Septembre 25, 2022
Par CRIC Grenoble
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Le 28 septembre est la journĂ©e mondiale du droit Ă  l’IVG (interruption volontaire de grossesse). Cette date est nĂ©e de la lutte pour l’IVG en AmĂ©rique latine et aux CaraĂŻbes, cĂ©lĂ©brĂ©e pour la premiĂšre fois en 1990. En 2011, le RĂ©seau Mondial des Femmes pour les Droits Reproductifs (WGNRR) a dĂ©clarĂ© le 28 septembre comme date mondiale pour le droit Ă  l’avortement.

Cette date s’inscrit donc dans un mouvement fĂ©ministe international et rĂ©volutionnaire pour le droit des femmes Ă  disposer de leur corps. Nos droits sont toujours mis en danger : en juin 2022, la Cour SuprĂȘme des États-Unis a rendu les Ă©tats libres d’interdire ou de restreindre sĂ©vĂšrement le droit Ă  l’avortement. Le 15 septembre 2022, la Hongrie a mis en place un dĂ©cret qui oblige les femmes voulant avorter Ă  Ă©couter le fƓtus, dans le but de les dissuader et de limiter le nombre d’IVG.

Plus globalement, partout dans le monde le droit Ă  l’IVG est attaquĂ©.

Restreindre ce droit n’a jamais diminuĂ© et ne diminuera jamais le nombre d’avortements dans le monde. Cela pousse en revanche les femmes et les personnes transmasculines* Ă  avorter loin de chez elles, ce qui reprĂ©sente un coĂ»t financier Ă©norme et Ă©carte de ce droit les femmes les plus prĂ©caires. Leur seule solution reste d’avorter clandestinement, dans des conditions dangereuses. Selon le Planning Familial, on estime qu’une femme meurt toutes les 9 minutes dans le monde suite Ă  un avortement clandestin. Dans les pays oĂč l’avortement est illĂ©gal, les femmes qui ont recours Ă  un IVG ou les mĂ©decins qui le pratiquent, se voient punies par la justice (amendes et peines de prison), ainsi que par la « justice populaire Â» par l’exclusion et l’humiliation. Pour donner quelques exemples, les peines de prison peuvent ĂȘtre de 3 annĂ©es Ă  Malte et en Égypte pour les femmes y ayant eu recours. Les femmes faisant une fausse couche sont soupçonnĂ©es d’avoir accouchĂ© clandestinement et risquent ces mĂȘmes peines alarmantes et intolĂ©rables.

En bref, dans de nombreux pays, des femmes meurent, sont emprisonnĂ©es, sont prĂ©carisĂ©es, Ă  cause des lois anti-IVG. Dans tous ces pays, des femmes se battent pour ce droit. Nous nous battons aux cĂŽtĂ©s des femmes du monde entier pour le droit Ă  disposer librement de nos corps. Quand on attaque les droits d’une femme, ce sont toutes les femmes qui sont attaquĂ©es.

SolidaritĂ© fĂ©ministe avec nos soeurs du monde entier !

Les attaques contre le droit Ă  l’IVG ne sont pas des attaques isolĂ©es. Ces politiques anti-IVG sont toujours accompagnĂ©es d’autres politiques sexistes et anti-droits LGBTI. Par exemple, en 2019, 1 an avant d’interdire quasi totalement l’avortement, la Pologne a mis en place des zones anti-LGBTI. Se battre pour l’IVG, c’est donc se battre contre les LGBTphobies, contre ces idĂ©es rĂ©actionnaires et dangereuses associĂ©es aux politiques anti-IVG, contre le pouvoir patriarcal qui impose ses lois sur nos corps et sur nos vies.

Pourquoi se mobiliser en France pour le droit Ă  l’IVG ?

  • Car nous soutenons les femmes de tous les pays.
  • Car ce droit n’est toujours pas un droit constitutionnel, rien ne nous assure qu’il ne soit pas limitĂ© ou supprimĂ© en France.
  • Car en se battant pour ce droit, nous nous inscrivons dans un combat antipatriarcal pour le droit des femmes et des LGBTI Ă  disposer librement de leur corps.
  • Car bien que lĂ©gal, les personnes les plus isolĂ©es, prĂ©caires, marginalisĂ©es ont beaucoup plus de mal Ă  avoir accĂšs Ă  l’ivg : de nombreux centres d’IVG sont fermĂ©s (plus de 130 depuis 2010), et nous manquons terriblement de moyens dans le domaine de la santĂ©.
  • Car la clause de conscience permet encore Ă  de nombreux-ses mĂ©decins de refuser de

    pratiquer un avortement,
  • Car il faut se dĂ©fendre contre les politiques rĂ©actionnaires et conservatrices de la droite et de l’extrĂȘme droite qui s’attaquent actuellement Ă  nos autres droits (PMA et mariage pour toustes, facilitĂ© de l’accĂšs aux parcours de transition.)

C’est pourquoi nous revendiquons :

- L’inscription du droit Ă  l’IVG dans la constitution ;

- La rĂ©ouverture des centres IVG ;

- La fin de la double clause de conscience pour les mĂ©decins et l’application de la

loi du dĂ©lit d’entrave Ă  l’IVG ;

- La suppression des dĂ©lais pour l’IVG (Ă©galement recommandĂ© par l’OMS)

- La possibilitĂ© aux centres de santĂ© sexuelle de pratiquer des IVG instrumentales,

y compris par des sage-femmes ;

- Un rĂ©investissement massif dans la santĂ© et les hĂŽpitaux, et les associations de

santĂ© sexuelle (notamment le Planning Familial) ;

- L’accĂšs facilitĂ© Ă  la contraception dĂ©finitive (vasectomie, ligature des trompes) ;

- L’application rĂ©elle de la loi d’éducation sexuelle dans l’Éducation Nationale (3

séances par an) afin de lutter, entre autres, contre la stigmatisation des personnes

ayant recours Ă  l’IVG ;

- Une vraie politique diplomatique Ă  l’égard des pays restreignant l’accĂšs Ă 

l’avortement.

*certaines personnes transmasculines peuvent tomber enceintes et sont donc concernées

par le droit à l’IVG




Source: Cric-grenoble.info