Juin 7, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
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Nous reproduisons ci-dessous un témoignage publié sur Facebook, ainsi que des extraits d’un article de France 3 PACA.

Une plainte devrait être déposée. La version de la police, si elle intéresse encore quelqu’un, est qu’il serait tombé tout seul alors que le policier sortait de la voiture…

Qu’une fois de plus un homme noir soit envoyé à l’hôpital par un policier est un « non-événement » selon Emmanuel Barbe, préfet de police des Bouches-du-Rhône, qui a le culot de préciser qu’une enquête est ouverte pour les « dégradations », mais pas sur les faits de violences par le policier.

Mais il n’y a pas de racisme dans la police…

Selon la presse, il y aurait eu 8 arrestations à la manif de hier soir. Contactez la legal team au 07.53.05.25.30 ou à [email protected] si vous avez des informations sur une personne arrêtée, ou si l’un·e de vos proches s’est fait arrêté·e.

Témoignage publié sur Facebook par Eléna Elvina

Marseille, “le monde d’après”. Témoignage reçu de deux jeunes amis : hier soir samedi, au Vieux-Port après la manifestation contre les violences policières, un monsieur noir d’une soixantaine d’année a été violemment agressé par un policier, qui l’a littéralement projeté contre l’angle d’une façade d’immeuble, que sa tête a violemment heurtée. L’homme s’est effondré, a perdu connaissance et les pompiers, appelés par les jeunes témoins horrifiés, ont dû l’emmener aux urgences. Ces jeunes ont filmé ce qu’ils ont pu, sous les menaces physiques et verbales des policiers qui dissimulaient l’homme à terre – la vidéo en lien, les hurlements sont ceux du fils de la victime, qui l’accompagnait. Une jeune fille qui demandait à ce policier son RIO s’est vu répondre : “T’inquiète, moi je reconnaitrai ton visage !” Sur la vidéo, on la voit appeler les pompiers.

Si vous avez des contacts avec des journalistes, des associations et des avocat. es, merci de m’envoyer en MP.

Diffusez au maximum, utilisez vos réseaux, nous recherchons cet homme et son fils.

Mettez un commentaire sous cette publication : plus elle sera commentée, plus les algorithmes de Facebook la feront apparaître dans les fils d’actualité.

Voici un des témoignages écrits des jeunes qui ont assisté à cette horreur, qu’ils vont envoyer au Procureur de Marseille parallèlement aux plaintes qu’ils vont déposer aujourd’hui.

“Après la manifestation du 6 juin contre le racisme et violences policières, en rentrant chez nous avec des amis, nous avons dû faire face malheureusement à une agression très violente d’un policier sur un homme.

Les faits : vers 22h30, place Charles de Gaulle, au coin de la rue Paradis, deux hommes de couleur noire, un père (entre 55/60 ans) et son fils (entre 25/30 ans) passent derrière une voiture de policier à l’arrêt. Le fils donne deux coups de clés légers contre la voiture de police ; à la suite de ça, le policier sort de la voiture et pousse le père de manière extrêmement violente, de toutes ses forces, le projetant contre l’angle d’un immeuble. L’homme s’effondre à terre la tête la première et s’évanouit. On commence à voir qu’il saigne énormément, on appelle donc les pompiers.

Révoltés, on accuse les policiers, mais ils ne veulent pas qu’on s’approche et nous menacent de nous gazer. Nous avons eu le droit à des remarques telles que : « Ça va on le soigne quand même », « il ne va pas mourir », « poussez-vous on va vous gazer »…etc

On décide alors de prendre le RIO des policiers afin d’aller témoigner et dénoncer ces violences horribles. Un des policiers s’approche et me dit : « vous êtes dans votre droit mais je suis aussi dans mon droit de prendre votre carte d’identité, je ne la prendrai pas, mais attention à ce que vous dites dans votre témoignage »

Vidéo Facebook

Sur France 3 on lit dans l’article Marseille : un cas de violence policière présumée signalée au procureure de la République

Un groupe d’étudiants a adressé un courrier au procureure de la République de Marseille.

Au niveau de la Place Charles de Gaule, ils croisent plusieurs véhicules de police. “Ils étaient en train de ramasser leurs affaires”, explique Jeanne*, dont nous avons recueilli le témoignage. Au même moment, deux hommes “de couleur noire”, précisent les témoins, arrivent à hauteur d’une des voitures.

Le plus jeune “agitait un trousseau de clés qui est venu légèrement heurté le coffre” du véhicule de police, expliquent-ils. Jeanne raconte qu’un des policiers est vivement sorti. “Il a pris de l’élan et a poussé de toutes ses forces le plus âgé”.

Selon plusieurs témoins, l’homme percute violemment la façade d’un immeuble. “Il est tombé et s’est évanoui. Il y avait du sang”. Lorsque Jeanne et ses amis tentent de lui venir en aide, les policiers les en auraient empêchés. “Ils nous ont menacé de nous gazer, c’était assez violent”.

Une femme explique être médecin et demande à intervenir. Les policiers l’auraient laisser s’occuper du blessé, tout en sécurisant les lieux, en attentant l’arrivée des pompiers.

Dans une courte vidéo sur Facebook, où l’on ne voit pas les faits, la situation semble extrêmement tendue. Un policier s’avance avec une bombe lacrymogène à la main, intimant l’ordre aux témoins de reculer.

Choquées par la scène Jeanne et une de ses amies décident de photographier le numéro RIO des fonctionnaires présents. Depuis 2014, policiers et gendarme sont dans l’obligation de porter bien visible sur leur uniforme ce numéro d’identification.

Les deux jeunes femmes ne parviennent à relever l’identité que d’un seul policier. L’un d’entre eux aurait pris Jeanne à partie. “Il m’a dit : vous êtes en droit de me prendre en photo, mais moi je suis en droit de prendre votre pièce d’identité. Mais je ne vais pas le faire, car vous êtes une fille”.

Le fonctionnaire se serait fait ensuite plus menaçant envers la jeune femme. “Si vous faites un témoignage qui serait faux ou modifié, attention à vous”.

La victime âgée d’une cinquantaine d’années a été prise en charge par les marins-pompiers “pour une plaie à la face suite à une chute” et transportée à l’hôpital de la Timone. L’homme serait hors de danger, selon le préfet de police Emmanuel barbe, qui a partiellement confirmé les faits.

Appliquant à la lettre le manuel de couverture des violences policières, le préfet s’est ensuite empressé de déclarer en substance que la personne agressée serait tombée toute seule après avoir attaqué la voiture de police parce qu’elle avait bu. Et il a eu le culot de préciser qu’une « enquête sera faite sur la dégradation du véhicule » mais qu’ « aucune enquête administrative”, n’a été ouverte à l’encontre des fonctionnaires. »

De Marseille à Minneapolice, Fuck the police !




Source: Mars-infos.org