Février 10, 2020
Par Paris Luttes
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Ce Mardi 11 Février s’organisent dans toute la France des manifestations devant les MDPH (maisons départementales du handicap), pour demander que les mesures à mettre en place pour permettre aux personnes handicapées l’accès aux droits censés être des droits humains universels, soient considérés comme non-facultatifs.

L’État nous demande toujours plus de preuves de notre handicap et nous flique toujours plus. Pour avoir accès à l’AAH (allocations adulte handicapé) il faut être reconnu handicapé à 80% avec des critères étant le fait de ne pouvoir pas faire les actions vues comme essentielles. Parmi celles-ci, ne sont pas prises en compte les droits humains de loisir, de communication d’une opinion, de choix de vies. L’aide est de 900 euros et ne permet pas le cumul avec un emploi. Les personnes handicapées sont donc amenées par l’État à vivre dans la pauvreté toute leur vie, alors que les personnes handicapées ont des besoins plus grand pour compenser leur handicap, notamment car rien n’est mis en place pour rendre possible le déplacement, l’accès aux lieux publics …

La mise en place du revenu universel d’activité par le gouvernement actuel met en danger les personnes présentant des troubles psychiques, d’une obligation de soin alors que la psychiatrie actuelle violente plus qu’elle n’aide, dans la plupart des cas, notamment lorsqu’elle se positionne dans cette posture d’obligation et de non-écoute.

Nous avons besoin de ne plus avoir à se sentir coupable d’exister, à ne plus avoir à prouver à nouveau, encore et encore notre handicap, quand celui-ci est un handicap à vie. Nous avons besoin que les démarches ne soient plus aussi obscures et permettent l’accès facile aux besoins médicaux, sociaux et financiers. Nous avons besoin que le système soit centré sur nos droits et le fait de mettre en place ce qu’il faut pour que nous y accédions. Et ces droits recouvrent tous les droits humains. Nous exigeons que ce soit la priorité. Et non pas notre accès au travail, le fait de nous rendre « normaux » aux yeux des autres (pour les problèmes psychiques par exemple), ou le fait de nous « soigner » comme si notre vie ne valait pas la peine d’être vécue. Nous voulons pouvoir vivre avec notre handicap dans les meilleures conditions possibles. Dans des conditions décentes, sans ces bâtons dans les roues.

Nous voulons que nos volontés soient mises au centre des réflexions, pas les conceptions extérieures sur nos besoins.

L’État est responsable de notre handicap, car il considère que l’adaptation de la société à nos besoins est facultatif, et que l’accès aux possibilités communes est facultatif. Il est aussi responsable par des politiques comme la perte de l’AAH en fonction des revenus du conjoint. En effet, cette allocation permet de répondre aux besoins de la personne. Si la personne ne peut pas travailler l’AAH doit lui revenir en droit pour permettre son autonomie. Nous sommes très vulnérables face à des partenaires si nous n’avons plus aucune autonomie financière. Et 4 femmes handicapées sur 5 sont victimes de violences.

L’accès à nos droit ne doit pas être présenté par l’État comme une faveur accordée, ce n’est pas facultatif. Les mesures à mettre en place pour que tout être humain puisse avoir accès à ses droit inclus le fait de ne pas nous empêcher cet accès ou le rendre optionnel. Mais aussi d’étendre la définition du handicap. Car pouvoir manger seul, ou prendre sa douche ne suffit pas à ne pas être très fortement handicapé, et ne pas avoir accès à ses droits sans une aide compensatoire.

Le handicap n’est pas vu comme quelque chose à prendre en charge collectivement en tant que société, mais ramené à l’État à quelque chose de la sphère privée, à gérer familialement. Cela peut être un poids considérable sur le parcours des aidants. Mais surtout, cela empêche l’accès à une aide assez développée et assez conséquente pour les personnes handicapées, et donc à un impossible accès à leurs droits humains. Nous devons repenser le soin en terme d’accès aux droits humains. Et ce que fait l’État met les personnes handicapées à l’écart de ces droits, mais même en danger.

Venez nombreux.ses pour lutter pour la reconnaissance du droit des personnes handicapées à accéder aux droits universels humains et pour lutter contre l’État qui l’empêche. Et pour construire ce mouvement dans la continuité.




Source: Paris-luttes.info