Janvier 24, 2021
Par Partage Noir
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Fin 1923, Ă  l’occasion de l’affaire Philippe Daudet, Le Libertaire devient quotidien. Lecoin, bien qu’il s’occupe des militants emprisonnĂ©s et qu’il participe Ă  la souscription nĂ©cessaire au lancement du quotidien, reste Ă  l’écart. Sans doute pour se consacrer Ă  sa femme et Ă  sa fille nĂ©e le 3 juin 1924 Ă  Paris. A partir de cette Ă©poque Lecoin ne fait plus corps avec l’organisation anarchiste. Il est Ă  cĂŽtĂ© d’elle ! Il la sollicite pour ses campagnes, il peut mĂȘme lui demander son avis qu’il suit ou qu’il ne suit pas. Il est en marge [1].

En octobre 1926, l’UA demande Ă  Lecoin, membre de la Commission d’initiative de l’organisation depuis juillet, de s’occuper du sort de Sacco et Vanzetti d’une part, et de celui d’Ascaso, Durruti et Jover d’autre part. Trouvant le comitĂ© de dĂ©fense sociale animĂ© par des militants libertaires, trop restreint et peu efficace, il crĂ©e le ComitĂ© pour le Droit d’Asile (CDA) pour empĂȘcher l’extradition d’Ascaso, Durruti et Jover et le ComitĂ© Sacco et Vanzetti. Lecoin assure le secrĂ©tariat des deux organismes.

Pour sauver les deux anarchistes italo-amĂ©ricains de la chaise Ă©lectrique, il a besoin du soutien de toutes les personnalitĂ©s de l’époque. Ce choix lui vaut des reproches de la part de certains militants de l’UA qui appellent Ă  la crĂ©ation d’un autre comitĂ© pour collaborer au salut de nos deux camarades tout en conservant, sans compromissions malsaines, leur dignitĂ© et la puretĂ© de leurs idĂ©es anarchistes [2]. Lecoin se souvient que l’un de ces purs commit une poĂ©sie ridicule, sinon odieuse, dans laquelle la vie de Sacco et Vanzetti ne pesait guĂšre : Qu’importe la mort ! Vive la mort ! ou quelque Ăąnerie semblable y Ă©tait dite [3]. Quant aux communistes, ils accusent Lecoin de collaborer avec la bourgeoisie et d’appartenir Ă  la Franc-Maçonnerie. Accusation reprise par « l’Action Française Â». Pourtant Lecoin, contrairement Ă  beaucoup d’anarchistes, n’a jamais appartenu Ă  une loge maçonnique [4].

Les critiques modifient quelque peu l’action du ComitĂ© Sacco et Vanzetti qui s’engage dans une campagne plus massive Ă  base de meetings et de manifestations [5].

Au congrĂšs de l’UA en novembre 1927 quelques militants critiquent de nouveau l’action du ComitĂ© Sacco et Vanzetti. Une motion est finalement adoptĂ©e : Le congrĂšs de l’Union Anarchiste Communiste aprĂšs avoir entendu les explications sur l’action et la propagande en faveur de Ascaso – Durruti – Jover, Sacco et Vanzetti, approuve ce qui fĂ»t fait.

Dans l’avenir l’Union Anarchiste Communiste aura son propre comitĂ© de dĂ©fense des emprisonnĂ©s. Le comitĂ© sera sous le contrĂŽle direct, matĂ©riel et moral de l’UAC. Il est bien spĂ©cifiĂ© que la caisse du ComitĂ© DĂ©fense aura sa gestion particuliĂšre et son secrĂ©taire particulier. Au sujet des alliances avec les partis extĂ©rieurs, l’UAC prendra Ă©ventuellement une fonction en accord avec l’esprit gĂ©nĂ©ral de ses groupes et de ses fĂ©dĂ©rations [6].

Pour prolonger la campagne Sacco et Vanzetti, des compagnons demandent à Lecoin de lancer un comité contre la peine de mort. Mais il a besoin de repos et se retire.




Source: Partage-noir.fr