Octobre 7, 2022
Par Le Numéro Zéro
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Les travaux de la future dĂ©viation de la RN88, entre Le Pertuis et Saint-Hostien, ont repris dĂ©but Septembre 2022, au Vernet puis Ă  la PĂ©nide et Ă  Ouillon. Des parcelles de forĂȘts sont rasĂ©es, les murets anciens – pour certains centenaires et patrimoniaux – sont dĂ©truits, et avec eux une myriade d’habitats frĂ©quentĂ©s entre autres par des reptiles

(tous protégés).

Des haies et des arbres sont abattus, notamment sur un

terrain privé non encore vendu, la propriétaire refusant de le laisser

partir à un tel projet. Celle-ci a immédiatement porté plainte pour vol

d’arbres et violation de propriĂ©tĂ© privĂ©e. Des personnes se rendent sur

place et tentent de ralentir la manoeuvre, des cables de machines ont

été sectionnés derniÚrement


Toutes les conduites de gaz actuellement sur le futur tracé sont

détournées, pour un coût de 500 000 euros, à la charge de la communauté

de commune (coĂ»t qui n’est donc pas inclus dans le budget des travaux).

Du fait de l’augmentation d’environ 40% du prix des matĂ©riaux ces deux

derniÚres années, le coût total des travaux (presque entiÚrement

financĂ©s par la RĂ©gion) pourrait quant Ă  lui s’élever jusqu’à 600

millions d’euros (contre 226 millions annoncĂ©s Ă  l’origine) ! Rappelons

que ce budget prévisionnel avait été effectué sans inclure les études

pédologiques nécessaires


À l’heure oĂč l’on choisi d’engloutir des millions d’euros dans un projet

routier obsolÚte et mal conçu, des établissements publics comme les

lycées sont obligés de demander des aides pour chauffer leurs classes

cet hiver, les soignant·es travaillent dans des conditions difficiles,

la ressource en eau potable devient un vĂ©ritable problĂšme, etc : la

rĂ©gion ne ferait-elle pas mieux d’investir dans les infrastructures

éducatives et de santé, dans une agriculture durable, dans les

transports en commun, plutît que dans l’artificialisation et la

bĂ©tonisation irrĂ©versible des terres agricoles ?

D’aprĂšs les employĂ©s du bureau d’étude travaillant sur le terrain, les

travaux prĂ©vus actuellement sont tellement colossaux qu’ils pourraient

durer 10 ans. Ce sont 10 ans de nuisances, de bruits, d’allĂ©es et venues

incessantes des machines pour les habitant·es !

Nous le rĂ©pĂ©tons : des alternatives sont possibles pour le Pertuis et

Saint-Hostien. Un projet plus modeste de déviation de Saint-Hostien en

une voie et une tranchée couverte sous le Pertuis sont à étudier

sérieusement.

Nous avons vĂ©cu partout en France, mĂȘme en Haute-Loire, un Ă©tĂ©

caniculaire, un été terriblement sec et angoissant pour tous les

agriculteurs et agricultrices ainsi que pour les habitant·es voyant

leurs sources se tarirent. Selon le conservatoire des espaces naturels

(CEN), qui est en charge de la compensation Ă©cologique de ces travaux,

les 140 hectares impactés par le projet de déviation comptent de

nombreuses sources et 20 hectares de zones humides, dont la destruction

ne sera pas « compensĂ©e Â». La protection de nos zones humides

garantirait au contraire un approvisionnement continu en eau potable

une rétention des eaux lors des épisodes de fortes pluies, et

permettrait de lutter efficacement contre une sécheresse toujours plus

intense. Qui aurait idĂ©e d’aller dĂ©verser du bĂ©ton sur une source d’eau ?

France Nature Environnement (FNE) a attaqué le projet en justice pour

son illégalité, or le dossier traine étonnement à passer devant les

tribunaux : comment les travaux peuvent-ils commencer sans ce prĂ©alable ?

Non respect de la compensation, non respect des mesures

environnementales de l’arrĂȘtĂ© prĂ©fectorale sur la premiĂšre phase de

travaux, et non respect de la propriĂ©tĂ© privĂ©e : le dĂ©marrage des

travaux est en tous points illégal et illégitime.

En effet, tous les terrains nécessaires au projet ne sont pas encore

acquis par l’Etat. La SYSTRA (l’un des premiers groupes mondiaux

d’ingĂ©nierie et de conseil spĂ©cialisĂ©s dans les transports publics) met

pourtant la pression aux propriétaires non désireux de céder leurs

terres : elle passe par des manƓuvres proches de la manipulation en

transmettant des informations peu claires sur les droits des

propriétaires. La maßtrise fonciÚre est en effet une véritable épine

dans le pied des porteurs de projet et de Mr Laurent Wauquiez. La

dĂ©claration d’utilitĂ© publique (DUP) du projet Ă©tant caduque (depuis

2007), l’expropriation n’est lĂ©galement plus possible et les terres

nĂ©cessaires doivent ĂȘtre achetĂ©es Ă  l’amiable. Une opĂ©ration rendue trĂšs

compliquée dÚs lors que des propriétaires refusent de les vendre. La

meilleure maniĂšre de lutter contre cette route est donc le refus de

cĂ©der ces terres : nous appelons donc tous les propriĂ©taires

rĂ©calcitrants Ă  se rallier Ă  l’opposition au projet et Ă  nous contacter.

Nous réalisons un travail cartographique de fourmi pour recenser toutes

les parcelles non vendues et faire du porte Ă  porte ou des appels

téléphoniques pour informer les propriétaires. Nous ne manquerons pas de

cibler SYSTRA ces prochaines mois.

La rentrĂ©e dĂ©marre avec l’inflation et les prix des denrĂ©es Ă©nergĂ©tiques

et alimentaires montent en flÚche, annonçant une crise alimentaire.

Est-ce le moment opportun pour détruire 80 hectares de terres agricoles

en moyenne montagne, au moment oĂč se pose le problĂšme de l’autonomie

alimentaire ? Allons-nous Ă  l’avenir devoir importer nos patates ?

Ce dimanche 2 octobre 2022, nous avons rĂ©coltĂ© ensemble plusieurs

tonnes de patates plantĂ©es collectivement au printemps sur l’emprise du

tracé, sur des terres encore et toujours pleinement fertiles et

productives. Elles seront vendues au marché du Puy-en-Velay tous les

samedis au stand de la lutte des sucs. C’est une maniùre de dire que

l’avenir est dans l’installation agricole et la transmission des terres

Ă  celles et ceux qui auront le courage de les reprendre, et non Ă  leur

artificialisation qui assÚche et détruit nos territoires. Nous sÚmerons

du blé sur cette parcelle dans quelques semaines.

Mercredi 5 octobre, le chantier a Ă©tĂ© bloquĂ© par une trentaine de

personnes qui se sont approchées des abatteuses. France 3 était là pour

faire un reportage. Trois personnes ont Ă©tĂ© emmenĂ© en garde Ă  vue et y ont passĂ© la nuit. Des rassemblements auront lieu pour les soutenir, le premier au Puy-en-Velay jeudi 6 octobre Ă  10h devant la prĂ©fecture.

Nous vous donnons RDV le 23 octobre pour une action de reconstruction de

murets en pierres sĂšches.

Les travaux de dĂ©caissement n’ont pas commencĂ©, rien n’est perdu.

A trĂšs vite




Source: Lenumerozero.info