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Plus de 130 000 Palestiniens (13 % de la main-d’œuvre palestinienne) de Cisjordanie travaillent en Israël et / ou dans les colonies illégales [1]

L’accès au marché israélien de l’emploi au début des années 1970 a coïncidé avec la poursuite de l’expansion israélienne en territoire palestinien et sa mainmise sur les ressources naturelles palestiniennes au profit des colons illégaux. Cela eut des conséquences catastrophiques pour le secteur agricole de la Palestine et de nombreux fermiers perdirent ainsi leur source de revenu. Il en résulta que ces Palestiniens n’eurent d’autre choix que d’aller travailler en Israël.

De la part de l’occupant Israélien, cela fait partie d’un plan prémédité : faire prospérer l’entreprise capitaliste en exploitant les Palestiniens comme travailleurs bon marché et distancier les Palestiniens les uns des autres et, au fil du temps, les détacher complètement de leurs terres.

Ces travailleurs Palestiniens qui travaillent dans des sociétés Israéliennes sont mieux payés que les Palestiniens qui travaillent dans le marché palestinien de l’emploi en Cisjordanie où l’économie est exsangue du fait de l’occupation. Mais ils sont « bon marché » et discriminés en comparaison avec leurs homologues Israéliens. Selon la loi, ils devraient toucher autant que leurs homologues israéliens. Mais en réalité, les employeurs israéliens contournent la loi en refusant aux Palestiniens certaines des journées qu’ils ont faites et en réduisant leurs salaires.

Pour accéder à l’emploi en Israël ou dans les colonies illégales, les Palestiniens ont besoin de permis israéliens. En théorie, le demandeur de permis doit être marié et être en mesure de payer la taxe du permis. En réalité, les autorités israéliennes d’occupation rejettent les demandes de permis de nombreux travailleurs palestiniens en prétextant des « raisons sécuritaires ».

Les autorités israéliennes d’occupation suivent à la trace l’histoire de chaque travailleur palestinien. Toute implication du travailleur ou d’un membre de sa famille contre l’oppression israélienne, même sous la forme d’actions non violentes, est considérée comme une « raison sécuritaire » valable pour refuser un permis à ce Palestinien.

Seulement 67 000 travailleurs palestiniens sur les 130 000 travaillant en Israël avaient un permis. Les autres sont clandestins.

Ceux avec permis sont confrontés à de nombreuses formes d’humiliation et de dangers. Avoir un permis, cela signifie que les travailleurs doivent attendre pendant des heures aux check-points militaires. Là, ils sont inspectés par des machines qu’on a installées sur place. Les soldats israéliens les soumettent régulièrement à des contrôle humiliants. Pour les travailleurs enregistrés, il est difficile de protester contre l’exploitation qui leur est imposée parce qu’il leur sera alors plus malaisé encore d’obtenir un nouveau permis de travail.

Les Palestiniens qui entrent clandestinement, parce qu’on leur a refusé un permis, mettent leur vie en danger en se rendant au travail par les trous dans le mur israélien de l’apartheid. Depuis janvier 2021, deux travailleurs palestiniens ont été abattus par les soldats israéliens. Il est très facile pour leurs employeurs israéliens de les licencier sans conséquences du tout lorsque ces travailleurs décident de protester contre leurs conditions de travail déshumanisantes.

D’autres décident de passer subrepticement par les check-points militaires en payant à des « commissionnaires » Palestiniens une certaine somme d’argent afin de faciliter leur passage en fraude par les check-points.

Plus de 6 000 Palestiniennes travaillent en Israël. Elles sont soumises aux mêmes mauvais traitements que les hommes palestiniens, mais elles sont encore moins payées que les hommes israéliens et palestiniens. Les Palestiniennes sont victimes d’abus sexuels de la part des Israéliens et souvent aussi de la part des intermédiaires palestiniens avec qui elles traitent.


Le syndicalisme en Israël : sionisme et apartheid

Le nombre de travailleurs syndiqués est très élevé en Israël mais, intentionnellement, les syndicats israéliens n’ont pas inclus – et, dans la plupart des cas, ne le font toujours pas – les travailleurs palestiniens d’Israël.

En fait, ce n’est que dans les années 1960 que les citoyens palestiniens d’Israël se sont vu accorder le droit de rallier les syndicats et, même dans ce cas, ils n’ont pas toujours bénéficié des services syndicaux alors qu’ils payaient leurs cotisations.

Le plus grand syndicat d’Israël, Histadrout, a été – dés sa création en 1920 -au cœur même du mouvement sioniste, soutenant la colonisation, menant des campagnes de pressions sur les entreprises pour ne recruter que des juifs et boycotter le travail palestinien. Histadrout pratique l’apartheid contre les travailleurs palestiniens Bien que les travailleurs palestiniens paient des cotisations de membres, ils ne peuvent devenir membres à part entière, tout simplement parce qu’ils sont palestiniens. Histadrout a totalement accepté les critères de l’armée israélienne concernant la distribution des permis de travail,

Le second syndicat du pays est le Histadrout Leumit, plus à droite, et affilié avec le parti du Likoud de Netanyahou. A gauche, il y a le troisième plus grand syndicat, Koach LaOvdim. Même si celui-ci œuvre à l’organisation des Palestiniens à l’intérieur d’Israël, il ne reconnaît pas l’occupation comme le fondement de la sévère exploitation des travailleurs palestiniens,

Le seul syndicat organisant les Palestiniens de Cisjordanie est WAC-MAAN, qui a commencé la syndicalisation des Palestiniens en 2008 et a gagné quelques victoires. Récemment, ils ont obtenu la fin d’une pratique de cinquante ans du Histadrout, qui collectait des millions de dollars de cotisations de centaines de milliers de travailleurs palestiniens qu’ils ne représentaient pas — une victoire significative pour un petit syndicat qui a seulement deux mille membres.

Mais, WAC-MAAN a échoué à changer les tendances politiques de ses membres juifs, qui votent souvent pour le Likoud et continuent à soutenir le projet colonial d’Israël.

Les défis du syndicalisme Palestinien

Quelques sept syndicats palestiniens existent aujourd’hui, surtout en Cisjordanie, et certains d’entre eux ont des branches à Gaza. La plupart de ces syndicats sont affilés aux partis politiques palestiniens existants. Cette affiliation crée une division et une concurrence entre les syndicats.

Sigle de la PNFTU

Les syndicats palestiniens sont confrontés à la situation coloniale et d’apartheid imposée par Israël. Ils ne sont pas reconnus par le gouvernement Israélien et l’accès des syndicats palestiniens sur les lieux de travail (en Israël et dans les colonies) leur est interdit

Une autre difficulté pour les syndicats palestiniens réside dans leur reconnaissance limitée par les syndicats au niveau international. les syndicats israéliens utilisent leur prestige – surtout Histadrout – pour éloigner les syndicats palestiniens de la reconnaissance internationale. Cela réduit l’espace laissé aux syndicats palestiniens pour représenter les travailleurs palestiniens et faire entendre proprement leurs voix.

Le soutien international au mouvement Boycott, Désinvestissement Sanctionsest pour les travailleurs Palestiniens, un outil important pour mettre fin à leur exploitation :

« Démanteler l’entreprise d’implantation coloniale israélienne signifie que nous, Palestiniens, serons à même de revendiquer notre terre et ses ressources naturelles. Bien sûr, cela mettra un terme à l’exploitation des travailleurs palestiniens par leurs employeurs israéliens »

Comité Solidarité Palestine Région Nazairienne

CSPRN

Rassemblement « Palestine libre tous les vendredis de 17h à 17h30 devant le bassin de l’Hotel de ville St-Nazaire




Source: Oclibertaire.lautre.net