Que se passe-t-il à la fac du Mirail à Toulouse ?

De l’extérieur, tout laisse à croire à un banal mouvement estudiantin bien que ces derniers étaient presque inexistants depuis 8 ans. Blocus, banderoles, AG spectaculaire et interminable, syndiqué.e.s tribuns et antibloqueurs réacs.

Seulement le campus n’a pas attendu la loi ORE pour s’agiter. En cause deux situations propre au Mirail. Tout d’abord le projet de fusion d’universités et écoles toulousaines (UT2, UT3, INP, INSA) contesté dès 2016 par les syndiqué.e.s ainsi que des étudiant.e.s non-encarté.e.s. Ceux-ci et celles-ci éditent leurs propres tracts, organisent banquets et projections pour tenter de dépasser le cadre d’une lutte menée uniquement de manière défensive.

Vient ensuite, sur un campus entièrement reconstruit en Partenariat Public Privé Vinci-État, l’annonce d’un projet de brasserie dans les locaux de l’université. Un resto pour riches porté par des investisseurs privés. Une occupation en réponse. « Parce que l’Université érige son mépris à la hauteur du prix des plats dont seul l’odeur nous sera accessible » écrivaient les occupant.e.s fin avril 2017. Ces deux situations deviendront des tremplins pour ce qui se joue actuellement au Mirail. Cela permit de voir dès décembre 2017 des AG à plusieurs centaines de personnes contre la fusion et la sélection, quand le mouvement prenait lentement dans les autres facs. Les tags et affichages sauvages commencent alors à faire un retour massif et réjouissant.

La décision d’occuper à nouveau était une évidence. C’est le cas dès le 8 février.

Depuis, sur un campus conçu comme asseptisé mais que certain.e.s n’hésitent pas à ironiquement qualifier de “mort” par la faute du mouvement, la vie débordre. L’arche, le bâtiment marquant l’entrée de la fac est occupée.

Un excellent lieu pour y apposer des banderoles, comme celle qui s’adresse à Gérard Collomb et sa “reconquête républicaine” de la Reynerie : « 1492, Collomb colonise, 2018, rien n’a changé ».

Un excellent lieu pour se prémunir des keufs, trois RG quittaient la fac sous les oeufs dernièrement.

Un excellent lieu où la bouffe, la chourre et la récup se partagent.

Un excellent lieu où circulent livres, brochures, films, musiques, savoirs, récits et envies de luttes entre deux parties de Tarot.

Un excellent lieu où peuvent se croiser deux ballets : celui du cours de danse répétant un spectacle pendant que les distributeurs de boissons se font dépouiller.

Un excellent lieu où viennent discuter des enseignant.e.s luttant contre l’expulsion par la PAF d’une élève de primaine, croisant ainsi un convoi de palettes servant à organiser les dortoirs.

Un excellent lieu où l’on parle de philosophie avant d’aller tagger les toilettes.

Un excellent lieu dont on ne se lasse pas de fignoler les barricades.

Un excellent lieu que personne ne compte lacher, et surtout pas sous la menace des flics !

Par Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours (IAATA),

Source: http://iaata.info/Mai-tout-commence-2490.html