L’action se déroule hors de France.

Je me lève un beau matin dans le but de quitter, tranquille et précipitée, lae personne que j’aime et un quotidien dans lequel j’étouffe. Un bien beau matin bien décidée à partir en cavale pour éviter une peine de prison ferme. Je bourre mes affaires préférées dans un sac à dos grand format, des bijoux et des photos de Mona amoureux, mon passeport, ma misérable fortune, ses injures sur le pas de la porte et un « reviens ! » lancé dans un moment d’égarement.

Je marche jusqu’à la gare la plus proche, le sac à dos me pèse, il faudra que je m’y habitue. Combien de fois ai-je bourré ce sac à dos, ou un autre, à la va-vite sans pour autant partir ? Innombrablement : ceci n’est pas mon premier départ à l’aventure.

Arrivée à la gare je prends un billet le plus loin possible compte tenu de ma fortune : presque tout y passe. En 48h j’aurai traversé de nombreuses frontières et serai à des milliers de km de ma peine de prison ferme. Officiellement je suis en cavale.

Comme je n’ai plus un sou en poche, je trouve à me faire embaucher quelque part sur une île. Je réussis à embarquer sans le sou, j’ai oublié comment. Sur le bateau je jette par dessus bord larmes, bijoux et photos de Mona amoureux. Officiellement j’ai le coeur brisé.

Le salaire est vite dépensé, j’ai demandé une avance dès la deuxième journée de travail. Les autres ouvriers ont mis du sucre dans les réservoirs à essence des véhicules du patron car il tardait trop à leur donner le chèque. Retard rattrapé. Officiellement c’est jour de paye.

Je passe d’autre frontière et me retrouve à nouveau et toujours sans le sou avec juste un cabas sous le bras : au diable le sac à dos c’est Noël, je n’ai besoin de rien. Officiellement je suis saoûle et dors en plein milieu d’une rue le poncho rabattu sur le visage, l’accordéon dépasse du cabas, le père Noël pose en manche courte dans les journaux et il m’offre un train sans vigiles aujourd’hui ce 25 décembre pour une destination lointaine.

Dans ce nouveau pays, la police me contrôle pratiquement tous les jours. Flippe. Mauvais plan pour une cavale sauf que mon mandat d’arrêt n’a pas passé les frontières avec moi. Ouf ! Pas trop rassurée quand même. Une année et demie s’en va, débrouille, désespoir, galère, grossesse, mariages sauvages, plages sans fin, vies nomades : aventure au diable le futur ! Officiellement je splitte.

J’ai presque oublié que je suis en cavale quand j’opte pour le retour en France. Là bas aucun démêlé avec la justice d’ailleurs. Sauf que je sais maintenant après cette cavale, que je ne rentrerai plus jamais dans l’ordre existant, c’en est fini pour toujours.

Mona amoureux ne m’a pas attendue, je ne suis pas revenue.

Vive la liberté à tout jamais ! Au 10/10 !

Bisou.



Article publié le 09 Août 2020 sur Lille.indymedia.org