique intérieure, Charles Pasqua, le nostalgique de l’Algérie française fondateur du S.A.C, relais de l’ O.A.S, avait déjà fondé depuis peu la B.A.C en tant que ministre, ce qui lui permit de poursuivre légalement son œuvre en combattant « l’ennemi intérieur » : en priorité les jeunes issus de l’immigration post-coloniale. Et enfin, il y eut le 11 septembre… et à nouveau des lois anti-terroristes, des guerres impérialistes,des populations arrachées à leur sol et refoulées à nos frontières. Combien de seringues d’héroïne devons nous encore nous injecter pour financer la pacification de l’Afghanistan ?

En 2009 la France rejoint officiellement l’OTAN pour couvrir sa politique néo-coloniale, mais le contact avait été établit dès 1999 pour finaliser la division ethnique de l’ex-Yougoslavie, avec les « frappes chirurgicales » sur Belgrade et leurs « dommages collatéraux ». Le printemps arabe n’était pas prévu dans la politique néo-coloniale de la France qui décida de retourner sa veste face à des dictatures qu’elle soutenait jusque là : Tunisie, Libye, Syrie… l’intervention de la France « en aide » au peuples en soulèvement s‘est surtout fait sentir par la montée de l’influence des intégristes religieux, autre prétexte à de nouvelles interventions militaires, auxquelles répondent d’autres attentats.

Qu’on ne nous parle pas de haine de l’Occident. L’Occident fait tout pour se faire haïr, ne serait-qu’en prétendant incarner les valeurs progressistes, humanistes, universelles, au nom desquelles le monde lui appartiendrait.
Daesh ou d’autres multinationales fascistes sont les armes avec lesquels nos propres régimesdémocratiques nous braquent : c’est l’État d’urgence ou la Charia, l’immoralité des capitalistes ou l’ordre moral des nationalistes, l’impérialisme des démocraties occidentales ou l’alter-impérialisme des dictatures de « l’Axe du mal ».
Si nous ne comportons pas en otages, nous sommes considérés nous aussi comme « ennemis intérieurs », « anti-france », « terroristes ».

Hé bien soit, que les bourgeois nous qualifient donc ainsi, nous ne comptons pas sur leur aide.

Au contraire, nous savons qu’ils sont prêts aux plus inimaginables ignominies quand leurs intérêts sont menacés. C’est cette bourgeoisie qui monopolise la démocratie pour faire la guerre en notre nom, et qui nous envoie crever à sa place, que ce soit en Syrie ou au Bataclan.

Nous définissons comme bourgeoisie tout ce qui vit ou souhaite vivre en exploitant la force de travail d’autrui. Nous ne parlons pas d’une classe moyenne floue qui ne peut savoir si son statut relève des privilèges ou des acquis sociaux, ou des deux, et qui ne saurait donc déterminer le comportement politique des individus qui la composent.
Pour la bourgeoisie, l’État d’urgence ne fait au pire que restreindre les possibilités d’accès au pouvoir au profit de ceux qui l’ont déjà. Pour nous c’est une nouvelle hausse du niveau de violence à laquelle nous devons faire face dans la lutte de classe que nous menons.

Qui sommes nous ?
Nous sommes comme la plupart des gens des prolétaires, mais des prolétaires en lutte pour leurs intérêts de classe. Nous n’avons d’autre intérêt de classe que notre liberté, et cette liberté est totale. En tant que prolétaires nous ne disposons que de notre force de travail et nous ne comptons sur rien d’autre pour nous libérer. Le pouvoir qui consiste a utiliser la force des autres est une chimère, nous nous en passons très bien.

Que voulons nous ?
Détruire l’État et le monde du travail pour nous auto-organiser en zads, en tazs, en structures autogérées, en soviets, en conseils autonomes, différents mots issus de différentes zones géographiques, de différentes époques, et qui nous semblent potentiellement converger pour exprimer nos projets d’autonomie.
Ce n’est pas un État-nation souverain, mais notre seule force de travail, notre capacité à nous auto-organiser, qui peut nous permettre de protéger les acquis sociaux et surtout d’en avoir de meilleurs. L’État est la principale force armée, avec quelques milices privées fascisantes, qui nous empêchent de reprendre à la bourgeoisie les richesses que nous produisons et qu’elle nous vole. Sans le pouvoir exécutif, les pouvoirs législatifs et judiciaires sont impuissants. Sans forces armées
le pouvoir exécutif est impuissant, et l’État n’est plus rien. Il n’est d’autre loi que la loi du plus fort, en dictature comme en État de droit. Si nous voulons intégralement détruire la police, l’armée, ou toute autre forme de crime organisé, nous devons détruire la misère sur laquelle repose la société de classe.
La misère et le crime ne rendent pas forcément la police nécessaire, mais la rendent possible en lui donnant les moyens d’exister : sans indics, sans infiltrés au plus haut niveau, sans cette politique du renseignement, la police serait inexistante. Pour que la police soit bien organisée, il faut des criminels bien organisés, engendrés par une misère bien organisée. La police n’a donc pas pour vocation d’éradiquer la misère mais de la maintenir à un niveau supportable pour les bourgeois, pas pour les pauvres. Or la misère, c’est nous, tant que nous sommes aux ordres de la bourgeoisie, nous accomplissons nombres de ses crimes : des crimes contre l’humanité, des crimes contre la planète. Tout repose sur notre force de travail, alors prenons notre monde et notre vie en main, sans intermédiaires.

Comment nous y prendre ?
En menant joyeusement la lutte des classes jusqu’à une victoire révolutionnaire, peu importe le temps que ça prendra. Il nous faut le temps d’analyser les situations actuelles pour en imaginer le futur et nous auto-organiser en fonction de nos conclusions. L’heure de notre victoire est imprévisible, donc la confrontation qui la précède est permanente : si des conditions objectives et subjectives permettaient une victoire révolutionnaire, elle serait prévisible, nos adversaires pourraient alors s’y attendre et prendre le temps de s’organiser pour nous infliger une nouvelle défaite.
Nous n’avons donc aucune instruction à donner sur les moyens de parvenir à nos fins, ce serait une erreur stratégique : nous adorons faire des surprises ! La bourgeoisie s’inquiète de la possible violence populaire à la moindre chemise de cadre arrachée, et voudrait s’assurer que nous sommes non-violents pour pouvoir négocier. Or, nous n’avons aucun intérêt à négocier. Nous souhaitons le moins de violence possible, mais cette question ne concerne que la bourgeoisie car c’est sa soif de sang qui en détermine le niveau dans la confrontation.

Nous n’avons soif que de liberté. Pourquoi tramons-nous tout cela ?

Parce que tel est notre bon plaisir. Cette formule est celle des rois qui justifiaient par leur « bon plaisir » l’oppression qu’il nous faisaient subir. Aujourd’hui nos démocrates invoquent la crise économique pour nous imposer leur plans d’austérité, le risque terroriste pour nous imposer l’État d’urgence, notre propre misère affective pour nous imposer l’ordre moral, et nous dissuader ainsi de toute résistance. Nos exploiteurs nous dominent grâce à la misère et au terrorisme, jamais il ne chercheront à les éradiquer, ils en vivent. Nous pourrions donc à notre tour invoquer la légitimité de notre survie, de celle de la planète, mais nous n’avons pas à nous justifier. Nous voulons détruire le vieux monde parce que notre bon plaisir
est de jouir sur une planète sans guerre, sans misère (qu’elle soit économique, intellectuelle ou affective) et sans pollution.
Nous savons que nous en avons le pouvoir car nous connaissons notre force de travail : puisque dans ce monde nous avons tout fait, tout construit, nous pouvons tout défaire et tout détruire pour vivre selon notre bon plaisir.

NOTRE MOBILISATION EST PERMANENTE, QUE LA DATE DU 7 OCTOBRE SOIT
L’OCCASION POUR NOUS D’INFLIGER DE NOUVELLES BLESSURES À LA SOCIÉTÉ DE CLASSES, PUISSE AU MOINS L’UNE D’ENTRE ELLES ÊTRE MORTELLE !




Source: