Novembre 30, 2020
Par Rebellyon
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Des élus verts étaient présents dans la manifestation du 28 novembre 2020 contre la loi sécurité globale. Alors que localement ils passent leur temps à réclamer plus de flics et à renforcer les dispositifs de surveillance, cette présence sonne faux. Mais peut-être est-ce l’annonce d’un tournant à venir ?

Le 28 novembre, les rues de Lyon se sont animées d’une belle et dense manifestation contre les violences policières, contre les crimes et le racisme d’État et pour le retrait de la loi sécurité globale. L’ambiance était réconfortante face à l’infernale dérive autoritaire du gouvernement et le cortège était diversifié, notamment au plan politique. Au milieu d’une foule dense, on a un même pu voir des élus des militants verts poser pour la photo.

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Les verts dans la manifestation du 28 novembre.

Se sentir soutenus par l’exécutif local face aux propositions de loi venant du sommet de l’État, ça nous aurait presque fait chaud au cœur. Mais, comme on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, le soutien des élus à la manifestation s’est vite fendillé à l’issue de celle-ci. À l’image de ce qui s’est passé à Paris où les élus verts (David Belliard en tête) ont repris le traditionnel refrain contre-révolutionnaire consistant à séparer les bons des mauvais manifestants. À Lyon, c’est le couplet de la symétrisation des violences policières et de l’autodéfense des manifestants qui a été reprise, Fabien Bagnon écrivant par exemple sur son compte twitter « je suis contre toutes les violences. Celles contre les forces de l’ordre sont aussi inacceptables que celles des forces de l’ordre. » Ce qui n’est pas acceptable, monsieur Bagnon, c’est de mettre sur le même plan des actes qui sont sans aucune mesure sur le plan symbolique, institutionnel et matériel.

Au fond, ce type de discours est peu surprenant venant d’élus centristes. Plus étonnant est en revanche le décalage total entre leur opposition de façade à la loi sécurité globale et les discours et politiques sécuritaires que ces élus s’appliquent à mettre en œuvre dans la Métropole de Lyon et qui sont pourtant totalement en phase avec ce que propose le gouvernement. Pour mettre en évidence l’hypocrisie des ces élus, rappelons ici quelques-unes de leurs promesses de campagne et leurs premiers faits d’armes à la tête de la Mairie de Lyon et de la Métropole :

En résumé : le samedi, les élus verts manifestent contre la loi sécurité globale ; le reste de la semaine, ils passent leur temps à réclamer plus de flics au ministre de l’Intérieur, à qualifier n’importe quel quartier de « zone de non-droit » et à renforcer la vidéosurveillance. Dénoncer des politiques liberticides un jour pour mettre en place des politiques liberticides le lendemain, l’hypocrisie est totale.

Ça fait bien longtemps qu’on s’est désolidarisé des verts. Mais on aurait quand même un peu de moins mal à les croire si leurs actes à la Mairie ou à la Métropole n’étaient pas aussi contradictoires avec leur présence dans une telle manifestation. S’ils souhaitent manifester leur opposition aux violences policières et à la nocivité de cette institution, nous leur suggérons deux actions en leur pouvoir : le démantèlement immédiat de la police municipale des villes qu’ils administrent (ainsi que la destruction des armes en possession de ces polices) et le retrait immédiat de tous les dispositifs de vidéosurveillance de la Métropole. Ensuite, on pourra commencer à discuter ensemble de comment en arriver au démantèlement de la police nationale.

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Source: Rebellyon.info