Avril 21, 2016
Par Rebellyon
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Etant donné les réactions de la Nuit Debout suite à la Manif Sauvage du 20 avril à Lyon, ceux qui ont participé à ladite manifestation ont trouvé important de mettre les choses au clair à propos de ce mouvement et des différents types d’actions.

Hier soir, environ cent-cinquante personnes ont pris l’initiative de partir en manifestation sauvage depuis la Nuit Debout place Guichard. Le cortège a pris la direction de l’Est, et a fait une première halte devant les locaux de la Police aux Frontières, qui ont été tagués et dégradés, ainsi qu’une voiture de fonction stationnée devant. Suite à cela, une partie des manifestants a fait demi-tour, laissant environ soixante-quinze personnes se diriger ensuite vers le Crédit Foncier se trouvant rue Servient, qui a également été tagué. Enfin, après une dernière halte à la BNP Paribas proche de la place Guichard, le cortège s’est réintégré à la Nuit Debout. Cet événement a provoqué de fortes critiques de la part de certains participants au rassemblement sur la place, qui s’est désolidarisé des actions citées. Il est important qu’un point soit fait sur ce sujet.

Nous ne nous désolidariserons pas des Nuits Debouts. Ce qu’il se passe sur la place et ce qui a eu lieu lors de la manifestation sauvage ne sont pas deux choses incompatibles. Il est indispensable que les personnes qui s’impliquent dans les discussions qui ont lieu ici comprennent que nous considérons leur engagement comme utile et remarquable. Il est tout à fait compréhensible que des personnes ne souhaitent pas risquer une arrestation ou toute autre confrontation avec la Police. Il est tout à fait compréhensible que certains ne souhaitent pas agir de la même manière que nous. Et de même que certains considèrent que nos actions discréditent le mouvement, nous considérons qu’un trop grand calme, qu’une trop grande collaboration avec les autorités ne vont faire qu’enterrer le mouvement, et surtout ne mettent pas en danger ceux que nous combattons.

Les cibles touchées la nuit dernière étaient choisies, et chacune de ces attaques était justifiée.

La Police aux Frontières, c’est celle qui s’occupe de renvoyer dans leur pays d’origine nos

camarades étudiants et sans-papiers, qui se demandent encore aujourd’hui s’ils pourront terminer les études, parfois longues, entamées en France.

Le Crédit Foncier, ce sont ceux qui orchestrent la multiplication et les taux des prêts immobiliers, ces prêts qui nous écrasent, cet échange de dizaines d’années de vies de travail contre le droit à dormir sous un toit.

Le Crédit Foncier c’est aussi la BPCE, condamnée il y a peu pour « Charges de travail excessives et non-respect des temps de repos quotidien », tout en enregistrant en même temps un bénéfice net de 3,2 milliards d’euros en 2015.

La BNP Paribas détient quant à elle et entre autres plusieurs filiales d’évasion fiscale aux iles Caïmans.

Bref, vous constaterez que ces actions n’étaient pas absentes de toute réflexion. Ce sont très largement les symboles de notre combat commun.

Nous savons très bien, que ces actes en eux-mêmes ne changeront pas les choses. Pas directement. Mais ils sont mérités, et nous font dire aussi que nous avons le droit d’être en colère, le droit d’agir et de réagir, d’être excessifs, d’être violents, car ils le sont. De plus ce ne sont après tout que des objets, qui font les frais de notre colère.

Nous devons montrer et surtout sentir que nous sommes déterminés, que nous avons une force, des mots, et que les écrire en grand sur les murs est un bon moyen de se faire entendre, pas seulement par ceux en face mais par le reste de la population, ceux qui ne sont pas là. Nous appelons chacun-e-s à se questionner sur ce rapport de force, qui s’il n’existe pas éteindra doucement ce mouvement dont nous sentons pourtant qu’il pourrait véritablement faire naître quelque chose. Aucun de nous ne s’oppose aux Nuits Debout, rien ne discréditera ce mouvement à cause de nous, les médias se chargent parfaitement de faire la distinction entre ceux qui occupent la place et les actions en marge. Mais tant que nous continuerons à ne faire que discuter, tant que nous continuerons à être complètement tolérés, c’est que nous ne serons jamais assez dangereux, et alors rien ne changera. Ils ne nous lâcherons rien, jamais, pas un centimètre carré, et s’ils le font ce sera pour récupérer à leur avantage ce que nous créons ici. La justice est contre nous et s’échine à détruire le mouvement, les médias aussi, les patrons et les politiques aussi, alors soyons ensemble, et que chaque initiative dirigée contre de mêmes ennemis soulève l’enthousiasme de tous.

Soyons solidaires, et soyons dangereux, intelligemment, chacun à sa manière.

Des militants décidés




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