Septembre 24, 2022
Par Demain Le Grand Soir
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Mahsa Amini est une jeune iranienne de 22 ans. Elle a la vie devant elle, des moments d’amitié à partager, des amours à vivre, une famille à créer et une carrière professionnelle à construire. Comme toutes les personnes de son âge, elle a la tête pleine de rêves.

Seulement, elle est une femme qui vit dans un pays où l’islamisme fait loi. Elle peut donc avoir la tête pleine de rêves… à la condition qu’elle soit recouverte d’un voile. Ce voile, créé et prescrit aux femmes par des hommes obsédés sexuels qui les considèrent comme des objets de convoitise à dissimuler sous un linceul pour ne pas être tentés. Ce voile à arborer pour qu’aucune de ses porteuses n’oublie qu’elle est son statut d’objet sexuel honteux et sa place inférieure à l’homme. Ce voile dont l’islam sert de prétexte au machisme le plus primaire. Ce voile, donc, dont le port est obligatoire dans l’espace public en Iran, mais uniquement pour les femmes. Comme partout ailleurs, certaines femmes n’y voient aucun problème et consentent à s’y soumettre. Convaincues par des hommes qui prétendent parler au nom de Dieu, elles sont dans l’incapacité psychologique de retirer leur voile si elles “risquent” de croiser un homme étranger à leur famille. Les promoteurs de cette aliénation ont trouvé une formidable formule marketing : le “libre choix”.

Mais Mahsa refuse de faire le “libre choix” de la soumission à la libido masculine. Elle veut vivre comme les autres femmes et la totalité des hommes : cheveux au vent. À Téhéran pour une visite familiale, elle est alors arrêtée avec d’autres femmes “impudiques” par “l’unité spéciale de la police chargée d’appliquer les règles vestimentaires strictes pour les femmes, dont l’obligation de se couvrir les cheveux”. C’est-à-dire la brigade des obsédés sexuels, gardienne du temple patriarcal. Selon la police de Téhéran, toutes ces femmes ont été appréhendées pour leur rappeler les règles vestimentaires en vigueur depuis 1979 (la révolution dite “islamique”).

Mais Mahsa tombe dans le coma. La police déclare qu’elle s’est évanouie en raison d’un problème cardiaque. La famille et des associations affirment qu’elle a été victime de mauvais traitements voire de torture. Transportée à l’hôpital le 13 septembre 2022, toujours dans le coma, elle meurt trois jours plus tard, le 16 septembre.

Mahsa ne partagera plus de moments d’amitié, ne rencontrera jamais l’amour, ne fondera jamais une famille, ne construira pas de carrière professionnelle. Son cœur ne vibrera jamais pour quelqu’un, parce que son cœur a cessé de battre. Pourquoi ? Parce que sa tête pleine de rêves n’était pas dissimulée. Parce qu’elle refusait que sa vie et ses rêves soient voilés d’un obscurantisme d’un autre âge où la dignité des femmes est toujours piétinée par “respect”.

Pour faire passer la pilule dans les pays non musulmans, des islamistes déclarent que le voile, accessoire vestimentaire le plus sexiste et patriarcal de l’histoire de l’Humanité, ne serait qu’un simple “bout de tissu”. Les femmes menacées, violentées ou mortes pour ne pas l’avoir porté apprécieront.

Mahsa Amini est morte. Le patriarcat tue. L’islamisme tue. Le refus du “libre choix” du sexisme du voile en est parfois la cause.

Pour toutes les Mahsa du monde, par acte féministe pour être les égales des hommes, le voile ne doit pas être porté sur la tête mais foulé au pied. “Osez le féminisme”…

#FreeFromHijab

Naëm Bestandji. Militant féministe et laïque.




Source: Demainlegrandsoir.org