Août 9, 2020
Par Indymedia Lille
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L’action se dĂ©roule hors de France.

Je me lĂšve un beau matin dans le but de quitter, tranquille et prĂ©cipitĂ©e, lae personne que j’aime et un quotidien dans lequel j’étouffe. Un bien beau matin bien dĂ©cidĂ©e Ă  partir en cavale pour Ă©viter une peine de prison ferme. Je bourre mes affaires prĂ©fĂ©rĂ©es dans un sac Ă  dos grand format, des bijoux et des photos de Mona amoureux, mon passeport, ma misĂ©rable fortune, ses injures sur le pas de la porte et un « reviens ! Â» lancĂ© dans un moment d’égarement.

Je marche jusqu’à la gare la plus proche, le sac Ă  dos me pĂšse, il faudra que je m’y habitue. Combien de fois ai-je bourrĂ© ce sac Ă  dos, ou un autre, Ă  la va-vite sans pour autant partir ? Innombrablement : ceci n’est pas mon premier dĂ©part Ă  l’aventure.

ArrivĂ©e Ă  la gare je prends un billet le plus loin possible compte tenu de ma fortune : presque tout y passe. En 48h j’aurai traversĂ© de nombreuses frontiĂšres et serai Ă  des milliers de km de ma peine de prison ferme. Officiellement je suis en cavale.

Comme je n’ai plus un sou en poche, je trouve Ă  me faire embaucher quelque part sur une Ăźle. Je rĂ©ussis Ă  embarquer sans le sou, j’ai oubliĂ© comment. Sur le bateau je jette par dessus bord larmes, bijoux et photos de Mona amoureux. Officiellement j’ai le coeur brisĂ©.

Le salaire est vite dĂ©pensĂ©, j’ai demandĂ© une avance dĂšs la deuxiĂšme journĂ©e de travail. Les autres ouvriers ont mis du sucre dans les rĂ©servoirs Ă  essence des vĂ©hicules du patron car il tardait trop Ă  leur donner le chĂšque. Retard rattrapĂ©. Officiellement c’est jour de paye.

Je passe d’autre frontiĂšre et me retrouve Ă  nouveau et toujours sans le sou avec juste un cabas sous le bras : au diable le sac Ă  dos c’est NoĂ«l, je n’ai besoin de rien. Officiellement je suis saoĂ»le et dors en plein milieu d’une rue le poncho rabattu sur le visage, l’accordĂ©on dĂ©passe du cabas, le pĂšre NoĂ«l pose en manche courte dans les journaux et il m’offre un train sans vigiles aujourd’hui ce 25 dĂ©cembre pour une destination lointaine.

Dans ce nouveau pays, la police me contrĂŽle pratiquement tous les jours. Flippe. Mauvais plan pour une cavale sauf que mon mandat d’arrĂȘt n’a pas passĂ© les frontiĂšres avec moi. Ouf ! Pas trop rassurĂ©e quand mĂȘme. Une annĂ©e et demie s’en va, dĂ©brouille, dĂ©sespoir, galĂšre, grossesse, mariages sauvages, plages sans fin, vies nomades : aventure au diable le futur ! Officiellement je splitte.

J’ai presque oubliĂ© que je suis en cavale quand j’opte pour le retour en France. LĂ  bas aucun dĂ©mĂȘlĂ© avec la justice d’ailleurs. Sauf que je sais maintenant aprĂšs cette cavale, que je ne rentrerai plus jamais dans l’ordre existant, c’en est fini pour toujours.

Mona amoureux ne m’a pas attendue, je ne suis pas revenue.

Vive la libertĂ© Ă  tout jamais ! Au 10/10 !

Bisou.





Source: Lille.indymedia.org