La prison pour étrangèr.e.s de Oissel (près de Rouen) est connue pour ses keufs violents et racistes, sa direction qui réprime tous les mouvements de lutte. Dans cette taule, le mitard est régulièrement utilisé pour tabasser des prisonniers.

Cette prison a été en partie brûlée à la fin du mois d’avril 2019 par des prisonniers après une grève de la faim violemment reprimée.

Samedi dernier des keufs tapent un prisonnier et l’amènent au mitard (il en est ressorti le mercredi 22 janvier) parce qu’il avait voulu se montrer solidaire d’un autre prisonnier. Le soir des policiers cagoulés avec des chiens rentrent dans le centre pour foutre la pression aux prisonniers. Depuis, les violences, coups de pressions, insultes racistes ne se sont pas arrêtés.

Ce mercredi 22 janvier au soir, les 42 prisonniers de la section homme du cra de Oissel se sont mis en grève de la faim. On relaye leur communiqué :

Au centre de rétention de Oissel (près de Rouen) la police est violente et nous humilie tous les jours. Toujours ils provoquent, ils disent “Baisse les yeux !”.

La nourriture est froide et n’est pas halal, alors qu’il y a une majorité de prisonniers qui sont musulmans.

Même la prison c’est mieux qu’ici. Y en a ils ont 10 ou 20 ans ici et on les mets en centre de rétention.

Depuis samedi c’est encore pire. La police à encore voulu mettre un prisonnier à l’isolement. Son ami s’y est opposé et ils l’ont amené violemment aussi à l’isolement. Le soir y avait la police avec des chiens et des cagoules dans le centre pour nous faire peur.

Les prisonniers du CRA de Oissel continuent leur lutte. Après la grève de la faim du 22 janvier, quelques journalistes et politiciens se sont rappelés de l’existence de ces prisons pour étrangers-ères. Mais la situation à l’intérieur n’a pas changé beaucoup, et les prisonniers restent mobilisés et déterminés. Force et courage à eux !

Suite à notre mouvement de grève nous avons eu la visite, vendredi 24 janvier, de personnalités comme le député David Cormand qui ont pu constater les conditions dans lesquelles nous vivons.

Aujourd’hui, il y a eu une petite amélioration pour ce qui concerne les repas. Mais nous ne sommes pas dupes.

Après la grève de la faim et un deuxième communiqué, la lutte des prisonniers du CRA de Oissel ne s’arrête pas, un 3e communiqué a été rédigé.

Ils dénoncent avec force le rôle de France Terre d’Asile, l’association qui intervient dans le CRA et qui est censée fournir un soutien juridique : cette association est complice avec l’État.

Ce n’est pas la première fois que les prisonniers racontent à quel point FTDA collabore avec la police et la préfecture et invisibilise leurs luttes, comme au CRA de Plaisir pendant une grève de la faim lancée en septembre dernier (voici le témoignage).

Bonjour,

De nos revendications il n’y a pas eu grand changement, car les repas qui nous sont servis sont toujours froids.

D’autre part, les personnes retenues se plaignent du silence de l’association France terre d’asile, qui est présente dans les locaux du CRA d’Oissel. Cette association ne fait rien pour nous aider dans nos démarches, bien au contraire elle est complice avec la police et surtout avec la préfecture.

À bas les CRA, à bas les collabos !

Pour rappel les numéros de cabines qui permettent de joindre directement les prisonniers et montrer votre solidarité :

02 35 68 61 56 / 77 09

1er communiqué dispo en affiche :




Article publié le 27 Jan 2020 sur Paris-luttes.info