Novembre 5, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
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Ce mercredi 4 janvier le gouvernement français a “dissout” la branche française de l’organisation des Loups Gris…

Alors dĂ©jĂ , une dissolution, c’est un processus lĂ©gal, dont le texte est visible dans l’article L212-1 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et qui stipule que :

Le maintien ou la reconstitution d’une association ou d’un groupement dissous en application du prĂ©sent article, ou l’organisation de ce maintien ou de cette reconstitution, ainsi que l’organisation d’un groupe de combat sont rĂ©primĂ©es dans les conditions prĂ©vues par la section 4 du chapitre Ier du titre III du livre IV du code pĂ©nal.

Évidemment, on se demande ce que l’on risque si on refuse de se dissoudre, la loi l’a prĂ©vu et c’est dans les articles 431-13 Ă  431-21 du code pĂ©nal. En gros, prison et grosses amendes.

Les personnes elles ne se dissolvent pas, elles changent d’organisations ou en crĂ©ent de nouvelles. La dissolution des groupes ne met pas fin aux idĂ©ologies de leurs membres. Il est Ă©vident que la dissolution des loups gris ne mettra pas un terme Ă  l’organisation des fascistes. Qu’ils soient français ou turcs. Prenons pour exemple un cas rĂ©cent, la prĂ©cĂ©dente dissolution du Bastion Social.

Le Bastion Social avait Ă©tĂ© fondĂ© par d’anciens membres du GUD, en 2017 Ă  Lyon. Le GUD, connu pour sa proximitĂ© avec le Front National, ses ratonnades diverses depuis les annĂ©es 70. Sous la menace de la dissolution dans les annĂ©es 80, le GUD s’était auto-dissout puis reformĂ© six mois plus tard, avant de se dĂ©verser en 2017 dans le Bastion Social. Lui a Ă©tĂ© dissout, Ă  l’appel d’Emmanuel Macron, en conseil des ministres le 24 avril 2019.

Cela les avaient notamment amenĂ©s Ă  fermer leurs locaux puis Ă  se disperser dans d’autres groupes. Bien Ă©videmment, malgrĂ© les dispositions de la dissolution et l’évidence de la continuitĂ© du projet du bastion social. Aucun membre n’a Ă©tĂ© condamnĂ© ni Ă  3 ans de prison et 45 000 euros d’amende (pour les participants), ni Ă  7 ans de prison et 100 000 euros d’amende (pour les organisateurs), ni Ă  l’interdiction des droits civiques etc… Ce qui rend claire le caractĂšre purement symbolique de cette dissolution.

A l’occasion, le Groupe Antifasciste Lyon et Environs avait pris position, voici un extrait de leur communiquĂ© :

Une dissolution d’organisation ne dĂ©truit pas l’idĂ©ologie qui a donnĂ© lieu Ă  la crĂ©ation de cette organisation. En regardant l’histoire autour des dissolutions de groupes fascistes on voit que les militants restent les mĂȘmes et les « leaders Â» se retrouvent toujours d’un groupe de nazillons Ă  un autre. L’exemple que nous devons citer est celui du meurtre de ClĂ©ment MĂ©ric en 2013 ; les groupes des Jeunesses Nationalistes et de l’ƒuvre Française, entre autres, ont Ă©tĂ© trĂšs rapidement citĂ©s dans ce crime et cela a entraĂźnĂ© la dissolution de ces organisations. Pourtant Gabriac des JN a ensuite Ă©tĂ© condamnĂ© pour reformation de ligue dissoute lorsqu’il a crĂ©Ă© Jeune Nation, puis il est allĂ© militer avec CIVITAS. Ou encore Benedetti de l’Ɠuvre française qui a ensuite rejoint le PNF


MalgrĂ© ça, la seule rĂ©ponse politique utilisĂ©e encore aujourd’hui reste la dissolution de ces groupes nĂ©o-fascistes. L’état utilise cette solution lorsque ces groupes dĂ©passent les limites du « politiquement acceptable Â», limites Ă©tablies par la bourgeoisie en place qui dĂ©finit lorsqu’un groupe « va trop loin Â». Bien sĂ»r d’aprĂšs nous, cette limite est franchie dĂšs lors que ces groupuscules existent mais pour les classes dirigeantes il faut apparemment attendre prĂšs de deux ans de ratonnades et autres agressions pour agir.

A propos de la dissolution du Bastion Social, puis de sa recomposition, pleinement assumĂ©e par ses militants, La Horde publiait en mars 2020 un article dont voici aussi un extrait exhaustif :

Si le Bastion Social disparaĂźt, ses militants ne s’évaporent pas pour autant. « Il nous faut repenser entiĂšrement notre maniĂšre de militer et nos modes d’organisation en rompant avec le schĂ©ma classique des structures Ă  Ă©chelle nationale fortement centralisĂ©es et hiĂ©rarchisĂ©es Â», explique Tristan Conchon, ex-leader du Bastion Social Lyon, le 12 octobre 2019 lors de la 13e Ă©dition des journĂ©es de synthĂšse nationaliste Ă  Rungis. Le jeune cadre nĂ©ofasciste annonce dans la foulĂ©e la crĂ©ation de deux nouvelles organisations : Audace (Lyon) et Vent d’Est (Strasbourg).

On peut par ailleurs lire Ă  ce sujet sur la page Wikipedia du Bastion Social stipulant que “plusieurs anciens cadres de Bastion social, dĂ©sormais leaders de groupes locaux, y prennent la parole. Ces nouveaux groupes fascistes sont supplĂ©Ă©s par d’autres groupuscules, plus anciens, comme les Zouaves parisiens, l’Alvarium angevin, les Tolosates toulousains, Des Tours et des lys Ă  Tours et les Savoyards d’Edelweiss“.

La dissolution ce mercredi des Loups Gris n’a bien sĂ»r pas manquĂ© de provoquer une rĂ©action de Recep Tayip Erdogan (RTE parfois taguĂ© sur les murs) par l’intermĂ©diaire de son ministre des affaires Ă©trangĂšres qui a promis que la Turquie allait “rĂ©pliquer fermement” Ă  la dissolution par la France de l’organisation ultranationaliste turque, qualifiant cette dĂ©cision de “provocation“. Il ajoutait que selon lui, il “n’existe pas de mouvement appelĂ© “Les Loups gris”“, qualifiant le mouvement dissous mercredi par la France d’”objet imaginaire“…

Bah bien sĂ»r…



Il est donc Ă©vident que la seule rĂ©ponse Ă  l’organisation des fascistes est notre propre organisation antifasciste, anti-raciste, anti-sexiste, anti-autoritaire et anti-capitaliste. Car mĂȘme en prison, mĂȘme sous le coup d’amendes monstrueuses, mĂȘme sous le coup de mesures prises par l’état sa police ou ses juges dont il est difficile de se rĂ©jouir parce qu’elles leur permettent surtout d’asseoir leur pouvoir, en tout les cas, les fascistes restent des fascistes, l’Etat reste leurs complice parfois par choix idĂ©ologique, parfois par pur calcul, qu’il s’agisse d’appuyer ses Ă©lans sĂ©curitaires et xĂ©nophobes ou de rĂ©primer les mouvement progressistes.

Pour les curieu.x.ses, voici le texte du dĂ©cret de dissolution, mĂȘme s’il s’agit d’une chronologie policiĂšre, on y apprend quand mĂȘme quelques faits d’armes des Loups Gris :












Source: Mars-infos.org