Un texte diffusé lors de la manif contre la “loi travail” du 9 mars à Brest

(Loi) travail : non merci !

Parce qu’une fois de plus, le gouvernement tente de faire passer coûte que coûte une loi ultra libérale, en nous culpabilisant. Parce qu’il voudrait faire porter une fois de plus le poids du « retour de la croissance » sur les épaules des salariéEs , chômeurs et chômeuses, retraitéEs et exploitéEs de toute sorte. Parce que nous refusons d’être licenciéEs par des entreprises qui font des bénéfices, de travailler jusqu’à 46h par semaine, de faire des heures sup’ mal rémunérées, d’accepter que les mineurs travaillent 10h par jour…

Parce que la précarisation du travail ne date pas de la « loi travail » : la précarité c’est le travail dans sa forme capitaliste, qui tend à répondre au mieux aux impératifs du marché en imposant une flexibilité de plus en plus grande aux salariéEs et potentielLEs salariéEs.

Parce que c’est dans le travail que s’expriment aussi des rapports de domination racistes (exploitation de travailleurs et travailleuses sans papiers, discrimination à l’embauche), sexistes (temps partiels imposés, division genrée et « raciale » du travail…), classistes, validistes… Bref, parce que nous refusons d’être toujours plus précariséEs et oppriméEs…

Organisons nous contre la « loi travail » …

La bureaucratie des partis et des centrales syndicales a arrêté depuis longtemps de lutter pour une transformation radicale de la société. Notre voix, notre colère, nos luttes seront encore bientôt subtilisées par ces organismes jouant le jeu de la négociation et défendant leur rôle de « partenaires sociaux », préservant leur place au chaud dans la co-gestion du capital. Face au manège des petits arrangements entre l’État et les organisations syndicales, l’auto-organisation dans nos luttes semble indispensable.

Tout en reconnaissant la légitimité de l’organisation des salarié.e.s en syndicats, il nous paraît primordial de nous organiser à côté d’un schéma traditionnel de mobilisation par entreprise et secteur, qui ne prend pas en compte l’ensemble des réalités du travail, des chômeurs et chômeuses, des secteurs non-syndiqués… De plus, ce schéma traditionnel ne permet pas de créer, en dehors du travail, des liens qui concerneraient l’ensemble des acteurs et actrices de luttes sociales : lutte des migrant-es, contre les violences policières, luttes féministes, anti racistes…

Pour construire un mouvement social d’ampleur où chacunE aurait une place, occupons l’espace public autant que possible, en dehors des dates syndicales et multiplions nos espaces de lutte. Imaginons de nouvelles formes de mobilisations et utilisons d’autres formes que la manif (sabotage, blocage, occupations…).

… et sortons du capitalisme !

Parce que nous souhaitons exprimer un refus en bloc de cette énième loi qui tente de détruire ce qui reste du code du travail mais également apporter une critique plus générale sur le travail au sein de la société capitaliste.

L’organisation sociale capitaliste n’est ni naturelle ni définitive ; tout comme elle s’est imposée, elle pourrait disparaître laissant place à d’autres formes d’organisations. Dans la société capitaliste, le travail est largement considéré comme une activité sociale visant à répondre à des besoins collectifs : pourtant, seul l’argent généré par la marchandise compte, seule compte l’accroissement de la richesse. La production de nourriture a alors la même valeur que la production d’armes. Que le produit du travail réponde à des besoins est une question secondaire, voire un hasard.

Penser la fin du capitalisme c’est imaginer des formes de lutte, d’organisation, capables de porter un projet de société au-delà du travail, de l’argent et de l’État. Mais c’est aussi combattre toutes les formes de domination et d’oppressions qui structurent nos vies. La précarité liée au travail ou à son absence concerne un grand nombre d’entre nous : pour rendre nos conditions de travail et de vie moins insupportables, nous lutterons aussi contre la loi travail.