En décembre 2004, la Région Bretagne a adopté une politique linguistique à l’unanimité, reconnaissant officiellement le breton et le gallo au côté du français. En outre, l’enseignement des langues de Bretagne est réalisé dans des établissements bilingues publics, privés catholiques ou associatifs et laïques (immersifs) Diwan. Cependant, la réforme du lycée et du baccalauréat, menée par le Ministre Blanquer, a des conséquences dévastatrices sur les langues minorisées. Cette réforme va à contre-sens des objectifs fixés par le Conseil régional en mettant en concurrence nos langues avec l’espagnol ou l’allemand en seconde langue.

Dans le lycée de l’Elorn à Landerneau, les parents d’élèves de Div Yezh Landerne – enseignement public bilingue – se sont mobilisés pour faire pression sur le proviseur afin de permettre aux élèves de conserver les 3 langues (anglais, breton, allemand/espagnol). Les élèves ont obtenu un maintien du breton en « Langue Vivante Régionale » (le statut reste imprécis) et non en tant qu’option ; la langue bretonne est ainsi davantage valorisée par les coefficients du bac. Pour autant les établissements scolaires n’ont pas d’alternative que de se conformer aux consignes de cette réforme hors-sol.

Du côté des écoles primaires, c’est l’initiation au breton à l’école publique qui est menacée. Une heure de breton était proposée à 2500 écolier.e.s de la maternelle au CM2 mais une circulaire du ministère de l’Éducation nationale change ce système. Ici encore, le breton serait mis en concurrence avec une langue étrangère, l’anglais. L’inspection académique serait en train de réfléchir à un avenant provisoire précédant une solution pérenne à imaginer à compter de la rentrée 2021-2022. Les associations An Oaled, Sked, KLT et Mervent qui interviennent dans les écoles restent mobilisées.

Le gallo, quant à lui, avance petit à petit grâce à l’association des enseignant•e•s en gallo Cllâssiers qui propose à de nombreuses écoles la méthode de gallo « 15 minutes de gallo par jour », initiant ainsi les élèves de ces écoles. L’option gallo reste cependant trop rare sur toute la Haute-Bretagne et les possibilités de continuer d’apprendre la langue en quittant le collège ou le lycée sont maigres. Il est aujourd’hui nécessaire d’ouvrir de nouveaux cursus en gallo, de l’initiation à l’immersion afin de former de nouveaux•elles locuteur•rice•s qui pourront, ensuite transmettre ou enseigner la langue à leur tour.

Alors que le nombre de locuteurs.rice.s des langues de Bretagne ne cesse de chuter, nous ne pouvons tolérer les obstacles à l’enseignement de nos langues. Les langues minorisées ne doivent pas être placées en opposition aux langues étrangères. La construction de l’état français étant basé sur le seul usage de la langue française et, par conséquent, l’effacement des identitées minorisées, Douar ha Frankiz invite les Breton.ne.s à promouvoir fièrement nos langues et à lutter pour l’autonomie et l’indépendance, seuls moyens de créer sur le long terme une politique linguistique digne de ce nom.

Douar ha Frankiz

Contact : douar-ha-frankiz protonmail.com


Article publié le 13 Juil 2020 sur Rennes-info.org