Janvier 5, 2017
Par Le Pressoir
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Etat des lieux [et photos] des efforts de la mairie de Montpellier pour empêcher le squattage des anciennes archives de l’Hérault, où s’est établi Luttopia 003.

Octobre 2015 – Luttopia 002, qui abritait plusieurs dizaines de galérien-nes dans l’ancienne DDASS sise avenue d’Assas était expulsé par la force de l’Ordre.

Décembre 2016 – On nous avait enterrés, mais On ne savait pas que nous étions des graines. Après quelques jours en sous-marin, nous germions à nouveau, et officialisions la naissance d’Utopia 003, au 40 rue Proudhon (ça ne s’invente pas !) dans le quartier des Beaux-Arts. Le chantier collectif est lancé, et le lieu devrait ouvrir ses portes à l’accueil pour la mi-janvier.

Le bâtiment ressemble étrangement à une forteresse : 7 niveaux, 4000 m², des crêtes hérissées qui prolongent les angles. Du solide. En dépit de la taille du bâtiment, il y a peu d’ouvertures, étant donné l’intense travail de barricade qui semble avoir été commandité. Au rez-de-chaussée et au dernier étage, nous comptons pas moins de 25 murs de parpaings, 3 plaques de bois et une dizaine de plaques de métal. Des dizaines de petites fenêtres, présentes dans les espaces d’archivage, ont été condamnées à l’aide de planches de métal vissées dans le mur.

Sur une des façades, un escalier extérieur permettait d’accéder aux différents étages. Permettait, car des murs de parpaings cèlent presque chaque palier. Chaque porte menant à cet escalier a été soudée, de même que deux autres portes du rez-de-chaussée.

On n’avait pas pensé, bêtement, qu’une fois entré, ces barricades joueraient en notre faveur, et rendrait notre expulsion particulièrement compliquée. C’est toujours ça de boulot en moins.

Les circuits électriques et hydrauliques nous ont posé plus de problèmes. L’électricité n’a pu être remise que dans un bloc sur trois, et il nous aura fallu bosser un mois avant de parvenir à remettre l’eau.

Ces difficultés nous laissent perplexes. Bien sûr, du cuivre a probablement été tiré, le bâtiment partiellement saccagé, mais ça n’explique pas tout. Nous appelons Veolia. Une dame nous répond, et nous explique benoîtement qu’en effet “nous avons été missionnés pour tout couper [comprenez : saboter] afin d’empêcher des squatteurs de s’installer”.

Il semble que, après avoir racheté l’endroit au Département, la Mairie de Montpellier a dépensé sans compter pour qu’il soit inhabitable. On a préféré dépenser de l’argent à s’assurer que des bâtiments restent vides plutôt qu’à donner un toit à celles et ceux qui n’en ont pas.

Nous savions que les administrations publiques laissent en jachère un énorme parc immobilier quand des milliers de personnes dorment dans la rue ou dans leur vago. Nous savions qu’une maison, un appart, ne sont plus que des produits financiers, et que les acteurs publics et privés organisent la pénurie. Maintenant, nous savons que l’On est prêt à saboter des installations, au cas où des pauvres auraient l’audace de passer outre les lois de la propriété privée pour réclamer leur droit au logement.

La guerre aux pauvres est chaque jour plus violente, mais notre force collective grandit à chaque agression.

Album photo des sabotages par la mairie de Montpellier

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