Lundi 20 juillet, deux hommes Ă©taient jugĂ©s Ă  Lons le Saunier, accusĂ©s d’avoir incendiĂ© une antenne relais tĂ©lĂ©phonique dans le Jura ainsi que le Mac Do de Champagnole. Les juges, du haut de tout leur mĂ©pris de classe, les ont envoyĂ© en prison pour 3 et 4 ans ferme avec mandat de dĂ©pot. RĂ©cit du procĂšs.

Deux vigiles agressifs Ă  l’entrĂ©e, une juge, deux assesseures, deux avocats, un procureur, deux gendarmes, un RG qui tente d’avoir l’air de rien, d’autres personnes… une 10aine de « spectateurs Â», et six hommes armĂ©s qui font entrer deux hommes entravĂ©s. L’un des flics a accrochĂ© Ă  son sac Ă  dos un petit gilet jaune en plastique.

C’est parti pour plus de trois heures. On a le droit de se rasseoir, les flics enlĂšvent les menottes et s’assoient. Les accusĂ©s restent debout face Ă  la juge, dans les 35 ans, toute propre sur elle, elle cherche nĂ©gligemment ses dossiers aprĂšs avoir expliquĂ© qu’elle Ă©tait dispensĂ©e de masque. Ça dure un peu, elle cherche encore, se la joue cool.

Maintenant, elle Ă©nonce l’état civil des accusĂ©s, il sera suivi de leur profil psychologique. La juge Ă©change gentiment avec les accusĂ©s, alterne questions et partages d’arguments… Sa voisine de droite, trĂšs jeune « madame parfaite Â» se fait moralisatrice, la 3e quadra/quinqua, fait court et sobre. Sachant que selon l’apprĂ©ciation de ces 3 femmes qui « dialoguent Â» avec les accusĂ©s, ces derniers prendront entre 1 et 10 ans de prison. Donc que veulent dire ces Ă©changes qui se font en rĂ©alitĂ©

pistolet sur la tempe ? Les accusĂ©s rĂ©pondent facilement, beaucoup mĂȘme, ont parfois du mal Ă  argumenter. Avec le procureur et les avocats d’Orange et de McDo, rien ne leur sera Ă©pargnĂ© : la dĂ©mocratie, la rĂ©publique, l’emploi (du McDo), le complotisme, la voie ouverte vers le terrorisme, leur intolĂ©rance, leur loi du talion, la suffisance des questions leur demandant s’ils comprennent, la nĂ©gation du caractĂšre politique de leurs actes… MĂȘme l’asso Ă©colo absente leur rĂ©clame quelques milliers d’euros.

Les avocats ne seront guĂšre brillants, et pendant la pause de 30mn madame la juge sympa (qui Ă  un moment a demandĂ© aux accusĂ©s ce qu’il pensaient des gens comme eux – les juges ) et ses deux adjointes dĂ©cideront du sort des deux hommes qui ont Ă©tĂ© de nouveau entravĂ©s. Les deux ont un CAP (mĂ©tal, bois…) l’un fait de l’intĂ©rim, l’autre essaye d’ouvrir un resto comme auto-entrepreneur. Les gens qui les jugent et les accusent, sont plutĂŽt CSP + [1]et cadres fonctionnaires d’État bĂ©nĂ©ficiant de l’interdiction des licenciements (de fait).

À son retour madame la juge, qui s’évente rĂ©guliĂšrement avec un de ses dossiers, les envoie pour 4 et 3 ans en prison. Le procureur qui avait rappelĂ© que ça pouvait en valoir 10, en avait demandĂ© 6, il doit ĂȘtre content. Les 6 uniformes armĂ©s entravent de nouveau les deux hommes et les emmĂšnent en prison.

Madame la juge et M. Le procureur en ont encore deux Ă  envoyer Ă  l’ombre. En plus il fait chaud, longue journĂ©e… Mais bon, lui a une piscine Ă  cĂŽtĂ© de sa belle et grande maison. Elle, son duplex de 150 M2 est climatisĂ©, et puis sa bonne lui a tout prĂ©parĂ© pour son retour du travail.


Article publié le 23 Juil 2020 sur Dijoncter.info