Novembre 10, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
238 views


Manifesten est un café-librairie associatif installé rue Thiers, dans le 1er arrondissement marseillais.

À quelques encablures de la Plaine, place populaire vitrifiée par une opération de requalification, le lieu se veut depuis presque cinq ans un espace de vie autant que de luttes. On y multiplie les rencontres, les projections et les réunions, formelles ou informelles, politiques ou pas. On y organise des petits déj’, des cours de français langue étrangère (FLE) pour les femmes. On y a monté des cantines pendant le premier confinement, pour distribuer des repas aux gens en galère. On y met en avant des livres politiques et engagés, écrits par des auteur(e)s qui naviguent sur une vision du monde correspondant à la nôtre – antifasciste, antiraciste, féministe, solidaire, autogestionnaire. On y tient une librairie militante de 1 200 titres, inaugurée en novembre 2016, avec 53 éditeurs indépendants d’un peu partout en France. On y parle, on y débat, on y boit, on y trace des plans sur la comète. Surtout, on essaye d’être accueillants pour tout le monde, avec l’idée de ne pas être dans des logiques de « milieu » mais d’offrir un espace où tout le monde peut se poser sans être emmerdés.

Bientôt cinq ans qu’on tient ce cap, souvent joyeusement, parce qu’on est convaincus que notre quartier a besoin d’endroits qui résistent à la grande métamorphose des villes en temps de gentrification et proposent des espaces qui ne soient dédiés ni au fric ni à l’ordre public. 1 600 adhérents à l’asso New Al Dante, gestionnaire de Manifesten, nous ont renforcés dans cette conviction en participant à 500 soirées organisées avec des auteurs, des réalisateurs, des militants et des collectifs. On est une quinzaine à mener ce combat, sans chef.fe ni salarié.e, se serrant les coudes en temps de tempête.

Contre le désert urbain, racheter les murs

Récemment nous avons appris que la vente à la découpe de l’immeuble où l’on est installé, 59 rue Thiers, avait connu un coup d’accélérateur. Notre bail expirant en mars 2022, on a pris la décision de racheter les lieux plutôt que de se voir éjecté et remplacé à court terme par un concept store et un logement Airbnb !

Nous avons un mois pour réunir la somme en tant que locataire prioritaire pour signer un compromis de vente et ainsi annuler la vente auprès de l’investisseur.

Mais attention, il ne s’agit pas pour nous d’accéder à la propriété. L’idée de base, c’est de faire en sorte que le lieu soit invendable (clause d’incessibilité), avec l’obsession de maintenir un lieu ouvert sur le quartier et son versant encore populaire, en le sortant de la spéculation en cours sur les environs. Cette question sera formalisée dans nos statuts, pour que le collectif, les prix pas chers et la lutte demeurent.

Où ira l’argent ?

Concrètement, ça représente la somme de 190000euros (frais de notaire compris), pour un grand espace d’une centaine de mètres carrés (le rez-de-chaussée) et un appart en demi étage (86 m2) qu’on utilise pour des réunions ou pour loger des camarades. C’est une somme, oui. Mais dans le contexte actuel et avec la grande essoreuse gentrificatrice s’abattant sur le quartier, il est d’autant plus nécessaire de reprendre un lieu de lutte qui demeurera collectif. L’enjeu dépasse largement notre petite équipe, et c’est bien ce qui nous motive.

C’est l’association New Al Dante qui deviendra propriétaire. Elle garantit l’usage collectif ad vitam aeternam du lieu. Les membres de New Al Dante sont les associations Manifesten et une fédération nationale faisant office de veille. Cette dernière, née il y a 10 ans sur le modèle du MiethäuserSyndikat en Allemagne, réunit des personnes autour de l’achat de lieux en collectif, cherchant une alternative au système de propriété privée. Grâce à elle, toute dérive liée à des spéculations financières individuelles est écartée. Le bâtiment sort du marché immobilier.

En cas de départ du collectif Manifesten, nos statuts nous engagent à trouver un autre collectif d’habitants pour l’usage du lieu.

L’association en a l’usage et ses membres le gèrent collectivement et en accord avec ses statuts. Dans le cas où l’association Manifesten péricliterait, New Al Dante et Le Clip s’engagent à trouver un autre collectif pour l’usage du lieu.

Pour rester ouvert, poing levé, dans notre quartier

Pour que Manifesten continue à lever le poing, on a besoin de thunes, et bien entendu, hors de question de passer par les banques, aussi ce sera uniquement sous forme :

  • de dons (avec abattement d’impôt)
  • ou de prêts, de vous à nous.

Pour les prêts , on a décidé de démarrer à 300 euros afin de permettre au plus grand nombre d’apporter sa contribution avec l’assurance de bénéficier d’un échéancier de remboursement adapté. En vitesse de croisière, Manifesten dégage 1 000 euros de loyer chaque mois, soit 12 000 euros par an. Large- ment de quoi rembourser ceux et celles pour qui ça urge le plus dès la première année et la totalité sur environ douze ans en comptant les dons actés et futurs. Car oui, certains d’entre nous, rejoints par quelques primo-soutiens, ont déjà mis la main au porte-monnaie : on a donc besoin de « seulement » 95 000 euros pour signer un compromis de vente d’ici un mois. Une paille quoi. En contrepartie, on vous offre la gratitude éternelle, une bonne adresse de vin nature et la certitude que le lieu échappera aux griffes des spéculateurs.

  • Pour les dons, nous délivrons des reçus fiscaux en bonne et due forme.
  • Pour les prêts, contactez-nous à l’adresse suivante :

    [email protected] ou au 06 01 59 11 90.

Nous établissons un contrat de prêt sans intérêt et avec échéancier, prêt que nous réglerons sur simple demande de votre part.

Lien vers HelloAsso

Tinyurl.com/manifesten



Manifesten est à vendre : achetons-le !




Source: Mars-infos.org