Octobre 8, 2019
Par Solidaires Étudiant-e-s
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La restitution des travaux des groupes de travail pour un projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche est alarmante concernant l’état actuel et l’avenir de la recherche. Le constat dressĂ© est celui d’une trop grande concentration des moyens au sein de quelques laboratoires  et de la prĂ©carisation des personnels. Pourtant, la proposition centrale est d’accentuer cette concentration et cette prĂ©carisation.(1)

Les trois groupes de travail coordonnĂ©s par des dĂ©putĂ©s LREM (Financement de la recherche, AttractivitĂ© des emplois et des carriĂšres scientifiques et Recherche partenariale et innovation) convergent pour dĂ©crire un manque de financement et de moyens pour la recherche, des rĂ©munĂ©rations de personnels trop faibles et des disparitĂ©s entre les organismes de recherche et l’absence des entreprises françaises sur les marchĂ©s mondiaux.

Mis Ă  part l’intĂ©rĂȘt pour la compĂ©titivitĂ© des entreprises, nous nous rĂ©jouissons que les initiateur.trices.s de la loi partagent notre vision et les constats que nous faisons depuis des annĂ©es !

Malheureusement, s’ils observent les consĂ©quences, ces dernier.e.s se trompent visiblement sur les causes, et surtout sur les rĂ©ponses Ă  apporter.

Tout d’abord, la sĂ©paration des rapports en trois sous-thĂ©matiques (moyens, emplois, innovation) empĂȘche, de fait, de repenser le systĂšme dans sa globalitĂ© et de trouver des solutions communes.

De plus, les propositions faites sont complĂštement paradoxales voire contradictoires avec les problĂ©matiques observĂ©es. En rĂ©ponse au manque de financements rĂ©guliers, les auteurs prĂ©conisent d’augmenter les financements irrĂ©guliers, Ă  base d’appels Ă  projets et de financements compĂ©titifs, pour des chercheur.e.s dont les revenus dĂ©pendraient de leurs « performances Â». Cela aprĂšs avoir constatĂ© qu’il Ă©tait « absurde et inefficace Â» de pousser les chercheur.e.s dans la course aux appels Ă  projets.

Par ailleurs, cette orientation vers une distribution ciblĂ©e des moyens, exclusivement sur appels Ă  projet ou Ă©valuation, Ă  des chercheur.se.s prĂ©caires, heurte les volontĂ©s des chercheur.se.s exprimĂ©es lors d’une consultation en vue de la Loi(2). Le gouvernement va donc Ă  l’encontre de la communautĂ© universitaire en imposant sa Loi de maniĂšre anti dĂ©mocratique.

Cette politique massive de recours Ă  l’appel Ă  projet contrarie la nĂ©cessitĂ© du temps long de la recherche et l’imprĂ©visibilitĂ© des rĂ©sultats. La concentration des moyens, en empĂȘchant la dĂ©bat contradictoire, la multiplicitĂ© des travaux et l’autonomie des chercheur.se.s s’opposent fondamentalement aux besoins de la recherche.

Solidaires Ă©tudiant.e.s s’inquiĂšte donc rĂ©ellement des conclusions de ces rapports et du mĂ©pris des membres de la communautĂ© scientifique qui servent de base Ă  la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Nous nous opposons, aux cĂŽtĂ©s des personnels de l’Enseignement SupĂ©rieur et de la Recherche, Ă  cette loi qui est une rĂ©elle menace pour la recherche scientifique, pourtant indispensable Ă  l’émancipation de tou.te.s.

(1) Merci Ă  Julien Gossa pour sa synthĂšse des rapports, qui a servi de base Ă  ce communiquĂ© ( l’article entier : http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2019/09/25/lppr-rapports-des-groupes-de-travail/)

(2)
https://societes-savantes.fr/sondages/




Source: Solidaires-etudiant.org