Après deux conférences de presse, un rassemblement devant les bureaux du SPMI, de nombreuses lettres et e-mails échangés, la situation des MNA n’a pas changé. Face à cette situation urgente, le Conseil d’Etat semble ne pas mesurer la gravité de la situation dans laquelle ils ont placé ces jeunes. Pourtant, en 2018, la Conseillère d’Etat en charge du DIP, Anne Emery-Torracinta a rendu la formation obligatoire jusqu’à 18 ans pour tous les mineurs sur le territoire suisse. Apparemment, ce droit n’est pas appliqué aux jeunes MNA. Nous ne pouvons considérer cela autrement que comme une négligence envers un groupe de personnes au statut indéfini.

Les MNA, aux parcours difficiles, sont logés, dans le meilleur des cas, dans des lieux tout à fait inadéquats sans aucun encadrement socio-éducatif tandis que d’autres sont laissés à la rue. Le SPMI les force à aller tous les jours à Paidos, où ils sont vaguement occupés par des activités inutiles et infantilisantes les empêchant, par exemple, de suivre des cours de français dans des structures adaptées. Ainsi, sans trouver de solutions réelles, le responsable légal de ces jeunes, à savoir : l’état, se dédouane, temporise jusqu’à ce que ces jeunes atteignent leur majorité, âge auquel l’État pourra légalement et sans scrupules, les abandonner ou les incarcérer jusqu’au vol spécial.

À Genève, tout le monde, avec ou sans statut légal, a droit à la formation avec un accompagnement jusqu’à 25 ans du moins sur le papier. La Suisse est signataire de la Convention des Droits de l’Enfant, dont l’article 28, assure l’accès à l’enseignement pour tout mineur. Or, dans cette situation, l’État n’applique pas ses engagements. Cherchant à s’instruire et apprendre, ces jeunes demandent depuis parfois plusieurs années leur droit à choisir une formation professionnelle ou scolaire.

C’est pourquoi, à la veille de la rentrée scolaire, nous appelons à manifester pour l’application de leurs droits fondamentaux, et ce, sans discrimination.

Pour une rentrée scolaire sans frontières !

Le Collectif Lutte des MNA


Article publié le 15 Août 2019 sur Renverse.co