Quand est-ce qu’on s’amuse ?

Je m’interroge sur le mouvement contre la loi travail qui se passe à Toulouse. En lisant les textes provenant d’autres villes ou en regardant les vidéos des manifs, je ne peux que constater qu’il ne se passe rien, ou pas grand-chose ici.

Et je peux comprendre, pour le moment, le « mouvement » se résume à des AG interminables et inintéressantes et surtout à des manifs où on se fait chier ! On marche comme des moutons lobotomisés, on va là où les flics veulent qu’on aille et on se retrouve à faire des tours de grand rond bien pathétiques, comme le 17 mars par exemple. Puis on rentre chacun chez soi. Une heure après la manif, même pas, c’est comme si rien ne s’était passé, aucune trace, indice, que quelques heures avant, des milliers de personnes étaient là pour faire bouger les choses.

Ne sommes nous pas dans la rue pour dire « nik votre réforme, votre loi et votre vision dégueulasse de notre avenir » ? Alors pourquoi respecter leurs directives ?

Depuis quand les trajets des manifs sont dictés par les flics ou la CGT ? Depuis quand les manifestants sont gentils, mignons et se soumettent au pouvoir qu’ils contestent ?

On veut bloquer la gare ? On la prend ! On veut se faire entendre dans le centre ville ? On y va !

Non seulement la forme de nos manifs à Toulouse n’a rien de contestataire, mais en plus nos « revendications » sont pourries ! On se contente de demander le retrait de la loi travail, mais là, aujourd’hui, avant même l’application de cette loi, on sait qu’on est destiné à des avenirs carriéristes et insipides. La colère était là avant cette loi donc son retrait ne changera rien.

A une époque on demandait l’impossible en balançant des pavés sur les keufs, aujourd’hui on réclame un CDI à vie en chantant le dernier hit à la mode.

Les syndicats et autres bureaucrates se demandent pourquoi la « massification du mouvement » ne prend pas. Peut être parce que votre « mouvement » n’a rien de sexy, de rigolo, de créatif. Les gens viendraient sûrement s’ils sentaient que ça sert à quelque chose, c’est à dire que le quotidien change, que le pouvoir à peur. Mais des tours de grand rond ça n’a jamais fait peur à qui que ce soit !

Je vous invite donc à vous amuser, à venir en manif avec de la peinture, des paillettes, des idées, n’importe quoi qui vous permette de vous éclater. Je vous y invite déjà pour vous, pour passer une bonne journée qui change du quotidien plan-plan qui nous aliène tous les jours. Mais je vous y invite aussi parce que c’est ça qui marche, c’est l’inattendu, l’imprévisible qui fait flipper le pouvoir et le fait reculer.

PS : petit conseil aux services d’ordre : faites vous embaucher chez les keufs, au moins vous serez payer pour votre sale taf.