Mai 12, 2021
Par Rebellyon
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En ce weekend de fin de la la trêve hivernale, appel à une mobilisation massive pour un logement digne pour toutes et tous, sans condition, sans attendre, et pour le prolongement de la trêve !

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En 2020, il est estimé qu’au moins 300 000 hommes, femmes et enfants étaient privé·es de domicile en France. La crise sanitaire révèle les situations de précarité liées au logement, elle a accentué les difficultés d’accès au logement ainsi que les risques d’expulsions pour un nombre croissant de personnes et de familles.

De larges pans de la population, les étudiant·es, les habitant·es des quartiers populaires, les personnes exilées, les habitant·es des lieux de vie informels (squats, bidonvilles, campements), et pleins d’autres ont vu leur situation se précariser, leur isolement s’accentuer, leurs conditions de vie se détériorer. En 2020, ce sont aussi plus de cinq millions de personnes (soit 8,2 % de la population) qui vivaient dans un logement sur-occupé, ce qui induit par ailleurs une surexposition au virus. Les chiffres du chômage et le nombre de bénéficiaires du RSA ne cessent d’augmenter ; à l’inverse, la crise sanitaire n’a en rien freiné les logiques de gentrification, l’augmentation des loyers et la spéculation immobilière.

Responsabilité de l’État, l’hébergement des personnes sans abri est toujours plus saturé. En effet, à peine créées, les 20 000 places d’hébergement ouvertes lors du 1er confinement étaient déjà saturées. Fin 2020, dans le Rhône, ce sont 1 363 personnes par jour, soit jusqu’à 83% des appels, qui restent sans solution d’hébergement. Les dispositifs sont si engorgés qu’il est quasiment impossible d’accéder à un hébergement d’urgence, mais aussi à un logement plus pérenne. La crise a aussi eu pour effet de limiter les sorties de logements sociaux. En France en 2020, ce sont 100 000 attributions HLM en moins (-20%), rallongeant les délais d’attente déjà de plusieurs années. La Fondation Abbé Pierre affirme que « le logement n’apparaît pas comme une priorité de ce gouvernement, comme c’est le cas au fond depuis 2017. À tel point que les aides publiques au secteur du logement, exprimées en pourcentage de PIB, n’ont jamais été aussi basses (1,59 % du PIB) ».

Face à ces réalités, les squats et autres logements informels, apparaissent comme une alternative solidaire mais aussi temporaire et précaire ; la loi Sécurité globale criminalise encore plus les ouvertures de squats. Par ailleurs, alors que le gouvernement promettait « pas d’expulsion sans relogement » à la fin de la Trêve, beaucoup ont déjà été mis à la rue pendant la trêve prolongée. Pour les autres, ces “relogements” ont pris la forme d’hébergements collectifs et trop souvent des nuitées à l’hôtel sans accompagnement et à durée inconnue. Ces dernières sont des solutions extrêmement couteuses pour l’argent public !

Dans la métropole de Lyon, la préfecture et la nouvelle majorité se sont distinguées par une politique de non-remise à la rue des personnes hébergées pendant le confinement (partiellement respectée, avec entre autres des remises à la rue de mineur·es non-accompagné.es), ayant pour conséquence que plus personne n’entre dans les dispositifsd’hébergement. Les appels au 115 laissés sans solution sont alors passés de 800 par jour avant le déconfinement en mai 2020, à près de 1400 fin octobre. Si la situation s’est quelque peu améliorée après la gouvernance catastrophique de Collomb, la nouvelle métropole est encore très loin d’appliquer une véritable politique d’accueil et d’hospitalité dont pourtant elle se revendique. Elle oscille entre négociations et répression. Les accès à l’hébergement restent conditionnés aux situations administratives des personnes. Si un ou deux squats, dont les bâtiments sont la propriété de la métropole ont des perspectives de conventionnement, c’est bien différent pour les autres : attaques en justices et appels des décisions favorables aux squats, demandes d’expulsion, harcèlement par les bailleurs sociaux de la Métropole… Remettant ainsi en cause l’autonomie et la sécurité relative des habitant·es.

La trêve hivernale empêchant les expulsions locatives et les coupures d’énergie a été prolongée en 2020 jusqu’au 10 juillet, puis seulement jusqu’au 31 mai cette année, et des places d’hébergements ont été ouvertes pour répondre à l’urgence de la crise sanitaire. Cela nous montre bien qu’avec de la volonté, les pouvoirs publics peuvent agir et investir pour lutter contre le sans-abrisme et le mal-logement. Mais qu’adviendra-t-il après la fin de la trêve ?

Face à ces constats alarmants, à l’échelle nationale et locale, nous appelons à une mobilisation massive pour un logement digne pour toutes et tous, sans condition, sans attendre et pour le prolongement de la trêve hivernale.

MANIFESTATION SAMEDI 29 MAI

10h, Place de Francfort : Rassemblement et prises de parole

11h : départ

13h00, Place Mazagran : rassemblement et cantine solidaire


Premières signatures : 2MSG – Migrations, Minorités Sexuelles et de Genre, CEELSPS, Collectif des étudiant·es étrangèr·es de Lyon, Collectif Intersquats 69, Collectif Hébergement en danger, Collectif sans papier 69, Collectif soutiens/migrants Croix-Rousse – Collège sans Frontières Maurice Scève, FSU, INDECOSACGT, Jamais Sans Toit, Solidaires étudiant.e.s Lyon, , Solidaires, , RESF 69, Unef tacle…

Pour plus d’infos, nous contacter à : [email protected] ou sur facebook.

La CALLE – Coordination d’Actions pour le Logement Lyon et Environs

Composée de militant·es et de membres de différents collectifs réuni·es pour organiser une large mobilisation autour de l’accès au logement et contre le mal-logement.




Source: Rebellyon.info