Ce matin du 14 novembre, des étudiant·e·s de Lyon 3 ont bloqué le campus du Palais sur les quais, en solidarité aux mobilisations contre la précarité étudiante de ces derniers jours. Le texte qui suit fut tracté pendant la matinée.

« Les faits n’ont plus besoin d’être rappelés, vendredi, A., étudiant en Sciences Politiques, s’immole devant le CROUS où il résidait. Dans sa lettre il raconte la misère dans laquelle il se trouvait après avoir perdu sa bourse et son logement étudiant, et accuse « Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE » de l’avoir tué.

Par son geste il met des mots sur une situation que beaucoup vivent dans l’isolement et la solitude. Il nous réveille, nous force à regarder en face cette évidence : la précarité tue.

Mais déjà se précipitent les psychologues, les éditorialistes et autres politiciens pour dire que son geste n’était pas politique. Sans le moindre respect pour sa parole, ils viennent nous dire que, forcément, il avait des problèmes psychologiques, et que eux seuls expliquent son geste. Rien à voir donc avec la politique néolibérale et la montée du fascisme, qu’il a lui-même pointé du doigt.

Son désespoir a des causes, des responsables. Rien de plus politique que la misère sociale et existentielle que chacun vit séparément. C’est ce que les Gilets Jaunes ont découvert il y a un an, c’est ce que les étudiants découvrent aujourd’hui. Si certains en doutent encore, rappelons qu’en 2010 c’est l’immolation de Mohamed Bouazizi devant le siège du gouvernement de sa ville qui a déclenché des révolutions dans tous les pays arabes.

À nous maintenant d’être à la hauteur de l’événement. À nous de ne pas accepter que rien ne se passe, qu’on continue à faire comme si de rien n’était, alors qu’à côté de nous des étudiants se suicident parce qu’ils n’ont pas de quoi vivre.

Se parler, déjà, entre amis, entre proches, entre camarades de promo. Et s’organiser, savoir ce qu’on a à faire, trouver ce que l’on peut faire. Et le faire.

« Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir avec tout ça. »

Des étudiants de Lyon 3 »

Toutes les entrées du bâtiment des quais ont été bloquées dès 7h00 ce matin.

Lyon 3 se joint aux blocages universitaires contre la précarité étudiante
Lyon 3 se joint aux blocages universitaires contre la précarité étudiante

Puis, les entrées furent courageusement dégagées par des Robocops cagoulés sans matricules à 8h05.

Lyon 3 se joint aux blocages universitaires contre la précarité étudiante

Article publié le 14 Nov 2019 sur Rebellyon.info