Mai 4, 2021
Par Rennes Info
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Nous demandons l’annulation de nos contraventions

Le 30 mai 2020, le collectif inter-organisation de soutien aux personnes exilĂ©es avait dĂ©cidĂ© d’une manifestation en faveur du logement inconditionnel pour tous et toutes, en rĂ©ponse Ă  l’appel de la marche des SolidaritĂ©s qui organisait sa propre manifestation Ă  Paris. Celle-ci avait Ă©tĂ© interdite Ă  Paris mais cela n’avait pas empĂȘchĂ© des milliers de personnes exilĂ©es de s’emparer leur droit Ă  manifester. À Rennes, la prĂ©fecture n’avait donnĂ© aucune rĂ©ponse Ă  notre dĂ©pĂŽt de manifestation. Ni autorisĂ©e ni interdite, les militant.e.s avec ou sans papiers avaient donc choisi de manifester en respectant scrupuleusement le protocole sanitaire en vigueur. Des groupes de 10 personnes masquĂ©es dissĂ©minĂ©s tout le long du parcours ont assurĂ© le respect des conditions fixĂ©es nationalement par l’état d’urgence sanitaire.


Une répression policiÚre totalement arbitraire

Or, dĂšs que les manifestant.es ont commencĂ© Ă  dĂ©filer, des contrĂŽles systĂ©matiques ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©s par les forces de l’ordre. Pas moins de 42 contrĂŽles d’identitĂ© seront effectuĂ©s en l’espace de 30 minutes. Beaucoup des contrĂŽlĂ©.es dĂ©noncent le manque de distanciation physique et de masque de la part des forces de l’ordre. L’impression gĂ©nĂ©rale fut celle d’un piĂšge tendu pour rĂ©primer. Entre 10 et 20 jours plus tard, 35 personnes ont reçu une contravention de 135 euros pour le motif de « rassemblement interdit dans une circonscription territoriale Â». Le collectif inter-organisation des personnes exilĂ©es Ă  Rennes condamne l’attitude dĂ©loyale de la prĂ©fecture qui a Ă©tĂ© incapable d’autoriser ou d’interdire la manifestation dans les temps, remplaçant son atermoiement par un traquenard en vue de multiplier les contraventions. S’il s’agissait de dĂ©courager les manifestant.es, nous certifions que les contrevenant.es contestent leur contravention et attendent le procĂšs devant le Tribunal de police afin de dĂ©noncer les conditions d’entrave Ă  la libertĂ© de manifester. Nous accusons la prĂ©fecture d’avoir interprĂ©tĂ© les dĂ©crets du 10 mai de maniĂšre dĂ©loyale et totalement arbitraire, en instrumentalisant l’urgence sanitaire pour interdire, dans les faits, toute manifestation. Les forces de l’ordre n’avaient, aucune autre consigne que de verbaliser, ne sachant pas si la manifestation Ă©tait interdite ou non, refusant de dĂ©signer le gradĂ© en vue de comprendre la situation confuse. Le dĂ©confinement mis en place Ă  compter du 11 mai avait levĂ© bon nombre d’interdits. Mais, seules les libertĂ©s fondamentales restaient confinĂ©es : les rassemblements de plus de 10 personnes demeuraient interdits alors mĂȘme que nous constations tou.te.s qu’il Ă©tait possible de s’entasser dans les transports en commun ou les centres commerciaux. Les rassemblements de petites tailles jusqu’à dix personnes Ă©taient pourtant autorisĂ©s, ce qui Ă©tait prĂ©cisĂ©ment le protocole mis en place lors de notre manifestation. Il s’agit donc bien d’une rĂ©pression politique.

Quelques soient les circonstances, la dĂ©mocratie ne doit pas ĂȘtre confinĂ©e !

Or, le Conseil d’État nous a donnĂ© raison par deux fois. Le 13 juin, il avait suspendu l’interdiction gĂ©nĂ©rale et absolue de manifester qui dĂ©coulait du dĂ©cret du 31 mai interdisant les rassemblements de plus de dix personnes. Le 6 juillet, saisi par plusieurs organisations syndicales et associations, le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s avait estimĂ© que l’obligation d’obtenir une autorisation avant d’organiser une manifestation sur la voie publique portait une atteinte disproportionnĂ©e Ă  la libertĂ© de manifester. Le 30 mai dernier, les personnes exilĂ©.es ont Ă©tĂ© les premiĂšres Ă  manifester massivement sur la voie publique pour dĂ©noncer l’oubli, l’indiffĂ©rence et l’insĂ©curitĂ© sanitaire dans lesquels ils et elles Ă©taient plongĂ©.es ainsi que pour exiger la rĂ©gularisation de tous les Sans-papiers. La rĂ©pression qu’ils et elles ont subi est injustifiĂ©e et intolĂ©rable. Nous ne cesserons de nous opposer Ă  toutes les lois et toutes actions contraires aux droits fondamentaux des personnes exilĂ©es, et notre opposition s’exprimera par la manifestation sur la voie publique, libertĂ© dĂ©mocratique hĂ©las bafouĂ©e par le gouvernement actuel.

DĂ©sormais, la majoritĂ© en place organise une entreprise de dĂ©molition des libertĂ©s publiques fondamentales, Ă  travers la multiplication de dĂ©crets et de lois liberticides comme la Loi SĂ©curitĂ© Globale. Sourd aux mises en garde des organisations internationales, aveugle aux principes fondamentaux de la RĂ©publique, le gouvernement n’a de cesse d’ĂȘtre dans la surenchĂšre rĂ©pressive. Tant que ces textes liberticides ne seront pas abandonnĂ©s, nous dĂ©fendrons sans relĂąche nos libertĂ©s !

Le collectif des amendé.e .s du 30 mai

Le Collectif inter-organisation de soutien aux personnes exilées

Lundi 10 mai, Ă  partir de 13h30, devant la CitĂ© Judiciaire Ă  Rennes : un nouveau rassemblement de soutien est organisĂ©




Source: Rennes-info.org