Juin 7, 2019
Par Reims MĂ©dias Libres
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Au mĂ©pris des conventions et des lois relatives au droit d’asile, les pouvoirs publics maintiennent aveuglĂ©ment le cap vers des politiques mensongĂšres, inhumaines et irresponsables.


Depuis le 8 janvier, suite au dĂ©cĂšs d’une rĂ©fugiĂ©e sous une tente situĂ©e Ă  deux pas de l’armĂ©e du salut, des bĂ©nĂ©voles s’organisent afin de mettre Ă  l’abri des familles en demande d’asile. MalgrĂ© de nombreuses interpellations, la Mairie et la PrĂ©fecture restent sourdes et ressassent inlassablement la mĂȘme litanie mensongĂšre : Reims serait une “ville d’accueil”, selon le maire, mais on a dĂ©jĂ  donnĂ© , circulez y’a rien Ă  voir, le prĂ©fet prĂ©fĂšre se retrancher derriĂšre des prĂ©textes nĂ©buleux, le dispositif d’accueil serait saturĂ©, l’Etat ferait nĂ©anmoins ce qu’il peut.

L’appel d’air : ce vieil argument du pĂšre Le Pen est dĂ©sormais repris en choeur, on refuse de regarder en face la misĂšre du monde qu’on balaie d’un revers de la main gauche tout en caressant de la droite un Ă©lectorat d’autant plus facile Ă  manipuler du fait d’une politique ultra-libĂ©rale dĂ©sastreuse et propice aux populismes.

Ainsi des sommes folles sont dilapidĂ©es pour des rĂ©alisations prestigieuses, on bichonne un Centre ville, sanctuaire touristique et consumĂ©riste, on se gargarise pour zozoter des discours Ă©logieux en hommage aux humanistes d’un temps rĂ©volu, on s’étourdit devant les niaiseries de la foulĂ©e des sacres, on glorifie le kitsch chrĂ©tien d’une Jeanne d’Arc, et -parallĂšlement mais silencieusement-, on entasse les rĂ©fugiĂ©s chez les marchands de sommeil, on met en pratique des mesures indignes afin de dissuader les arrivĂ©es. On menace d’expulsion un collectif qui a osĂ© une rĂ©quisition solidaire.

Par ailleurs les dĂ©lais imposĂ©s aux demandeurs d’asile restent dĂ©mesurĂ©ment longs. AprĂšs s’ĂȘtre dĂ©clarĂ©e, en toute rĂ©gularitĂ© il y a plus d’une semaine auprĂšs du Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile (CADA), une famille n’a obtenu de rendez-vous que le 14 juin pour pouvoir simplement remplir sa demande officielle. Pendant ce laps de temps, on la rĂ©duit Ă  nĂ©ant. Elle appartient sans doute Ă  cette catĂ©gorie crĂ©Ă©e par Macron et nommĂ©e “les gens qui ne sont rien”. Du simple fait de cette appartenance, on mĂ©prise l’humain, on le met en pĂ©ril. Cette famille, Ă  la rue depuis son arrivĂ©e Ă  Reims, vient de passer une premiĂšre nuit sous une tente. Hier soir, aprĂšs l’installation d’un campement dĂ©risoire, nous Ă©tions gratifiĂ©s de quelques paroles et sourires de reconnaissance, et pourtant c’est une honte tenace et profonde que nous ressentions.

Il serait temps que les autoritĂ©s responsables voient plus loin que leurs prĂ©tentions carriĂ©ristes de petits politiciens et considĂšrent qu’il n’y a pas Ă  tergiverser en matiĂšre de droits de l’homme. Il y a une seule façon humaine d’exister et d’agir. Si des Ă©lus veulent rĂ©apprendre le sens de la fraternitĂ©, ils peuvent s’inscrire auprĂšs de nos services pour une formation accĂ©lĂ©rĂ©e.




Source: Reimsmediaslibres.info