Novembre 14, 2021
Par Paris Luttes
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Nous, militantes féministes anticarcérales, appelons à la formation d’un cortège anticarcéral au sein de la marche annuelle contre les violences sexistes et sexuelles.

Cette année, la date retenue par Nous Toutes est le 20 novembre, jour du souvenir trans. De nombreuses personnes et organisations ont demandé un report de la marche, afin de respecter l’importance de cette journée et d’y laisser la place au deuil et aux revendications des personnes trans. Malgré ces appels, Nous Toutes n’a pas déplacé sa marche. Face à ce maintien, nous faisons tout de même le choix d’investir cette marche pour s’opposer à un féminisme institutionnel. Par la constitution d’un cortège anticarcéral, nous voulons aller à l’encontre de certains discours féministes qui demandent toujours plus de répression, toujours plus de judiciarisation et toujours plus de peines de prisons. Ce discours est par exemple à l’origine de la loi contre le harcèlement de rue qui renforce et légitime la présence policière dans les quartiers populaires.

Notre féminisme est anticarcéral et nous militons pour l’abolition et non pour la réforme du système police/justice/prison. Nous affirmons que la justice et la taule sont des outils foncièrement antiféministes, racistes et classistes qui ne pourront jamais servir l’intérêt et l’émancipation des femmes. La prison est un outil d’exploitation et de domination raciste et capitaliste qui sert à contrôler et enfermer toujours les mêmes : des personnes des quartiers populaires, racisées, pauvres, travailleuses du sexe, étranger.es. Ces institutions sont aussi un outil antiféministe qui, en présentant les violences sexistes et sexuelles comme des actes isolés et en y répondant par des mesures répressives individuelles, ne remettent pas en cause ce qui fonde ces violences : le patriarcat.

Nous refusons que nos luttes féministes soient instrumentalisées par l’État pour maintenir son pouvoir et agir pour ses propres intérêts, jamais les nôtres. Il est dans son intérêt que le recours à la prison soit vu comme l’unique option et qu’un monde sans enfermement ne soit pas envisageable. Nous refusons de nous voir dépossédées de nos choix, de notre autonomie et de voir notre autodéfense criminalisée quand nous ne pouvons ou ne voulons pas nous en remettre à ces institutions. Pour autant, nous soutenons toutes les victimes de violences misogynes, transphobes et lesbophobes, qui ont eu recours ou souhaitent avoir recours au système judiciaire. Nous ne remettons pas en question les comportements individuels face à ce système puisqu’il ne permet pas d’autres réponses.

Face aux violences des hommes et de l’État, notre réponse ne pourra passer que par la lutte collective et l’autodéfense féministe. Contre le patriarcat : à bas toutes les prisons.

Lien de l’événement :

https://www.facebook.com/events/351465526755794?ref=newsfeed




Source: Paris-luttes.info